‹ Marie Stuart et Catherine de Médicis: étude historique sur les relations deChapitre 189 sur 215 · John Golril. Cambden, Hist. d*Éli%ab, , p · texte numérisé non relu

John Golril. Cambden, Hist. d*Éli%ab, , p

que la royne d'Escosse estant hors de prison ou y demeurant encore puisse porter ny incommodité ny profict à la royne d'Angleterre. Néantmoings l'on me donne icy grande espérance de sa liberté qui deppendera d'un aultre traicté et de l'affection qu'on congnoistra au filz de veoir sa mère hors de captivité.

Pour ma part, sire, j'ay ung extrême regret de ne pouvoir empescher par deçà ceste ligue de sy grande conséquence à Vostre Majesté et à vostre couronne entre ce royaulme et TEscosse qui n'a esté il y a huit cens ans et sy préjudiciable à la religion catholicque. Chacun de ceulx de ce conseil se cachent et retirent de moy pour le faict de ceste ligue et ne sçay quel moyen pouvoir tenyr sur la venue du dict Stuart, lequel me mande qu'il me pryoict de l'excuser s'il ne me venoict veoir et traicter avec moi, comme je l'avois désiré, et qu'il ne le pouvoict faire sans apporter grande deffience aux Anglois qui estoient soubsonneux de leur naturel. Nous n'avons plus icy aulcun parfy en ce conseil comme le temps passé soubz couleur et espérance du mariage, où ilz me fesoîent ung grand secours lorsqu'ilz m'aydoient entièrement à m'opposer aux praticques de M. le prince de Condé, lorsqu'il vint par deçà où il ne trouva ayde, assistance ny personne qui l'osast favoriser en ses demandes, mais fut à ma sollicitation incontinent pryé d'aller rechercher la bonne grâce de Vostre Majesté et la paix qu'il vous plaisoict de contynuer à vos subjectz, et qui fut cause de faire desloger mon dict sieur le prince de Condey (Condé) aussy malcontant de ce royauhne que de lieu où il fut jamais. J'ay depuis peu escript dyverses foys à Vostre Majesté' que il y en a plusieurs en ce royaulme qui ne desireroient que veoir l'occasion de recommancer les troubles , au vostre dont ilz ont quelque espérance affin de les fomenter et entretenir plustost que de les empescher. Néantmoings je feray touzjôurs tout ce qui sera le plus expédiant et meilleur pour vostre service en attendant ce qu'il plaira à Vostre Majesté de me commander de plus particuUier, en pryant Dieu ,

Sire, qu*il donne à vostre royalle bonté très-heureux accomplissement de Yoz désirs.

De Londres, c« xziii]"* jour de may 1583.

Le paUatin Lasqui est touzjours icy médiocrement bien &ir tretenu, leqaél comme de luy-mesme vouldroict bien traicter d'empescher le grand traffîcque que les Angloys ont et y eullent avoir plus grand en Moscovie, où ilz portent tous les ans ung nombre infiny de touttes sortes d'armes» comme ilz font le semblable en Barbarye, ce qui apporta grande incommodité au roy don Sébastien de Portugal qui trouva les Mores fort armés des armes portées d'Angleterre.

Sire, depuis ma lettre escripte ce matin le colonel aiant disné au logis du comte de Lestre (Leicester) où estoient les députez de la royne d'Angleterre pour traicter avecq luy (qui sont le grand trésorier*, le comte de Lestre, le millord de Honsdon, les sieurs de Haton et de Walsingham), ilz sont sortiz sans riens conclure ny tomber d'accord ce jourd'huy , comme ilz pensoient, de sorte que les Escossois ne sont pas trop contens, et semble qu'ilz ne veullent pas conclure à la ligue offensive et deffensivepour la religion qu'ilz n'aient une grande sonmie d'argent en prest pour leur roy, la garde bien paiée et plusieurs pentions ; à quoy ledict grand trésorier se monstre fort rétif pour desbourser argent et ne semble pas qu'il se fie trop aux Escossois ne que ce qui sera traicté par le colonel Stuart soit approuvé de toute l'Escosse. Sur ceste difficulté je veoiray de traicter quelque chose avec le dict grand trésorier et aultres pour rompre ce coup, sy je puis, et de le faire traicter avec le colonel Stuart ne pouvant parler à luy, puis qu'il faict ceste difficulté de s'aboucher avec moy de peur d'apporter subson aux Anglois , que je metteray entre les ungs et les aultres le

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