‹ Marie Stuart et Catherine de Médicis: étude historique sur les relations deChapitre 191 sur 215 · John Colvil. Voy. la lettre précédente · texte numérisé non relu

John Colvil. Voy. la lettre précédente

filz n*cn a guère plus de voUonté; je me conduîray en cela comme Vostre Majesté me commandera. Toutesfois le dîct sieur grand trésorier m'a dict qu'il avoict signé et donné son consentement pour la mettre en liberté, et que , quand le roy d'Escosse son filz ne vouldroict consentir que ce fust par le moien de l'association entre la royne sa mère et luy, il seroict d'advis de- trouver quelque aultre expédiant pour mettre quelque relasche à sa prison. A quoy la royne sa mestresse estoict du tout disposée et enverroict bientost de ses conseillers devers elle pour cest efifect.

Pour le regard du pallatin Lasqui, j'ai veu que Vostre Majesté n'avoict nullement agréable qu'il passast par vostre royaulme. Toutesfois j'entends que c' estoict sa vollonté et s'estoict enquis des moyens du chemin , et discourt sur cela et de la despense et quelle chère l'on luy feroict; mais j'ai coupé chemin à cela par ceulx qui sont près de luy et mesme par ung Italien Romain, qui est son secrétaire, [en disant] que ayant receu tant d'honneur de Vostre Majesté, comme son amy , je ne luy conseillerois pas de repasser en France, tant pour n'y avoir affaire ny quallité que pour la longueur du chemin , la challeur, la grande despense, que pour la crainte que j'aurois qu'il ne receust quelque mauvais visage. Ce qui luy a esté dict et dont il me veult remercier de ce bon conseil et de la bonne vollonté que je luy porte, et croy que je luy feray reprendre son plus court chemin par la mer, comme celuy qui ne trouve pas par deçà tout ce qu'il y pensoict , synon des bonnes chères , dont les Anglois s'acquittent fort honorablement envers tous, et je prye Dieu,

Sire, qu'il donne à Vostre Majesté en très-parfaicte santé très-heureuse et longue vye.

De Londres, le xxxj* jour de may 1583.

Sire , il y a [ici] le pauvre Archibal Du Glas , que j'avois du tout retiré d'avec le comte d'Angus et le party des Anglois et l'avois reduict et confermé à estre vostre serviteur, comme le

plus habille homme d'Escosse ; il a esté ung an retenu prisonnier par deçà, ayant tout perdu en Escosse et les meubles et argent de la contesse Badouet (Bothwell), sa femme» qui est morte. Tous ses compagnons et le comte d'Anguys (Àngus) restitués en Escosse, comme seront les Havaltons (les Hamiltons) bien toust restitués, ont remonstré au dict Archîbal que le millort d'Albroc * n'avoîct jamais peu tirer ung denier de la pention [que] Vostre Majesté luy avoict donnée ; que la royne d'Angleterre luy avoict envoyé de l'argent pour vivre en France et entretenu son frère fort honnorablement par deçà; que ledict Archîbal regardast quelle grâce il avoict receue de Vostre Majesté par les promesses de moy, vostre ambassadeur, qui avois bien eu le moien de le persuader, mais non de luy faire donner ung escu et que moy-mesme je ne pouvois estre payé , après avoir faict plus grande despence par deçà que nul ambassadeur qui y aict esté depuys trente ans. Le dict Archibal m'a mandé ce matin cella et que l'on luy oflfre d'icy sa liberté et tout ce qu'il pourra demander, mais qu'il demeurera ferme en tout ce qu'il m'a promis et qu'il n'y a honune qui aict plus de moien de faire service à Vostre Majesté en Escosse, sy luy plest de se servir de luy. Là dessus, il me demande mil escuz après en avoir perdu plus de vingt nul pour avoir tenu le party que je luy avois proposé. Vostre Majesté ne veult allouer nulles partyes extraordinaires par deçà ni aucunes despences nécessaires, et ne m'y eusse porté de poeur de faire chose désagréable à Vostre Majesté , pour l'honneur et le service de laquelle je n'espargneray, où il luy plaira me commander, la vye et les biens , et toutesfois il ne demeurera rien que je puisse faire et où je remedye , ayant depuys deux ans faict beaucoup de despenses [et] coustements; mesme celle que j'ay faicte ung an pour le sieur de Semt (Simier), et, par le commandement de Vostre Majesté, l'avoir logé près d'un an, me tient encore sy endebté, et l'argent que j'ay faict prester aux serviteurs de monseigneur vostre frère et tant d'occasions

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