TRAITE D'EDIMBOURG
« S. M. (Catherine de Médicis) voulut, dit la relation contemporaine conservée dans les papiers du cardinal Granvelle", que Tévêque de Valence* lui touchât particulièrement ce qu'il en savoit , comme celui qui y fut lors envoyé et demeura par delà jusqu'à la résolution des choses ; lequel déclara que la principale occasion , pour laquelle il y alla , étoit pour ôter à la dite dame reine d'Angleterre le soupçon qu'elle disoit avoir des forces de France, offrant, si elle en- vouloit faire retirer ses gens, de faire revenir les François qui y étoient, après que l'obéissance y seroit rendue, y laissant seulement nombre suffisant et nécessaire pour la garde des places fortes. Mais , comme longtemps auparavant elle avoit traité avec les dits Écossois tumultuants, elle ne voulut recevoir aucune condition , jusqu'à ce que finalement elle les réduisit avec la faveur des Écossois et l'armée grosse qu'elle avoit dans le Petit-Lit', et 16s y tint assiégés l'espace de deux mois et jusques au traité qui y fut fait, par où ils furent contraints de retourner et laisser le dit pays en la puissance des rebelles ; lequel traité ne fut néanmoins point ratifié par le roi François II, d'autant plus que les Écossois dévoient envoyer devers S. M. dans certain temps; ce qu'ils ne firent , et ce pendant intervint son décès , de manière que la reine d'Angleterre, quand il lui pourroit servir, ne s'en sauroit aider, n'ayant pas été approuvé du prince, par la mort duquel nous demeurons déchargés de ce qui concerne le royaume d'Ecosse. »
Telle était la situation des relations entre les royaumes de France, d'Angleterre et d'Ecosse, lorsque Marie Stuart fut forcée de quitter sa patrie adoptive pour retourner dans son pays natal.
t. T. XXIV, fol. 278 de la partie de ces manuscrits intitulée : Mémoires du cardinal Granvelle,