‹ Marie Stuart et Catherine de Médicis: étude historique sur les relations deChapitre 187 sur 215 · Câr«y, fil» aîné de lord Hunsdon, gouverneur de Berwick · texte numérisé non relu

Câr«y, fil» aîné de lord Hunsdon, gouverneur de Berwick

et qa'il aura le plus tost qu'il sera possible ce qu'il se pourra trouver d'exceUant de ce costé*là. £n quoy je fais la mesme dilligence par deçà où il ennuyé bien au sieur des Ouches que les choses n*ayent esté plus tost prestes , mais il les fault recouvrer de divers endroictz et des seigneurs qui n'estoient en ceste court et qui ont leurs maisons loing, qui est le lieu où je supplye Dieu ,

Sire, qu'il donne à Vostre Majesté en très-parfaicte santé très-^heureuze et longue vye et Theureux accomplissement de vos désirs.

De Londres, ce vj juillet 1582.

MICHEL DE CASTELNAU A HENRI m.

26 juiUet 1582.

Sire , avec la lettre que je faict à Vostre Majesté pour la responce que m'a donnée laroyne d'Angleterre vostre bonne sœur aux paroles contenues en l'escript qui vous a pieu m'envoier, je vous feray ceste-cy qui sera pour vous dire que le comte d'Anguis [d'Angus] , nepveu du comte de Morthon , lequel par la ruyne de son oncle fut contrainct de se retirer par deçà, où il s'est touzjours maintenu, comme il a pu depuis, praticquant avec ses amys en Escosse pour faire quelque mauvais tour à M. de Lenox, soit pour le tuer ou le chasser d'Escosse, le rendre par diverses praticques odieux au peuple de ce payslà et à la noblesse, mais volant qu'il se maintenoict de jour en aultre en plus grand crédict, tant avec M. le prince d'Escosse qu'avec la plus part des seigneurs du pais et que le prince ne se soucioict pas beaucoup de laroyne d'Angleterre, laquelle d'aultre part le hait plus qu'elle ne feist jamais la royne d'Escosse sa mère et estime ung jour sa ruyne de ce costé-là, si

ellfr-mesme ne ruyae le dict prince d'Escosse, où ilz sont les imgs et les aultres pour en venir aux extrémitez quant ilz en auront les moiens. Cependant le dict sieur d'Aoguis avec les l>ons amys qu'il a trouvés par deçà ont tellement esmeu et en- Bimé les mynistres d'Escosse que s'ilz ne trouvoient moien de révolter le peuple et la noblesse d'Escosse contre le duc de Lenox, il les ruyneroict, chasseroict les ungs, auroict la confiscation des aultres, comme il avoict eu du dict comte de Morthon son oncle , et daventage remeteroict la religion catholicque en Jlscosse, comme desjà il y avoict atiré quelques jésuistes pres^ très * et avoict des évesques comme celuy de Glasgo (non celuy qui est en France*), à sa dévosion, lequel il avoict faict pres^ xher devant le dict prince d'Escosse. Là-dessus, sire, les dictz mynistres, comme ceste race vouldroict commander partout , ont faict milles praticques et font tous les jours contre le dict sieur de Lenox et ont presché en publicq contre luy et en sa présence *, de sorte qu'ilz sont à pis faire de part et d'aultre. De quoy je adverty le dict sieur de Lenox des particularitez qui se savent plus tost icy que là, et comme le dict comte d'Anguis AVoict promis à la royne d'Angleterre d'avoir au moîngs dix seigneurs et barons d'Escosse favorables et resoUuz à quelque pris que ce soict de chasser le sieur de Lenox ou de le tenir en quelque sorte que ce feust , et par conséquent faire prendre ung aultre party au prince d'Escosse ou de l'atrapper aussi bien que la royne sa mère et promect le dict comte d'Anguis par deçà .que, sy l'on luy donne les moiens, il rentrera en Escosse se joindre avec les partisans et amys du feu comte de Morthon et les siens et avec la voix des mynistres et des peuples Escossois il y metera toutes choses à l'extrémité des armes et de la

■ 1 . Le jésuite Person avait envoyé Wayter et Greighton au comte de Lennox pour s'assurer de ses dispositions.

2. 1. Beatoun, archevêque de Glascow, était ambassadeur de Marie Stuart près de la cour de France.

3. On lit en marge : « Et ont excommunié le dict évesque de Glasco et les seigneurs qui estoient favorables au dict sieur de Lenox. »

t34 LETTRES DIPLOMATIQUES

guêtre, mais que cependant il âiult que la rôyne d'Angleterre luy tienne espaulle et donne favetir et ayde, selon qu'il en aura be»oing. Ce qui luy a esté icy promis ou cas qu'il face bien ses affaires ; et en attendant il demende que, sy le malheur leur estoict contraire et que ceuk qui entreprendroient ceste affaire en Escosse feussent contrainctz d'abandonner le pais pour se retirer en Angleterre^ qu'il plaise à la dicte dame de donner à dix de ses principaulz seigneurs du dict Escosse dix mil livres sterlin , qui sont cent mil livres tournois, pour distribuer à chacun dix mil livres de pention pour ^tretenir ceux qui se seroient avec eulx mis en ce hasard. Geste despence et ces pentions estonnent la dicte royne» mais aussy ne luy estelle demendée que ou cas qu'ilz feussent contrainctz d'abandonner l'Escosse au deffault d'exécuter l'entreprise. Sur cela, la dicte royne a esté conseillée de promettre généralement de ne les délaisser en bonne ny en mauvaise fortune, et en attendant de donner au dicte comte d'Anguis une pention de mil livres sterlin, qui sont dix mil livres tournois, et luy en advencer une âulfre et oultre cela luy bailler quatre mil livres sterlin, qui sont quarante mil livres tournois, pour s'en aller aux firontiè<res d'Angleterre et d'Escosse et de chercher de rentrer au temps que les mynistres ameneroient ceux de leur [faction] à prendre les armes pour tuer ou chasser le sieur duc de Lenox, lequel les mynistres doibvent aussy excommunier, et alors qu'ilz ont une loy passée en leur parlement que celuy qui est excommunié ne peult gouverner ny le roy ny le royaulme d'Escosse. Tay adverty le dict sieur Lenox de tout ce que dessus et qu'il s'en donne de garde, comme je croy qu'il y faict tout son pouvoir, et j'estime, sire, que Vostre Majesté ne doibt nullement laisser ruyner le dict duc de Lenox par de là, qui seroict par mesme moien ruyner l'espérance qu'il y a encore d'avoir l'al- Uence d'Escosse aultant à vostre dévotion que les roys voz prédécesseurs, joînct aussy que sy la religion katholique se pouvoict remettre de ce costé se seroict donner l'example de faire le mesme par deçà. Dieu aydaût, quelque jour; de quoy

je âçay plusieurs moîens, quant le temps sera venu que Dieu vôttldra remettre son Église, chastier ceuht qui Tout voullu ruyûer jusques à présent; de quoy j'escripray quelque aultre fois plus de particularitez à Vostre Majesté sy je sçay qu'elle l'ait agréable et je prye Dieu,

Sire, qu'il conserve rostre royalle grandeur en très*^arfâicte santé, très-heureuse et longue vye.

De Londres, ce zxvj* juillet 1582.

Sire, je dirai encores à Vostre Majesté que sy M. de Lenoz est tué ou chassé d'Ëscosse, comme tous ceulx qui y gouvernent ont le plus souvent de telles rescompences, le prince d'Escosse vostre nepveu tumbera du tout en la puissance de la royne d'Angleterre, et [celle-ci] s'asseurera plus de l'Escosse qu'elle ne feist jamais et je ne sçay ce qui pourroict arryver de pire au dict prince d'Escosse ny sy luy-mesme seroict asseuré de sa vye ny la royne sa mère qui sont pour le jourdhuy une mesme chose tant pour les particullières intelligences qii'ilz ont en lettres que par une certaine permission que la royne d'Angleterre a donnée à la dicte royne d'Escosse d'escripre à son filz, lequel luy a respondu les lettres dont j'envoye à Vostre Majesté la coppie du tout imitée sur l'original * , que la dicte

1. J'ai trouYé cette copie dans les archives de la famille d'Esneval, et je la donne à la suite de cette lettre. Elle m*a paru importante comme preuye de l'affection que Jacques témoignait alors à sa mère :

« Madame,

« J'î^yi^receu la lettre qu'il vous a pieu m'escripre , laquelle il a pieu à la royne djAngleterre , ma bonne sœur, permettre de m'estre envoyée , et voy par icelle qu'elle a faict difficulté de vous accorder de m'envoyer vos gens sur le refus qu'il fut faict dernièrement à l'un des siens, et, suyvantle commendement que me faictes ici , luy escriptz et mande les occasions pourquoy à ceste heure-là je ne pus donner permission que iceluy-là vinst vers m(3y , non qu'allors mon intention fust pour le refuser du tout , mais seuUement le remettre jusques après que le parlement que je tenois alors fust parachevé et serais infiniment marry qu'elle eust oppinion que je l'eusse faict pour la desdaigner, veu que n'ay jamais eu autre voUonté que de luy demeurer bon parent et voisin ainsy que je suis délibéré d'estre selon les

royne d'Escosse m*a envoyé pour monstrer à la royne d'Angleterre qui l'a leue et releue et [est] bien étonnée de veoir que le dict prince d'Escosse a meilleure affection envers la royne sa mère que la nourriture qpi'il a eue au contraire, et quant à la permission que la royne d'Escosse demendoit de renvoicr visiter par Timg des siens, j'estime qu'elle ne l'aura poinct C'estoict pour lui cedder le nom de roy d'Escosse. Mais la dicte royne d'Escosse me mande que sy la dicte royne d'Angleterre luy refuze chose sy juste et raisonnable après que Vostre Majesté luy a donné ce conseil, qu'elle envoiera procuration à M. de Guise son cousin, pour accorder de cela avec M. le prince d'Escosse son filz, qu'elle me prye touzjours de ne recongnoistre pour roy jusques à ce qu'elle mesme luy ayt donné les premières nouvelles. Je luy avois faict donner per^ mition d'aller aux bains, d'où elle est de retour avec bonne santé du corps, et pour le regard de l'esprit elle l'a bandé à faire que son filz se resente de son mauvais traictement, et qu'il prenne le party des catholicques de ce royaulme et qu'il advence ceste religion en Escosse, mais il a affaire aux mynistres qui se bandent contre M. de Lenox , de telle sorte que j'estime qu'il fault ou que le dict duc de Lenox soîct ruyné par eulx ou qu'il les ruyne, dont nous sommes à la veille de veoir ceste feste, et là-dessus il importe à Vostre Majesté de conserver ceste allience d'Escosse qui a touzjours esté la bridde

eommendemens qu'il vous plaist de m'en faire , lesquels et tons autres dont TOUS plaira de m'honorer tous me trouverez tousjours prest à les mettre en exécution et de vous honorer et respecter , selon que Dieu me le commande et que debvoir naturel m'y oblige , et me sera une très- grande consolation , s'il tous plaist de me rendre si heureux que de m'enyoier tIsî* ter par l'un des vostres , comme me Je mandez , affin que je puisse estre assuré de vostre bonne prospérité et santé , laquelle , après vous avoir trèshumblement baizé les mains , je prie Dieu ,

Madame,

qu'il vous donne avecques heureuze et longue vye. D'Esterlioge (de Stirling^ , X"" jour de juing 1582.

«e Vostre très-humble et obéissant filz à jamais.

« Jacques R.»

pour r Angleterre, laquelle, ce me semble, est au période de

sa prospérité et n'y a homme prévoyant qui n'estime que ce

royaulme ne peult demeurer de caste façon. Les catholicques

y ont esté persécutez et les.prestres plus cruellement que les

martirs au temps passé, mais ilz n'estiment la mort difficile

quand ilz la soufiErent pour l'honneur de Dieu et de son Églize,

et tant s'en fault que leur sang espouvente les aultres catho-

licq[ues qu'ilz croissent et multiplient tous les jours en leur

constante affection, et sy les jeunes gens de xx, xvm et xxv

ans se nourrissent aujourd'huy en ce royaulme pour estre

catholicques , ce qui estonne fort les piu*eteins et aultres qui

ont leur passion plus grande que leur religion; les pauvres

catholicques se fient plus à Dieu que aux rois et princes de la

terre, et s'îlz avoient ung chef ilz remuroient bien de mesmes.

Sur cela la royne d'Angleterre a faict regarder à son trésor;

elle se trouve cinq millions de constans, dont elle et son grand

trésorier ont chacun une clef et ung nommé MiUaur une aultre,

où elle a proposé de ne toucher jamais, si ce n'est à ime grande

extrémyté, et sy pour le reste de ses finences elle y regarde

plus que jamais à espergner tout ce qu'elle peult, aiant, avec les

cinq millions, trois cens mil escuz, tant pour luy achever ceste

année que pour ces plaisirs et choses ordinaires. Il me semble

qu'elle estoict ces jours en quelque vollunté d'envoier cinquante

ou soixante mil escuz à monsieur vostre frère, promettant à

plusieurs Anglois chacun jour d'aller au dict secours de Son

Altesse et y a plusieurs aultres qui demendent permission pom*

les navires. D'icy ilz sont touzjours prêts en ime semayne, et

suis en quelque deffience qu'ilz en veulent faire mettre quel-

ques-ungs à la mer pour aller du costé d'Escosse, selon que les

affaires s'y adonneront.

Sur quoy, je dirai encore à Vostre Majesté que il est fort nécessaire pour le bien de vostre service et de vostre couronne de réserver et entretenir l'allience d'Escosse, et que si la royne d'Angleterre y veult entreprendre, que Vostre Majesté ne l'endure pas. Toutesfois, il fauldra faire les choses avec la

moindre jolousia et deffince qui sera possible, ocHome deprâ detixou trois ans je les ay entretenuz le mieux que j'ay peu, et sy fis séparer ceste armée que la dicte royne d'An^eterre tenoict à la frontière pour la déliv^^ance du comte de Morthon. La dicte dame n'y entreprendra rien sy elle n'y a grand party, et que le comte d'Anguis n*y face quelque grand remument. Si elle prend prétexte d'y faire faveur à quelques nngs, Vostre Majesté aura meilleur subjest d'y faire pour le party du prince et du duc de Lenoz, qui est vostre subject. Je me suis estendu, sire , prolizement sur ce discours , par ce qu'il est d'impor^ tance si grande et où » pour vostre fidèle service, je veillâray en ce qui sera de ma puissance. Mais Vostre Majesté ne veult plus que l'on face icy de parties extraordinaires , et il n'en fut jamais tant besoing , et n'y a lieu au monde de sy grande despence que en ce royaulme , où je mis tout ce que j'avois au monde pour vostre service, et qui m'avez escript que puis que le sieur de Semt ^ avoict commencé de loger à mon logis , que il continuast, et que Vostre Majesté me feroict entièrement satisfaire de la despence que il y feroict. Il me couste, et les serviteurs de monsieur vostre frère qui ont esté par deçà plus de vingt-cinq mille escuz , et je n'ai nuU^nent peu retirer aulcune chose de ce que je leur ay preste. Tant que j'ay eu des moiens , je ne les ay poinct espargnez. Toute mon espérance est en la bonté de Vostre Majesté, que je supplyeray trèshumblement se souvenir d'im fidèle serviteur qui n'a rien en l'esprit que rhonneur et service de Votre Majesté , laquelle je voy, par tout ce qui luy plaist de m'escripre, a bonne vdlunté que je sois paie au moings de ce qui m'est deub. Mais je ne voy pas que messieurs de vos finences veuillent trouver aulcun expédient pour me mettre hors de peyne , ni que le trésorier donne grande espérance que je serai payé de long temps de viiigt mil escuz qu'il a pieu h Vostre Majesté me fûre assigner sur les offices des premières collectes , et ma

1 . Ce nom est presque iUisible dans la copie. Je suppose qu'il s'agit de Simier, envoya du duc d'Anjou prëi d*£Uaabetb.

femme et la plu^ pdrt de mes ^eos qui smt m Frwce pour avoir ung esçu eu despen^ept deulx à h poursuitte. C# que l'e^tresme nécessité me contrainct de dire à yastre royaUe bouté, eu pryant Pieu qu'il la coaserve? we, en très^arfaicte swté , tràs^heureuse et loague vye.

De Londres, ce xxiij* juillet 1582.

mCHEL PE CASTELNAU A HENRI m.

le mai 1683.

Sire 9 par les dernières que j'ay escriptes à Vostre Majesté , je luy ay maadé les nouvelles que j'avais d'Ëscosse, et aultres choses qui [se] passoient pour lors par deçà. Depuis est arryvé en ceste ville le pallatin LasquiS qui m*a envoyé visiter, et mandé qu'il y viendroict luy-mesme après avoir veu la royne d'Angleterre , qui a jusques à présent esté en doubte de l'oocasion qui le faict venir en ce royaulme» et sur laquelle il s'est faict plusieurs discours de la vye et des actions passées du dict Lasqui , et les diverses fortunes qu'il a recherchées avec plu«^ sieurs priftces et divers pais. Sur cela les Anglois , qui sont fort soubsonueux de nature » et qui ont touzjours craincte et jalousie de leur Estât, ne sçavent encores que estimer du dict

]. Cf. Cambden, Hist Elix.^ ad ann. 1583, p. 966 : « E Polonia Russûa « vicina hac aestate venit in Angliam , ut Reginam inviseret , Albertus Alasco « Palatinus Siradiensîs , yir eruditus , corporis lineamentis , barba promi- « sissima, vestitu decoro et pervenusto, qui bénigne ab ipsa, nobilibusquo « magno iionore et lautitiis , ab Academia Oxoniensi , eruditis oblectationibus « atque yariis spectaculis ezceptus , post quatuor menses aère alieno oppressus « clam reeessit. » Parmi ces plaisirs savants et ces spectacles variés dont parle Gaznbden, il faut sans doute placer les lectures philosophiques de Giordano Bruno et ses discussions avec des théologiens d'Oxford. Wagner dit en effet qu'elles eurent lieu en présence du palatin Alasco ou Lasqui. (Opère di 6. Bruno, édit. Wagner, 1. 1, p. 12, Introdwtion,)

â40 LETTRES DIPLOMATIQUES

Lasqui , mesmement de le voir fort catholicque , qui a ung prestre et faîct dire la messe , et qui a recherché des bîenfaicts du pappe et luy auroict offert son service. Nonobstant , Ton a faict bailler ung fort honneste logis au dict Lasqui , et a esté jusques à présent bien receu et caressé de ceulx qui ont en la charge de le recepvoir. Il dict qu*îl est venu du sang d'Angleterre , de la maison des comtes de Lincoln , dont ung puisné s'alla marier en Poullongne et en porte les armes, et dict que le plus grand de ses désirs a esté de veoir la royne d'Angleterre et son royaulme. Elle le doibt veoir d'icy à ung jour ou deux, et dict on que elle le mènera avec elle en ung petit progrès*, qu'elle va faire pour dix ou douze jours , et veoir quelques seigneurs sans s'éloigner de plus de quinze ou vingt mil de ceste ville.

J'accuseray par ceste-cy la dépesche de Vostre Majesté le cinquiesme de ce mois , sur laquelle je veoirray la dicte royne d'Angleterre et ceulx de son conseil, tant pour ce qui concerne les audiences que son ambassadeur a eues de Vostre Majesté , que ses demandes et les responses qui luy ont esté faictes ; et ne faudray d'entretenir la dicte royne et ses conseillers à garder la bonne amytié que Vostre Majesté leur porte et au bien de leur Estât , afOn que ils facent le semblable.

Quant aux discoiffs et nouvelles qui sont à présent sur les affaires de monseigneur vostre frère et ceux des estatz de Flandres pour leur reconciliation, l'on en parle diversement, et le dernier que la royne d'Angleterre y a envoie est le sieur de Sommer, l'ung des plus expérimentez et versez aux affaires de ce royaulme que nul qui y soict; [il] a rapporté à la dicte royne que aiant bien considéré tout ce qu'il a trouvé avec le prince d'Orange, ceulx des estatz, et depuis avec mon dict seigneur vostre frère, il trouvoict tant de deffience de costé et d'aultre avec des inimytiez couvertes que il ne pensoict

Page 1