‹ Marie Stuart et Catherine de Médicis: étude historique sur les relations deChapitre 19 sur 215 · SOUTENUS PAR ELISABETH · texte numérisé non relu

SOUTENUS PAR ELISABETH

catholicisme avaient protégé le protestantisme en Allemagne. Témoin François I^* et Henri IP. En s'écartant de cette politique, on jetait une grande partie des Écossais dans le parti de l'Angleterre. Mais la cour, dominée par les Guise , sacrifia les intérêts de la France aux passions de cette famille. Il en résulta une guerre pendant laquelle mourut la régente , Marie de Guise (1560). Après des prodiges de valeur les Français furent forcés d'abandonner le port de Leith , leur dernier asile. Le traité d'Edimbourg (5 juillet 1560) termina les hostilités et prescrivit l'évacuation de l'Ecosse par les deux armées anglaise et française. On y proclamait le principe de non-intervention. Mais , sous une apparence d'égalité , l'avantage était tout entier pour l'Angleterre.

Ce traité privait, en effet, la France du protectorat que depuis un temps immémorial elle exerçait en Ecosse. L'Angleterre avait dans les protestants et les ministres qui les dirigeaient un parti actif et puissant; enfin la proximité de ses États lui donnait un avantage signalé dans la lutte d'intrigues qui allait remplacer la guerre déclarée. Elle offrait un asile assuré aux rebelles; ses envoyés, son or, ses troupes pouvaient pénétrer en Ecosse sans obstacles, tandis que la mer séparait ce royaume de la France, qui voyait ses vaisseaux arrêtés par une tempête ou interceptés par l'ennemi. Le traité d'Edimbourg peut donc être considéré comme le premier signe du déclin de l'influence française en Ecosse.

Aussi la France , alléguant que ce traité n'avait pas été ratifié par le roi François II , reftisa-t-elle , dans la suite , de l'exécuter et de se résigner au rôle passif qu'il lui imposait» On en trouve la preuve dans les négociations de Smith avec la France, en 1667. Cet ambassadeur avait été envoyé par Elisabeth à Charles IX pour se plaindre , entre autres choses, de l'intervention des Français en Ecosse, contrairement aux clauses du traité d'Edimbourg.

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