‹ Marie Stuart et Catherine de Médicis: étude historique sur les relations deChapitre 186 sur 215 · LA MOTHE-FÉNELON A PINART · texte numérisé non relu

LA MOTHE-FÉNELON A PINART

(26 juin 1575.)

Monsieur, plusieurs bonnes et importantes occasions pour le service du Roy et aulcunes aultres pour l'extrême nécessité de mon faict me contraignent d'envoyer le sieur de Vassal présent porteur par dellà, qui m'assure que quant vous verrez la dépej^che qu'il aporte vous jugerez bien que son voyage est nécessaire, et je vous suplie faire bien veoir et bien considérer à Leurs Ma-» jestez à leur loysir et au vostre le contenu des lettres et du mémoire, et donner moyen au dict sieur de Vassal qu'il leur puisse rendre compte de tout ce qu'il sçait davantage comme aussy il le fera à vous tout entièrement , vous supliant au reste, monsieur, touchant mon particulier qu'il vous playse m'y prester vostre bonne faveur en ce qu'il verra estre besoing de l'employer, et mesmement à faire déloger mon successeur; qui vous suplie et vous adjure sur aultant d'amytié et d'observance que je vous porte et sur aultant de vraye honnesteté que je sçay qui loge en vostre cueur, que me veuillez ayder à sortyr de l'ennuy et langueur et de l'insuportable extrémité que je souflfre en ce lieu, et à cest eflfect que veuillez presser si vifvement mon dict successeur de s'en venir et le luy faire rigoreusement commander par Leurs Majestez qu'A n'ose faire faulte d'y bien obéyr , de façon qu'au plus tard il arrive par deçà au commancement du mois prochain ainsy qu'il me l'a promiz par sa lettre du VHP de ce mois ; car je suis résolu de partir envyron la my-juillet. Aussy que pour le regard de mes assignations de l'année passée, desquelles le sieur Sardini me faict grand tort et pareillement d'aulcimes que je demande meintenant, qui me sont deues, et me font extresmement besoing pour me désengaiger d'icy, il vous playse m'estre aydant et favorable à y faire ordonner et commander par Leurs Majestez ce qui sera de besoing, et je suplieray le Créateur, après avoir en cest endroit salué

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toutes vos bonneft grâces de mes bien fort humbles recommeodations, qu'il vous doinct, etc.

De Londres , ce XXVI"* jour de juing 1575.

P. S. de la main de La Mothe-Fénelon :

Despuis ce dessus j'ay reçeu la vostre du VIIP du présant et me suis infiniment resjouy de la santé du Roy, vous priant de croyre que je seray bien refuzé, si la royne d'Escoce vous refuse de ce que luy demandez ; car je vay tout présentement luy en escripre de très-grande affection.

InstriLction pomr le sieur de La Mothe-Fénelon a/u sieu/r de Vassal d'aïUcimes choses pour Leurs Majestés Très-Chrestiennes ovÀtrt le contenu de la dépesche *.

Que pour sonder qu'est-ce que l'ambassadeur d'Angleterre pouvoit avoir commiz en créance à l'Italien Jacomo pour dire à la royne sa mestresse, quant il le depescha dernièrement vers elle, et pour aprofondir d'où procédoit qu'elle se monstrat à presant plus mal contante et comme ofFancée du Roy et de la royne sa mère, plus que, long temps a, elle ne l'avoit faict, le dict sieur de La Mothe a usé en premier lieu d'ung grand soing à mettre la dicte dame en divers propos, les ungs gracieulx, et les aultres de grand expression, touchant le debvoir, auquel par le renouvellement de la ligue, le Roy et elle estoient à présent mutuellement obligez l'ung à l'aultre.

Mais voyant qu'elle s'aigrissoit là-dessus en paroUes piquantes et pleynes de menaces, il luy a franchement dit qu'il ne se pouvoit assez esbayr qu'est-ce qui la pouvoit ainsy mouvoir maintenant contre le Roy, et de changer vers luy l'honorable façon dont elle avoit toutjour gracieusement usé vers toutz les aultres princes qui luy avoient esté gracieulx à eUe, et qu'il la

1. Ce» instructions, en date du 26 juin, sont annoncées dans la correspondance imivrimée , t. YI , p. 464; mais ne s'y trouvent pas.

tendt pour une si magnanime princesse et de cueur si g^ereuli qu'elle ne vouldroit pour chose du monde se porter arrogamment vers img prince qui la recherchoit d'amytié, sinon que quelques fâcheux raportz eussent précédé, et parce qu'il s'asseuroit bien que , si l'on luy en avoit faict qui ne fussent bons et honnestes, qu'ilz estoient indubitablement fauhc et controuvez, il la suplioit qu'elle ne voUust à crédit se provoquer pour ennemy le meilleur et le plus grand de ses amys, et celluy qui luy pouvoit plus faire sentyr ses inimytiés que nul autre prince de la terre.

Elle, parmy ime multitude de responces de diverses façons, couvrant toutjour le plus qu'elle pouvoit celle qui plus la pre&soit s'est layssée enfin entendre, que son ambassadeur luy avoit ûaguières faict représenter ung bien honeste langaige que le Roy lui avoit tenu d'elle, touchant ce que M. de La Chastre en avoit raporté par dellà, et que le Roy l'avoit prié, s'il avoit aulcune nouvelle commission d'elle sur les bons propos qu'il sçavoit bien qui avoient esté cydevant miz en termes et honorablement poursuyviz, qu'il le luy vollust en présence de la royne sa mère déclairer; à quoy l'ambassadeur avoit respondu en une sorte qui ne pouvoit estre que bien prinse et interprétée en bonne part, et néantmoins elle estoit advertye, que le Roy et la royne sa mère avoient incontinant prétandu à une aultre chose qui estoit toute contraire , et de grande derrision et mocquerie pour elle, mais qu'elle ne se tenoit pourtant mocquée, ains se seroient eulx qui se trouveroient le plus mocquez, et qu'elle mettroit peyne d'en vériffier plus clairement le faict, et selon qu'elle le verroit cy-après procéder, elle jugeroit mieubt quel avoit esté le fait précédant ; car cestuy-cy feroit la loy des deux pour discerner si l'ung et l'autre avoient esté honorables , ou bien sans honneur, et que le dict de La Mothe l'excusast, si pour ce coup elle ne luy en disoit point davantaige.

n a replicqué, sentant bien à quoy tandoit ce courroux, qu'elle vollust donner tant de contantement au Roy, et adjouxter ce nouveau lien à l'amytié qu'il avoit avec elle, que de bailler

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au comte de Lestre (Leicester) la charge de luy aporter la Jartière; car s'asseuroit qu'à son retour il luy raporteroit de quoy estre plus joyeuse et plus contante, et en plus de repos tout le reste de sa vie, et qu'elle ne doubtast qu'il ne fust aultant favo* rablement receu en la court et partout où il passeroit en France qu'en nulle aultre part qu'il sceust jamais aller de la chrestienté, et si feroit qu'elle et luy auroient possible part à des choses bonnes qui se poiuroient lors effectuer par dellà, et y pourroit au moins le dict comte veoir et t)uyr pour elle ce qu'elle avoit désiré d'y cognoistre et sçavoir, aultant parfaictement comme si elle*mesme alloit sur le lieu. A quoy, aprez quelque excuse de ne pouvoir, en ce temps de son progrez, envoyer le dict comte, elle a respondu qu'aussy bien ne pourroit-il estre les yeulx d'elle en cest endroict, et que la royne, mère du Roy, sçavoit bien où l'on en estoit demeuré.

Au partir d'elle; le dict de La Mothe est allé entretenir longuement icelluy comte de Lestre, et luy a faict une grande expression de l'amjrtié que Leurs Maj estez Très^Chrestiennes luy portent et de la fiance qu'elles ont en luy, et par divers propos il a tiré cecy de luy, que la royne sa mestresse estoit avertye que le Roy avoit aprouvé le mariage de Mademoyselle de Bourbon avec le prince d'Orange, et que le dict prince luy avoit remiz sa fille entre ses mains pour en faire ce qu'il luy plairoit, et qu'on disoit que c'estoit pour Monseigneur, firère du Roy ; ce que la dicte dame ne pouvoit nullement comporter qu'on entrast en ung nouveau propos sans achever le sien, et qu'on ne pourroit mieulx monstrer qu'on la mesprise et qu'on s'est toutjour mocqué d'elle qu'en layssant cella interrompu, et pourtant qu'il prioit le dict de La Mothe d'en escripre promptement au Roy, et de l'asseurer que la dicte dame est mieulx disposée à ce bon propos que jamais, ce qu'elle a plus d'occasion et de nécessité qu'elle n'eust oncques d'y entendre, et qu'elle attand la résolution de l'entreveue, sur laquelle l'on en est demeuré, et qu'il croyt fermement que quant mon dict seigneur n'auroit à beaucoup prez les perfections qu'on dict qu'il

2i8 LETTRES INÉDITES

a, que néautmoins les choses viendroat à bon effeoi, pourveu que la dicte dame soit bien asseurée, que le Roy et la royne sa mère Tayment et sont contaatz de luy et qu'ilz veuillent à bon esdant poursuyvre Teffect du dict propos; car aultrement elle n'y condescendroit jamais, et qu'il estoit expédiant de sça* voir bien tost le si ou le non.

Le comte dé Sussex peu auparavant estoit venu dire au dict de La Mothe, mais il l'avoit conjuré sur tout aultant qu'il l'estimoit gentilhomme d'honneur, qu'il n*en fust jamais rien sceu par deçà, que depuis peu de jours la royne samestresse l'avoit faict appeler en sa chambre avec trois aultres pour leur faire part d'une dépesche que son ambassadeur luy avoit naguières envoyée de France, et que s'adressant à luy sur aulcun poinct d'icelle, elle luy avoit demandé qu'est-ce qu'il luy sembloit de ce qu'elle luy avoit faict communiquer après le départ de M, de La Chastre. A quoy il ne luy avoit lors rien respondu, mais à deux heures de là l'ayant trouvée à part, il luy avoit desclairé qu'il n'estoit nullement instruict de ce qu'elle vouloit dire, de quoy s'estant fort esbaye luy avoit asseuré qu'elle avoit donné charge à ung qu'elle luy nomma qu'il ne faillyst de luy notifier certains propos de son mariage, et que lors elle-mesme les luy avoit poursuyviz avec une assès longue desduction, où il avoit bien cogneu qu'elle y avoit très-bonne disposition, et que si le dict de La Mothe faisoit maintenant entendre aux seigneurs de ce conseil qu'il en avoit eu commission du Roy, seUon que desjà elle leur en avoit aussy amplement communiqué, qu'il s'asseurast qu'il seroit honorablement respondu , et qu'en cest endroit le Roy trouveroit très-enclins et très-favorables les meilleurs, les plus grands et tous les plus gens de bien d'Angleterre.

Et comme iceulx du conseil, avec lesquelz le dict de La Mothe est aUé premier que de pairtir communiquer d'aulcunes choses qui restoient de l'accomplissement de la ligue, et aussi des bonnes responces que le Roy avoit faictes aulx demandes de ses subjetez, ont veu qu'il ne leur touchoit rien de ce propos.

sellon qu'il o'en avoit aussi nulle charge, ilz luy ont declairé ouvertement que sellon les dernières lettres de leur ambassar deur, ilz pensoient qu'il avoit à leur parler du mariaga de leur mestresse, et qu'ilz estoient prestz d'y entendre, et d^ s'em<v ployer plus dévotement en cella qu'en nulle aultre chose de ce monde. A quoy le dict de La Mothe, tout honteux et surprins, n'a su que leur respondre ; sinon que le Roy desiroit et damandoit avec affection que la royne leur mestresse voUust commettre au comte de Lestre la charge de luy aller aporter la Jartière, et que cella leur estoit une signification de son intention et de celle de la royne sa mère, plus expresse que toute aultre chose qu'il leur peult dire ; ce qui fut bien interprété de toutz, et c'est la vraye histoire du faict, laquelle le dict de La Mothe soubmet, ainsy simple et nue qu'elle est, au jugement de Leurs Majestés ; et le sieur Vassal qui a esté despuys en ceste court pour cest effect, leur donrra compte de ce que le comte de Lestre et M. Walsingham luy en ont dict davantaige.

En la mesme audience le dict de La Mothe a bien voUu dire à la dicte dame que pour le bien de paix le Roy avoit si amplement satisfait à toutes les demandes de ceuk de la nouvelle religion de son royaulme qu'il ne pouvoit ny vouloit croyre qu'ilz ne s'en tinssent contantz et qu'ilz ne retournassent à leur debvoir vers luy, et que mesme ilz ne recogneussent qu'il leur monstroit ung tour de très-grand amour pour mériter plus de leur bienveuiUance que aultre prince n'àvoit jarmais faict de ses subjectz, et là-dessus il a particularisé à la dicte dame ce que pour l'entière liberté de leur conscience et pour l'exercice privé et publicque de leur religion et pour l'aboUtion de tout le passé et restitution de ce qui pouvoit toucher à leurs biens, personnes, honneurs et estats à l'advenir, le Roy leur accordoit avec la seureté de quatre villes qu'il leur layssoit et tout aultre accommodement et provision qu'ilz luy avwent demandé pour ung tout semblable bon trettement en France que les catholiques y ont, priant la dicte dame de bien nott^ la déclaration que le Roy faisoit en cella à toute la Chrestienté,

comme il n'estoit ennemy de la dicte religion, ains qu'il desiroit l'accord et reunyon d'icelle à l'Esglize et à la vraye religion catholique ; ce qui la debvoit davantaige faire bien espérer de la ligue qu'elle avoit avecques luy.

Et que le Roy avoit bien voUu qu'elle eust la relation de ces choses, desquelles il ne refuzoit que non-seulement elle, qui estoit sa confédérée, et les aultres princes souverains, mais encores les peuples qui n'estoient corrompuz et préoccupez d'hayne contre leur prince, jugeassent, si elles estoient équitables ou non, et qu'il protestoit bien de deux choses, l'une est qu'il procédoit en cecy de bonne foy et de toute intégrité pour observer inviolablement à ses subjectz ce qu'il leur promettoit, et l'aultre que s'ilz se randoient obstinez qu'il mettroit le vert et le sec pour en venir à bout, et qu'il la prioyt et les aultres princes de la Chrestienté qu'en ce cas ilz luy voUussent lors ayder à débeller une si grande arrogance, et extirper à jamais de la terre une si desloyalle et si perverse rébellion que la leur.

La dicte dame , après une curieuse inquisition de la qualité des responces du Roy, et ayant prié le dict de La Mothe de luy vouloir bailler par escript le sommaire de trois ou quatre des principalles qui regardoient l'exercice de la religion et les seuretez, (car craignoit qu'on les luy eust déguysées), a respondu qu'elle suplioit de bon cueur le Roy de n'estimer qu'il luy peult tourner à deshonneur aulcun ny à nul intérest de sa réputation jamais, qu'il mist, comme il pourroit, la paix maintenant en son royaulme, et qu'il recouvrast l'amytié et l'obéyssance de ses subjectz et l'autorité et joyssance de son estât, et que s'il ne lepouvoit faire, comme il desiroit, qu'il ne se grevast, attandu les choses passées et Testât des présentes de le faire en partir sellon le désir d'aultruy, pourvu qu'il demeurast roy et que les armes se posassent , car autrement il estoit impossible qu'il peult éviter de très-grandz inconvéniantz et les hazardz qu'elle voyoit bien qui se préparoient contre luy ny qu'il peult advancer aucune chose sinon que après une longue et périlleuse guerre pleyne de pertes, de despenses et de très-

D£ LA MOTHE-FÉNELON. âSI

grandes ruynes, il trouveroit que sa condicion auroit empyré, et luy plus recullé de ses intentions et plus esloigné de son repos que jamais ainsy que Tespreuve s'en estoit veue jusques à présent.

Et qu'elle s'esbayssoit par trop pourquoy le Roy et la royne sa mère faisoient difficulté d'appeller quelcun des princes les aliez de la dicte religion pour leur ayder à surmonter les diffîcultez de ceste paix ; car elle sçavoit bien que si le Roy luy eust faict à elle ou s'il luy faisoit encore l'honneur de l'y appellera non à l'instance de ses subjectz, mais de son mouvement , et non pour luy donner rien d'auctorité, ains affîn qu'elle luy servist et compleust en tout ce qu'elle pourroit , qu'elle luy montreroit combien elle avoit trop plus à cuem* sa cause et sa quar lité que celle de ses subjectz et qu'encore le vouloit elle suplier de tout son cueur, mais prioit le dict de La Mothe n'estimer qu'elle entendist parler pour elle, que d'aultant qu'elle croyoit sans aulcim doubte que le Roy vouloit droictement observer ses promesses, sans aulcunement les enfraindre; qu'il vollust les envoyer communiquer par quelque personnaige d'honneur au comte Palatin ou bien à quelque aultre prince protestant et pareillement à l'Empereur, s'il luy sembloit bon de le faire, ou à M. de Savoye puisqu'il avoit esté nommé, et leur escripre que c'estoit ce que résoluement il pouvoit et vouloit faire pour ses subjectz, et le leur observer si inviolablement qu'il vouloit bien qu'on ne l'estimast prince d'honneur s'il y avoit manquement de sa part ; et, comme si elle avoit le bien que le Roy fust son propre filz, elle luy conseilloit devant Dieu et en la conscience de son ame que pour sa mesme réputation et pour son plus grand bien et pour éviter des maulx infiniz qui ne se pouvoient comprendre il en vollust user ainsy; car après cella, si ses subjectz ne se réduysoient, ilz seroient bien tenuz et réputez d'elle et tous les princes et gens de bien de la Ghrestienté pour obstinez rebelles, et non-seulement l'on les déchasseroit de toutes partz, mais l'on conviendroit à leur comre sus et exterminer à jamais leur mémoire, et que cependant elle desiroit bien que le

222 LETTRES INËDITES

dit de La Mothe rendist capables ceubc de son conseil de bonnes responces du Roy.

Icelluy de La Mothe, après l'avoir infignyment remercyée, est allé communiquer aultant du dict faict à iceulx du conseil comme il en avoit dict à elle, et les a priez de bien considérer quel estoit le tesmoignage que le Roy rendoit aujourduy vers la toUérance de leur religion, et vers la paix de ses subjed», et vers la tranquillité publique de la Chrestienté, et qu'ilz réduisissent en mémoire, s'il se trouvoit pareil exemple, que nul aultre prince qui eust régné entre les chrestiens et moins de ceulx qui n'avoient eu la foy chrestienne despuys mil ans ença, se fust tant eslargy comme luy vers ses subjetz, et qu'ilz jugeassent qu'est-ce qu'en ung semblable accidant ilz conseilleroient à leur mestresse de faire vers les siens, s*il2 avoient ainsy prins les armes contre elle. A quoy ilz ont respondu qu'ilz remercyoient très-humblement le Roy de la communication qu'il leur faisoit faire de s'entremettre plus avant que de prier Dieu de bon cueur qu'il la luy vollust donner trèsbonne et bien asseurée, mais que si des accidants si extrêmes et si extraordiaaires, comme ceulx de la France et en temps si dangereux comme cestuy-cy, advenoient en Angleterre (ce que Dieu ne vollust), il fauldroit bien qu'ilz conseillassent aussi, sellon la nécessité du temps, des remèdes extraordinaires et non accoustumez à leur mestresse. Le dict sieur de Vassal dira à Leurs Maj estez ce que en ceste matière le dict de La Mothe a faict vers M. de Méru* et àultres subjectz du Roy, qui sont par deçà et ce qu'il a tiré de leur intention.

Ayant le comte de Choies, Poulonnoys, envoyé faire icy quelque ouverture de muer le cuyvre en argent, dont la preuve en a esté essayée dans la tour de Londres devant milord trésorier, le dict de La Mothe a recherché de sçavoir ce qui estoit, et pour ceste cause û a parlé à divers personnages entenduz en cella, dont l'ung d'eulx qui est d'assez

1 . Charles de Montmorency , seigneur de Méru , était fils du connétable Anne de Montmorency.

bonne estime, et estranger luy a miz en avant qu'il pourroit faire au Roy une multiplication pour les testons et monnoye blanche de son royaulme, que luy reviendroit à très-grand proffit, sans adultérer sa dicte monoye, et qu'il estoit prest de l'aller servyr en cella, ou bien d'enseigner le secret à celluy que Sa Majesté ordonneroit en le récompensant honnestement. En quoy ne pouvant le dict de La Mothe bien comprendre toute sa déduction, il l'a prié de la vouloir escripre luy-mesme au Roy et luy envoyer quelques échantillons de sa démonstration ; ce qu'il faict présentement, et le dict de La Mothe luy a promiz qu'il luy fera avoir bientost la responce*

Despuys ce dessus, la royne d'Angleterre a envoyé M. de Walsingham devers le dict de La Mothe pour luy dire qu'elle estoit advertye comme le sieur de La Roche de Bretaigne avoit amené Jacques Filz-Maurice au Roy et l'avoit introduict à parler à luy ou bien à la royne sa mère, et que despuys icelluy Filz- Maurice s'estoit vanté qu'il auroit du secours de France pour retourner faire la guerre en Irlande, sellon que le dict de La Roche en estoit allé faire des aprestz en Bretaigne. Ce que la dicte dame ne vouloit croyre ny faire ung si mauvais jugement que celluy-là de la foy et amytié du Roy, attandu le renouvellement de la ligue et le serment qu'il avoit faict de sainctement l'observer, et que pourtant elle prioit le dict de La Mothe de faire que le Roy la vollust esclarcyr de ce faict, aultrement elle adviseroit d'y pourvoir, sellon qu'elle verroit en estre besoing.

A quoy le dict de La Mothe, pour quelque bonne considération, n'a vollu si tost déclarer au dict sieur de Walsingham ce qu'il avoit en commandement du Roy de faire et dire pour le dict Filz-Maurice, et après aulcunes bonnes parolles de la ferme persévérance du Roy vers la dicte dame et de ce qu'il desiroit le semblable d'elle vers luy, il luy a seulement dict qu'il la suplioyt bien humblement de ne se donner point de peyne de cella ny croire qu'on fist aulcun apareil de Bretaigne contre elle, et que si le Roy avoit ouy le dict Filz^-Maurice comme les princes

ne destomoient jamais l'oreille de œulz qui vouloient parler à eulx, qu'elle cognoistroit bientost qu'il luy auroit esté très-bon frère et bon confédéré, et qu'il espéroit que la première fois qu'il auroit le bien de veoir la dicte dame il luy aporteroit de bonnes nouvelles et quelque bonne satisfaction de ceste a£Eaire, et cependant il a aulcunement comprins du dict sieur de Walsingham que le pardon ne sera trop dificile d'impétrer pour le dict Fil2>-Maurice.

LA MOTHE FÉNELON A CATHERINE DE MÉDICIS

(1" juillet 1676).

Madame, quelques-ungs faisoient la maladie du roy vostre filz très-griefve et procédante d'aucuns secretz accidants de l'intérieur de sa personne, qui la luy rendoient si périlleuse que desjàilz le publioient pour mort, dont j'eusse esté en une peyne extrême, et en une très-grande extrémité d'ennuy de cela sans la dépesche de Vos Maj estez du septiesme du passé, laquelle m'a faict tousjours espérer la consolation que j'en ay despuys receue par la subséquante du XII'"^ ensuyvant, dont je loue Dieu et le remercye de tout mon cueur de l'avoir si test relevé, et le prie avecq fervante dévotion qu'il le vous vueille et à la France et à nous bien et longuement conserver. J'espère que par le sieur de Vassal, lequel je vous ay naguères dépesche, et par le contenu des lettres et mémoires qu'il vous a portés. Vos Majestez auront eu bonne relation des choses de deçà, sur lesquelles attendant la responce qu'il vous playram'y faire, je seray diligent de vous mander celles qui pourront ce pendant survenir, et prieray en cest endroict le Créateur, après avoir très-humblement baisé les mains de Vostre Majesté, qu'il vous doinct, etc.

De Londres , le 1" juiUet 1576.

LA MOTHE-FÉNELON A CATHERINE DE MÉDICIS

(8jumetl575.)

^ Madame, ce que je mectz en la lettre du Roy vostre filz satisfera en partie à ce que, par la sienne du vingt et ungnième du passé, il m'avoit escript en chififre, et j'espère qu'après que j'auray parlé à ceste princesse, laquelle je vay demain ou aprèsdemain trouver en sa maison de Grafton à cinquante milles d'icy, j'en pourray d'avantage mander à Voz Majestez, et vous diray ce pendant, madame, qu'on veoit assez que toute la chrestienté est aujourd'huy toute partye (partagée), que les princes et les peuples sont divisez et sont entrez en une si grande meffiance et en tant de simulté les ungs vers les aultres à cause de la religion, qu'il n'est possible de pouvoir rien establir de bien asseuré entre ceulx qui l'ont diverse, dont jusques à ce qu'il plaira à Dieu de nous réunyr, il fault par nécessité qu'on en donne toujours quelque chose de chacun costé, bien que pour le regard de ceulx-cy il n'est besoing d'excuser rien des mauvaises praticques qu'ilz pourront mener contre le Roy ; car il leur a donné toute occasion de bien user vers luy, dont s'ilz en font quelques-unes, je ne cesseray de m'y opposer le plus fermement qu'il me sera possible tant que je seray icy, et que la santé me pourra permettre de m'en aller plaindre et bien vivement le remonstrer, qui vous suplie très-humblement, madame, mectre désormays fin à la longueur de mon successeur, et luy commander qu'il ayt à partir incontinant, si desjà il n'estoit party pour me venir relever, n'y ayant lieu, s'il smrient icy quelque inconvénient en vostre service, qu'il m'endoibve estre rien imputé; ains ce sera luy qui en aura toute la coulpe. Car le congé que j'ay desjà de Voz Majestez et mon indisposition et mes aultres nécessitez que je vous ay souvent représentées m'en rendront, s'il vous plaist, entièrement deschargé, et je prieray

Dieu, après avoir très-hmnblement baisé les mains de Vostre Majesté, qu'il vous doinct, etc.

De Londres y ce 8 juillet 1575.

MICHEL DE CASTELNAU A HENRI m.

25 juin 1582.

Sire, j*ay escript à Vostre Majesté que la royne d'Angleterre vostre bonne sœur lui voulloict pourvoir de tous les chiens de sang, lévriers, dogues, barbetz, ours et toreaulx, qui sont portez par le mesmoire du sieur des Ouches, et tout ce qui se pourra trouver par deçà , mais il sera impossible que le tout soit sy tost prest que le desirez, et aussy que les chiens de sang et lévriers ont esté envoiez chercher de vers le Nort, comme aussy pour ma part y ai-je envoyé des gentilzhommes mes amys pour essayer de recouvrer quelque chose qui vous puisse donner plaisir, comme n'ayant l'esprit bandé en ce monde que à faire à jamais très-humble et très-fidèle service à Vostre Majesté. Remettant donc, sire, ce qui sera de l'équipage que le dict sieur des Ouches pourra remmener d'içy à

1. Voy. sur Michel de Castelnau, p. 36 et suiv. Il succéda à La Mothe- Fénelon comme ambassadeur en Angleterre , et y resta dix ans (1576-1585). La correspoi](dance que nouf publions ne se rapporte qu^auz années IMl, 1583 et 1584.

l'effiBct, je ne you$ en importimeniy pas dayaataige. Nous avons envoyé en Flandres pour avoir de ce costé-là ce qui pourra s'y trouver d'excellant, affinque le tout, s'il se peult, se puisse remetre en mesme temps au passage de la mer, où de ma part je n'oubliray rien qui soit en mon pouvoir.

Et pour le [regard] des autres afiEair çs de ce royaulme» Yum-' bassadeiu* du roy de Navarre, qui y çstoict, s'en est allé et en quelque chose porte bonnes paroUes à son maistre, mesme<^ ment pour conserver, sy luy plest, son amytié, mais pour le regard de ce [qu'il] veult et demande que tous les Ânglois naviguant par ce costé-là payent le tribut, ils n'en sont pas bien d'accord; car les dicts Anglois se pensent assez libres et assez forts pour passer et faire leur navigation sans payer tributs. Mais le dict roy de Navarre tient son passage si fort et si asseuré qu'il n'est pas pour en rien rabattre et en demande ung angelot pour arbre de navire tant petitz que grandz ; ce qui desplaist fort aux dicts Anglois, qui avoient une fois délibéré d'y aUer si fortz qu'ilz pourroient passer sans rien payer, mais à la fin ils auront esgard à la conséquance et au retour et à la revenche. Sur cela et pour n'altérer l'amytié, la dicte royne d'Angleterre envoyé visiter le dict roy de Navarre avec toutte reconfirmation d'amytié et luy envoyé son ordre par le miUord filz de la duchesse de Suffoc et de son maistre d'hostel qu'elle avoict espouzé, et qui luy ont laissé de grands biens, puys peu de temps qu'ilz sont mortz. Il partira la sepmaine qui vient avec le dict ordre et avec le premier hérault d'armes d'Angleterre. Je suis adverty que la dicte royne sera bien ai^e d'amuser le dict roy de Navarre du mariage de sa fille * avec M. le prince d'Escosse pour la crainte qu'elle a qu'il n'entre en quelque auls^e alliance. Car depuys peu elle est advertye que le mariage se traictoict segretement entre Mme la princesj?e de Navarre et M. le prince d'Escosse, qui luy donne à penser; et est conduite ceste praticque.

1 . La copie porte ce mot ; mais il ne peut être question que de la sœur de Henri , Catiierine de Navarre.

Car la dicte royne ne craint rien tant aujourd'huy que le dict prince d'Escosse soict allié en lieu d'où il puisse trouver support et ayde, ne craignant rien [que] du dict costé de Escosse, d'où elle est tous les jours advertye que ce jeune prince est plain d'ambition et que est son dessain de se faire déclarer l'héritier de ceste couronne, s'il peult, avant la mort de la dicte royne d'Angleterre, laquelle a advertissement que les mynistres d'Escosse commencent fort à perdre le crédit avec le prince qui se tnocque d'eulx et de leurs personnes [et] remonstrances en toutes choses, desquels quelques ungs se sont retirez à Barvic [Berwik] et à la frontière d'Angleterre où la dicte royne a envoyé en diligence le filz du millord de Honssedon, et pour avoir soing au dict Barvic qui est le gouvernement de son père. Brief , sire, l'on dict que tost ou tart il se remuera quelque chose par le costé du dict Escosse pour [n'] estre ce jeune prince de nature de vivre en repos. Je sçay que la royne d'Escosse sa mère n'est nullement contente et m'a dict dernièrement que sy dedans ung mois la royne d'Angleterre ne luy permect d'envoier en Escosse pour donner le nom de roy d'Escosse à son fils, elle y pourvoira par aultre moien et à toutes les prétentions qu'elle a en ce monde pour les laisser à son filz , dont la dicte royne d'Angleterre sera marye. Après [je donnerai] advis à Vostre Majesté de ce qui passera pour ce regard.

Et quand au mariage de la dicte royne d'Angleterre et de monseigneur vostre frère qui luy avoict escript que vous avez accordé sa demande, elle en pensoict avoir une déclaration de Vostre Majesté, sytost que M. de Bellièvre seroict arrivé près de Son Altesse, de sorte que n'ayant rien entendu de cela elle commence de s'en scandaliser avec ce que je luy ay touzjours dict, quand elle m'a tant pressé du dict mariage, que personne ne le pouvoict croire en y procédant de la façon qu'elle avoict faict, joinct aussy que Vostre Majesté ne pourroict rien adjouster à l'offre que luy avez faicte de vostre main par les lettres que luy avoict apportées M. Pynard. Mais elle se scandalize estrangement de dire que la veuillez obliger

contre le contract de mariage à porter ny part ny portion de la guerre de Flandres, que ce qu'elle fera librement comme femme qui ne vouldroict rien espargner à son mary. Toutesfois la dicte royne dist encores hier à de ses plus spéciaulx serviteurs qu'elle n'eut jamais plus d'espérance estre mariée que ce coup icy, estymant touzjours que Vostre Majesté accorderoict sa demande et que bien tost l'on rendroict monseigneur vostre frère pardessa ou que l'on voiroict à qui seroict la faulte du dict mariage , où de sa part elle estoict résolue de faire cognoistre par eflfect et avec vérité à tout le monde qu'il n'avoict poinct tenu [à] elle qui se vouloit monstrer honneste et véritable en ceste affaire. Voilà sur [ce] en quel estât sont les affaires du dict mariage par deçà , s'il fault croire en ce que dict la dicte royne, avec laquelle je ne me puis empescher de ceste affaire que aux conditions qu'il vous a pieu me commender. Sur quoy la dicte dame se plainct de moy à présent disant que c'est moy et non son ambassadeur qui suis froict en son dict mariage. Mais je suis tel et seray toute ma vye que voz commendements me seront donnez, desquelz pour mourir je n'excederay aulcune chose et du debvoir que j'ay au service fidel de Vostre Majesté, qui priray Dieu en cest endroict luy donner.

Sire, en la parfaicte santé très-heureuse et longue vye.

De Londres, ce xxy"* juin 1582.

Sire, j'ay escript à Vostre Majesté d'ime belle carrosse pour la royne d'Angleterre, vostre bonne [sœur], et de quatre beaulx* mulletz de litière. S'il vous plaist les luy donner, je sçay que ce sera chose dont elle fera grand compte, et essayera de s'en .revenger par tout qui se trouvera en son royaulme qui vous pourroict contenter, et me semble la trouver à présent bien disposée de conserver vostre amjrtié.

BUCHEL DE CASTELNAU A HENRI m.

6 juillet 1582.

Sire , il y a quelques jours que j'avois escript à Voz Majestez que la royne d'Angleterre vostre bonne sœur estoict en une perpétuelle deffiance que M. le prince d'Escosse ne remue quelque chose de ce cousté-là , soit soubs prétexte de la religion ou pour aultre subject; ce qu'elle sçait [qu'il] ne pourroict faire sans l'ayde de quelque ung , mais à présent elle est hors d'oppinion que Vostre Majesté aye aulcun desseing d'ayder le dict prince d'Escosse contre elle. Je diray à Vostre Majesté que quelques mynistres au dict Escosse qui ne peuvent souffirir M. d'Aubigny, duc de Lenox , et qu'il ait tant d'autorité avec leur prince qu'il luy faict faire ce qu'il veult, résolurent dernièrement en img sinode faict entre eulx, de prescher tout ce qu'ilz pourront pour le faire hayr aux peuples et les inciter à quelque sédition contre mon dict sieur de Lenox, entre lesquelz il y en eut ung et des plus eflfrontez qui fist ung presche devant le dict sieur prince d'Escosse et de Lenox, et print son thesme sur le huictiesme chappitre de Amos prophète, où il parle des rois et princes qui ont eu et prins mauvais conseil, et ^ de là s'estendict en discours [à] dire qu'il y avoict grand danger que leur dict prince ne suivist pas la bonne nourriture qu*il avoict eue en sa jeunesse et qu'il ne fust tenté par le mauvais conseil d'un François faict duc de Lenox de altérer quelq[ue chose en sa religion et au bon estât et gouvernement où l'Escosse avoict esté pendant le règne du dict prince, pour lequel il falloict pryer, affin que Dieu le voulust ester de la puissance et du conseil du diable de Lenox, s'il ne le voulloict amender; et usa de plusieurs autres invectives et injures pour esmouvoir les peuples d'Escosse. Le dict mynistre , comme s'il

eust esté hors dn sens, le tout comme l'on m'a adverty, en la présence du dict sieur prince et du duc de Lenox, disant le dict m3mistre qu'il savoict bien que ce presche luy cousteroict cher, mais qu'il craignoict peu les hommes ayant Dieu de son costé, puys il fist ung aultre discours parlant aux peuples d'Escosse ; comme ilz debvoient bien craindre que Dieu ne les afOigeast tant que de laisser à leur dict prince mauvais conseil et mauvaise impression de quelque nouveau changement, dont il ne pouvoict taire en cest endroit le mal qui pourroict advenir que ledict sieur prince d'Escosse eust prins quelques présens de chevaulx et aultre chose que M. le duc de Guize luy avoict envoyé, attendu qu'il n'estoict pas de sa religion et qu'il avoict encores touttes les mains playnes du sang de ceulx de leur dicte religion, et plusieurs autres follyes si grandes, sire, que chascun s'esmerveilloict de voir ce mynistre enragé parler ainsy plain de colère, en présence de son prince pour esmouvoir les Escossois à quelque altération civille , laquelle quand elle commence en ce pays-là ilz y vont bien tost. Après que le dict mynistre fut hors de la chaire, il fut adverty aveo de ses compagnons que l'on les vouloict prendre prisonniers et les faire chastier, qui fut cause de les faire retirer à Barwic et es frontières d'Angleterre, où la royne vostre bonne sœur envoya le Quiery S filz aisné du millord de Honssedon, pour sçavoir ce que c'estoict ; lequel n'a rapporté aultre chose que ce que dessus que i'ay estimé debvoir mander à Vostre Majesté, et que présentement je viens de recepvoir une lettre de mon frère aisné, premier maistre d'hostel de monsieur vostre frère, qui me naande que Son Altesse luy a donné charge de recouvrer tous les plus beaulx et meilleurs chiens de toutes espesses qui se pourront trouver par delà et que M. le prince d'Orange a aussy envoyé en Hollande et Frize pour avoir quelque chose de beau et que mon dict seigneur vostre frère désire fort avoir quelque dhasse dont il puisse servir et donner plaisir à Vostre Majesté ,

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