‹ Marie Stuart et Catherine de Médicis: étude historique sur les relations deChapitre 197 sur 215 · Attentat de Ruthwen (22 août 16S · texte numérisé non relu

Attentat de Ruthwen (22 août 16S

ne s'obligeast à ne participer à chose quelconque , tendant à l'altération de TEstat sans faire aulcime mention de la religion.

Estiment aussy suffire pour le commencement qu'elle s'obli- ' geast aux guerres deflfensives, mais touchant la ligue pressèrent fort Sa Majesté qu'elle renonçast à toutes aultres par elle cy devant faictes, affin de s'unir plus pàrfaictement avec la dicte royne leur maistresse, de l'amytié de laquelle ilz l'admonestoient que son [salut] devoict touzjours despendre entièrement. En quoy Sa Majesté respondict que les amytiez qu'elle pourroict avoir avec les aultres princes chrestiens ne seroient jamais préjudiciables à cest Estât, ains plus tost luy pourroient avec le temps grandement servyr, et pour ce demeura ferme en ceste résolution de ne les abandonner.

Trouvèrent le tiltre de duchesse inutile, Sa Majesté aiant jà celuy de royne et qu'il suffiroict que une honorable pention, laquelle ilz accordèrent très-volluntiers, luy feust bien asseurée, consentoient qu'elle eust des Anglois à son service, mais avec permission spéciale de la royne d'Angleterre, requérant qu'au traicté ne fust rien déclaré de la permission pour l'exercice de la religion et qu'il valloict mieux que cela passast pour tollérance comme il avoict esté pratiqué par le roy Edward à l'endroict de sa sœur, la royne Marie. Les limites à l'entour de la maison furent réduictz à dix milles, l'accès limité pour ceux qui auroient affaire avec Sa Majesté , la garde fort débattue tant pour ce qu'elle seroict d'estrangers, et que de la my-partir difficilement accorderoient-ils jamais ensemble. Âinsy requirent les dicts députez que Sa Majesté se passast de ceste garde et acceptast pour sa seureté l'asseurance dans le pais de sa demeure de quelques seigneurs ou deux ou trois notables gentilzhommes qui pourvoiroient qu'en nulle sorte il ne luy feust meffect. Le reste touchant la liberté de Sa Majesté fut par eulx approuvé. Ilz pressoient fort pour le voiage d'Escosse, allégant que rien ne se pouvoict solidement traicter et moings conclure sans que premièrement on sceust l'intention du dict roy d'Escosse, avec lequel l'intention de la dicte royne d'Angleterre estoict de traicter

conjointement avec Sa Majesté, comme elle-mesme avoict requis. A quoy Sa dicte Majesté répliqua que c'estoict aultant que de voulloir faire deppendre tout ce traicté des passions et ordonnances de deux ou trois trahistres, qui détenoient à présent son filz, lesquelz ne désirent d'estre eslongnez d'auprès de son filz et ses gardes cassés, avant qu'elle envoiast vers luy , ou pour le moings que le reste de la noblesse peult avoir libre et seur accès en court et feussent près de luy, lorsque son député Tiroict trouver.

Fut faict instance pour le restablissement du comte d'Angus et quelques autres. Ce que Sa Majesté remit au temps que la dicte royne d'Angleterre et elle envoyroient en Ëscosse.

Les nouvelles venues de la mort du duc de Lenox refroidirent aulcimement le cours de ce traicté, lequel il sembloict que les dicts députez hastoient auparavant ; et , de faict quatre ou cinq jours après que l'advis en eust esté signifié à Sa Majesté, laquelle s'y montra fort résolue, les dictz députez recourent une despesche de leur maistresse, par laquelle elle leur mandoict de faire entendre à Sa Majesté comme elle avoict ses plaines et honorables procédures au dict traicté bien agréables et que son intention estoict d'assembler en bref son conseil pour y adviser, espérant que ce seroict au contentement et satisfaction de Sa Majesté;

Que, puis [que] Sa dicte Majesté ne trouvoict bon d'envoier maintenant en Escosse, la dicte royne d'Angelterre y despescheroict promptânent quelqu'ung des siens, tant pour y disposer les choses en quelque meilleur estât, que pour esclairçyr le Roy et ceulx qui estoient près de luy d'une impression, qu'elle entendoict leur avoir esté donnée, que ce traicté tendera à la dymynution de l'authorité du Roy [et} changement de son Estât, promettant au reste y travailler et sincèrement [faire telle] dilligence que, quand leurs deux députez yroient trouver le dict Roy, ils trouveroient toutes choses de beaucoup advancées à l'effect de leur négociation, et ce pandant prioict Sa Majesté de ne trouver mauvais que le dict traicté feust surcis, aiant or-

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donné au dict sieur Mildmay de se retirer en une maison sienne à my-chenûn entre cy et Londres, pour là attendre nouvelle direction pour son retour par delà, et que Bealle la vinst trouver en toutte dilligence pour luy rendre particulier compte de ce qui s'estoict jusqu'alors passé entre Sa Majesté et les dictz députez.

Sa Majesté, considérant que cette interruption pourroict estre seullement img artifice pour gaigner temps contre elle, répliqua qu'elle ne pouvoict prendre en bonne part que la dicte royne d'Angleterre envoiast sans elle en Ëscosse , ains estimeroict que ce seroict plustost pour traverser ses intentions que les advancer, qu'on pouvoict séparément traicter avec eue pour sa liberté comme chose nullement despendante de l'Escosse, et, que sa dicte liberté estant une fois arrestée et convenue, on poursuiveroict par après à traicter des ouvertures mises en avant pour l'Escosse, et, que pour venir à une conclusion de tout, il estoict requis que, de la part des dicts royne et roy d'Escosse, fussent députez pour en traicter plus solidement quelques seigneurs et hooomes de qualité, soit en ce lieu près d'elle ou quelque aultre ville voisine, comme York ou Newcastel, à quoy les dictz députez se monstrèrent fort contraires, alléguant que l'affaire passant par tant d'opinions recepvroict touzjours nouvelles difficultez, et spédallement refusèrent tout plainement qu'aulcun vinst de France.

La concluàon fut que la royne d'Angleterre n'envoieroict poinct en Escosse sans Sa Majesté , et à cest efTect les dicts députez despesehèrent en toute dilligence ung homme exprès vers la royne d'Angleterre, et que dans vingt jours, Sa Majesté auroict ime finalle résollution de tout ce qui auroict esté opposé, demandé et conclud. En deffaud de quoy, elle proteste que, dès à présent, elle demouroict libre de toutes choses par elle faictes, dictes ou passées durant le dict traité.

MICHEL DE CASTELNAU A CATHERUŒ DE MÉDICIS

10 août 1583.

Madame , depuis la lettre au Roy fermée et l'apostille de ma main en icelle de ce que le collonel Noms avoict esté dépesché pour retourner en Flandres, tant avec des gens de guerre que avec commission d'ambassadeur pour traicter de quelques particularitez avec les Ëstatz, j'ay sceu que la dicte commission estoict telle que s'ensuit : assçavorr que la royne d'Angleterre aiant preste il y a environ quatre ou cinq ans treize cent mille livres à ceulx des Estatz de Flandres qui estoient pour lors, dont aulcuns sont des malcontans aujourdhuy, qui tiennent pour le roy d'Espagne, aultres sont de présent pauvres, les aultres sans beaucoup de crédict. La dicte Royne aiant faict prester ceste somme, soubz le nom de marchans, dont elle est obligée et d'en paier les intérestz , comme elle faict , à img certain Horatio Palnesin , Genevois, qui prochasse fort son remboursement. La dicte Royne vouUoict que le dict Norris trouvast quelque moien de se faire asseurer ceste partye, et, parce qu'il y a quatre villes obligées en particulier, qu'il regardast à s'en saisir de quelques imes des melQeures, et, pour le moings de faire paier les intérests audict Pabiesin, mais aiant mis cela à la plmralité des voix de son conseil, la plus grande partie ont esté d'advis, puisque le roy d'Espagne se rendoict le plus fort par delà , et qu'il estoict en train de gaigner tout et de réduire les villes et le pais en son obéissance, que sy elle s'entremectoict daventage à ceste heure ycy avec les Estats et mesmement à y envoler gens de guerre et voulloir prendre aulcunes villes pour l'espérance de son argent, mesmement n'estant pas maritimes, le dict roy d'Espagne prendroict occasion et couleur, aiant faict ces affaires

par delà, de se ressentir de la dicte Royne en la dernière occasion pour toutes les aultres, de sorte que ilz ont conclud qu'elle ne se debvoict hasarder à perdre daventage et de regarder mieux où elle mettroict cy après son argent, voiant mesme que monsieur vostre fils estoict hors du pais et sembloict qu'il eust tout quitté. Par quoy, sy le dict Norris retoumoict, ce debvoict estre avec peu de gens, et ce qui resteroict d'Anglois par delà, et veoir amiablement avec les dicts Estats, qui resteroient aujourd'huy obligez , s'ilz vouldroient paier Tintéretz au dict Palnesin seullement, que luy paye la dicte Royne tous les ans.

Us ont aussy proposé de renvoier les députez à la royne d*Escosse , vostre belle-fille, pour parachever le traicté de la liberté , où la plus part ont conclud que , sy la royne d'Angleterre pouvoict avoir asseurance , de la royne d'Escosse , bonne et valable, de n'entreprendre rien contre elle ny son royaulme durant sa vye, ce seroict le meillleur de la contenter elle et son filz, que de les laisser malcontens, atendu que ils n'auroient rien à craindre ny redoubter que du costé d'Escosse. Le sieur Walsingham a dit que il luy sembloict que l'on debvoict contenter la dicte royne d'Escosse et qu'elle demeureroict par delà [avec] asseurance de la royne d'Angleterre pour demeurer seurement en son royaulme, sans que luy feust faict ny mal ny desplaisir. Aulcuns luy ont respondu qu'il n'avoict pas touzjours tenu ce langage ny esté de ce conseil. Il a respondu que aussy voyoict-il qu'il se falloict accommoder et changer selon les temps. Et, là dessus si l'on a escript ycy de France que M. le duc du Mayne auroict la charge de passer et mener des gens de guerre en Escosse, et je remetteray le surplus au sieur de Miremont, présent porteur, s'il plaist à Vostre Majesté de l'entendre.

MICHEL DE CASTELNAU A HENRI IH. 5 décembre 1583.

Sire, les dernières dépesches que j'ai faictes à Vostre Majesté par Hemo , que je luy ay envoyé exprès , seront pour la satis^ faire à tout ce qu'a vouUu négocier par deçà le sieur de Ségur, pour le faict de la ligue, de laquelle il n'est point de besoing que je face icy de répétition. Je l'ai faict garder de près , depuys qu'il est party d'icy, jusques en Hollande , pour sçavoir touzjours de ses nouvelles. Aulcuns de sa compagnie se sont plaincts qu'après la bonne chère, que je leur avois faicte en ceste ville, j'avois dressé une ambuscade sur la mer pour les atrapper par les Espagnolz et que j'avois basty ceste praticque avec l'ambassadeur d'Espaigne par deçà, mais que, conmie Dieu n'abandonnoict point les siens, ils avoient avec grand hazard évitté le péril. Je sçay que c'estoict chose très mal aizée de les prendre, ayant ung bon navire de la royne d'Angleterre comme ilz avoient. Je les [ai] faictz suyvre jusques à leur embarquement, et voiois bien, que d'en donner advis à M. de Gourdaiû * ou aultres gouverneurs plus proches des portz de mer de vostre royaulme pour [faire] arryver des navires, ce seroict temps perdu. Estant en Hollande, ilz ont dict souvent avoir beaucoup de regret de veoir le nom de la nation françoise estre sy mal estymé par deçà y voyant chascun y respondre à l'obéissance du roy d'Espagne et le prince de Parme y faire ce qu'il vouUoict. J'ay esté aussy adverty qu'un nommé Buzanval *, qui parle allemant et noury de jeunesse à Heilberg,

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