On lit 8UT le dos de la lettre
c Glarissimo, ornatissimo viro , Domino Paulo Knibbio , J. u. O'ure utroque) urbis Flissingebis pretori , amico incomparabili. »
2. On sait que depuis le mois d'octobre 1582, il y avait une différence de dix jours entre le calendrier de Jules César, conservé en Angleterre » et le calendrier grégorien suivi en France.
redditas (de quo anxia dubitatio animum detinuit meum) intellezi. Ostendi qaœdam ils prescripta regulo Lecestriae , qui te sane cognoscere gestit, promittit se, quacumque in re possit, gratificaturum Junio ac Metherchio. P. Sidnaeio, illusstrissimo juveni, grata fuit recordatio nominis tui, qui tua opéra varie tttetuTy nec dubium erit quin eum facile sis habiturus amicissimum. Is iû praesenti se adomat ad profectionem putoque proxime in Mattiaeis futurum. Sed nse tu artem ariolandi novisti, qui ominaris etiam brevi me in Germaniam legandum ad principes istic excitandos. Plane sub idem tempus, quo tuas accepi litteras, serenissima Régis de his curis me admonuit mandavitque ad iter me accingerem. Jam scribuntur litterae; fortassis te ante salutabo quam altius cootendero.
Quod ad regem Scotiae attinet, irretitus teneturGuisianisfactionibus planeque metuit ne nos initae cum hostibus regni conjurationis eum convictum habeamus. Candide fatetur se passum fuisse ut a Guisianis aliorsum a nobis duceretur; sed se postea observasse omnia, quae in serenissimam Reginam excogitata fuerunt, religionis causa tentata, qua eversa, iisdem de causis se obruendum; paratum igitur esse cum sua Majestate causam publicam procurare; sed apparet supra annos simulare.
Jam postrema nova, quae inde ablata sunt, narrant duas naves gallicas, obita Anglia, per fretum Virginium, quod Angliam et Hibemiam dirimit, Dumbrittonum appulisse. Sunt qui ariolantur ipsum in Galliam cogitare , ut illic Guisiano consilio uxorem sibi adjungat. Comités primariae nobilitatis per Scotiam, qui ante meum adventum in Angliam patria aufugerant, adhuc hic haerent, gliscuntque istic factiones. Nomina comitum exulum, Augusianus et Marrianus. Rex non prestat justiciam in tradendis conjuratis , qui necem baroni, Russellio, comitis Bedfordiensis herili filio, per summum ne (fas accelarunt, in quam necem) institut» inquisitiones nondum sunt complet».
Ex Gallia funesta omnia accipimus : Rex enim, postquam bello alendo, ex reditibus eclesiasticis et coronae casualibus, ut
vocant, Italo cuidam ezpositis, quadringenta coronatorum millia menstrua providit, bellum accélérai, jamque sex menses antea discessuris ac patria mîgraturis induites contrahit, mandatque uttrium mensium spatio recédant. Condaeus arcte obsidet terra manque Bruagium, oui liberando, duce Lansiaco, aliquot vexilationes transmisit Rex. Interea Religiosi occuparunt Maconium ad Ararim aliamque arcem juzta Pontem Sanctî Spiritus. Arz quoque Ândegavensis a M(»norancio quodam occupatur, similîaque multa evenient quae pontificios varie ezagitabunt. Ruina Galliae sola hos motus componet, quam accelerabunt avari milites, quos submittit Crermania.
D. 0. M. pacatiora reducat tempora; nam plane enecor, dum animo ingruentes clades et caedes expendo. Ui sunt aediles scilicet ludi, quos Stygio Plutoni placando Pontifex Hispanusque dicant sacrantque. Roma perscribitur Pontificem extremis suppliciis nobiles quosdam ob religionis studium a£fecisse; ita hic totus furit.
Doleo non commoveri Bruccesii calamitate proceres Germaniae. Daniae rex, Casimirus, Brunsvicensis ac Lansgravius, cum duce Wittembergio, deliberandum de eo sentiunt. Lansgravius ad electorem Brandemburgium de his rébus graviter perscripsit; nam Saxo morti vicinus est. Revocat Brandemburgio in mentem expeditionem Mauritii anno 1582^ susceptam, qua affirmât religionem se per Germaniam communisse , nec novum esse dicit gladio gladium retundi, hostemque, ubi sentit animos non vecordes, sed invictos,mitigari et faciliorem reddi.
Regina serenissima appologiam parât, qua imprimenda brève causas deducitsusceptae de£fensionis vestrœ. Aula nulli secunda migravit heri Ricemimdiam, ubi commodiori loco, ob Themesis reciprocationem , est. Tu, si quando scripseris, nae civi tuo litteras tradas; is porro transmittet. Haec, occupatissimis curis
1 . La copie porte cette date ; mais c'est probablement une erreur pour 1 552 , à laquelle se rapporte rexpédition de Maurice de Saxe contre Gharlqs-Ouint.
impositis legatioQÎs, exaravi; Junium, Metherhium, Villermum, qnos unice sane observo officiose saluto. Bene vale, clarissime Knibbi.
Londini, ix oclobris 1586 saWati mundi.
INSTRUCTIONS DONNEES PAR HENRI III A M. D'eSNEVAL. 15 décembre J585.
ORIGINAL
Le roy ayant esté naguères adverty que les affaires d'Escosse estoient en trouble et combustion , et qu'il y est advenu ung grand changement , a advisé oultre l'instruction qu'il a déjà faict bailler au sieur baron d'Esneval , vidame de Normandie, gentilhomme ordinaire de la chambre de Sa Majesté, et cappitaine de cent chevaulx légers, de luy bailler encores la présente sur ce qu'il aura à faire, et s'entremectre de la part de sa dicte Majesté pour la pacification des dicts troubles d'Escosse.
Après avoir présenté au roy du dict pais les lettres que sa dicte Majesté luy escript sur ce , il luy dira que n'ayant icelle sa dicte Majesté moindre soing et sollicitude du bien des affaires du dict royaume d'Escosse, que des siens propres, pour Y antienne amytiè , alliance et voisinance qui ont tousjours esté entre la France et VEscosse , elle Ta chargé d'intervenir, s'emploier et faire en son nom tous bons offices pour la paciffication et composition des dicts troubles, et réconcillier le dict sieur roy d'Escosse avec les contes, seigneurs, gentilzhommes et subjectz de son royaume, qui pourroient estre en divorce , et l'exhortera , de la part de sa dicte Majesté , de suivre la veoye doulce et s'accommoder, comme au plus salutaire advis et conseil que le dict sieur d'Escosse [puisse]
recepvoir, qui est tel que celluy, que sa dicte Majesté désire pouvoir prendre et praticquer elle-mesme , laquelle ne re^ cherche et appette rien tant que d'unyr tous ses subjectz en mesme volonté d'obéyssance , telle qu'ilz la luy doibvent naturellement , pour veoir en ses jours, et , durant son règne, ung ferme et asseuré repos, estant en son royaume.
Le dict sieur d'Esneval visitera après les dicts contes et seigneurs d'Escosse de la part de Sa Majesté, et, après leur avoir présenté les lettres que, sur co , elle leur escript, les exhortera de sa part à se souzbmettre à ce qui est de leur debvoir eV obéyssance, comme ilz y sont divinement et humainement obligez envers le dict sieur roy leur souverain , nepveu de sa dicte Majesté et son bon amy, les disposant et persuadant de ' se conformer à toutes raisonnables conditions qui seront proposées, dont le dict sieur d'Esneval pourra faire telles bonnes et honnestes ouvertures qu'il verra y pouvoir servir : [sçavoir] que la personne du dict sieur roy d'Escosse ne soit constituée en aucun danger par la prise des armes; qu'il ait son auctorité libre et la plaine disposition de ses affaires , comme il souUoit, et que chacun ait libre et seur accedz à luy, sans y estre intimide à l'occasion des gardes, qui sont à présent, ainsy que Ton dict , près et allentour de sa personne ; que le dict sieur roi oublye, de sa part, tout le maltallent qu'il pourvoict avoir pour les choses'naguères advenues, et qu'il recoipve indiflTéremment les dicts sieurs contes, seigneurs et geptilzhommes , et ses officiers tant présens que absens, en sa bonne grâce, leur départant ses faveurs et bon traictement accoustumé, asseurant le dict sieur d'Esneval, tant le dict sieur roy d'Escosse que les dicts contes et seigneurs , que sa dicte Majesté n'est mue à faire cette entreprise que de l'amitié qu'elle porte au dict sieur roy et à toute la nation Escossoise, de si longtemps lyée c^estroictes alliances avec les François; et puis entrera ledit sieur d'Esneval à prier et admonester les dicts contes, seigneurs et gentilzhommes, et aultres que besoing sera, à se monstrer aultant aflfectionnez envers sa dicte Ma-
jesté et la France , comme leurs prédécesseurs et eulx ont faict par le passé, avec asseurance qu'ilz n'auront et ne trouveront jamais ung plus ferme et solide appuy, que cestuy là, estant sa dicte Majesté très résolue d'entretenir et de ne se despartir jamais de Yamityé^ que ses prédécesseurs et elle ont^ de très longue et très heureuze mémoire^ avec les roys de la nation cTEscosse.
Et, génerallement, le dict sieur d'Esneval s'eflForcera par toutes bonnes démonstrations et officieulx debvoir d'amityé et bienveillance de la part de sa dicte Majesté, de remectre bien le dict sieur roy et les dicts contes et seigneurs d'Escosse ensemble , et les retenir en l'amityé de sa dicte Majesté et de son royaume, selon les antiens traictez d^ entre ces deux coronnes qui sesonttousjours très bien trouvées de lev/r liaison et commv/ne in-telligencCy et mesme le dict royaume d'Escosse, qui a assez de foys expérimenté et senty le fruict, utillité et conservation, qu'elle ne pouvoit attendre et espérer au milieu de ses plus grandz malayses et affligez affaires , ainsy qu'il est plus amplement desduîct par l'aultre instruction baillée au dict sieur d'Esneval, de laquelle il se servira, au reste, pour ce qu'il aura à faire en sa charge.
Faict à Paris, le xv* jour de décembre 1585.
Henry.
PiNART.
LETTRES DIPLOMATIQUES. 36i
LETTRE DE HENM III A M. D ESNEVAL.
30 janvier 1586.
ORIGINAL
(Les parties chiifrées dans l'original sont entre [ ] ).
Monsieur d*Esneval, le millord Hamilton * présent porteur, estant venu prendre congé de moy, sur l'occasion du veoyaige qu'il va faire par delà [où, à ce qu'il m'a faict entendre mon nepveu le roy d'Escosse , l'a mandé par lettres escriptes de sa main, sans que, par icelle, il en ait rien retenu ou retardé, pour ce qu'il sçait qu'il est catholique et serviteur de ma bonne seur la royne d'Escosse, sa mère], je luy ay faict toutes les bonnes démonstrations qu'il m'a esté possible de l'amityé ferme et sincère, que je porte à mon nepveu, le roy d'Escosse, son souverain, comme j'espère qu'il le luy tesmoignera, mais encores l'ay-je davantaige accompaigné de mes lettres que j'escriptz à mon dict nepveu , le roy d'Escosse, dont je vous envoyé le double, pour confirmation plus ample du désir et affection, que j'ay que nous continuions constamment en la bonne alliance, voisinance et intelligence qui a tousjours esté entre mes prédécesseurs et les siens. £n quoy, j'estime que le dict millord Claude Hamilton fera tous bons offices, selon la recommandation que je luy en ay faicte; [parce que je say que le millord AUebrocq, son frère, qui a, pour le présent, beaucoup de part près de mon nepveu le roy d'Escosse, peult grandement servir à cela, j'ay pensé qu'il est très bon de l'y dis-
1. Claude Hamilton était un des fils du duc de Ghâtellerault , ancien régent de d'Ecosse. Son frère , dont le nom est toujours altéré dans les lettres françaises, était J. Hamilton, lord d'Arbroath.
poser, et attirer le plus que faire se pourra, et, si vous trouvez qu'il y ait bonne inclination, vous lui ferez présent de ma part d'un anneau de cinq cens escuz, que je vous envoyé à cest effect, que vous luy présenterez, sans qu'il soyt sceu de personne, pour une souvenance de moy. Sy vous ne le trouviez de vollunté, et que l'anneau ne servist de rien, vous retiendrez devers vous le dict anneau, sans luy en faire présent, et vous ayderez du dict millord Hamilton en ce que vous verrez qu'il aura moyen de favoriser le bien de mes affaires et service par delà, qui n'est aultre que celuy mesme de mon nepveu, le roy d'Escosse, et de tout ce qui luy touche. J'ayfadct présent au dict mylord Claude de cinq cens escuz, pour luy ayder à fayre son voiage, affin de le rendre plus affectionné, en ce qu'il peult, pour vous assister en mon service par delà.]
Priant Dieu monsieiu' d'fisneval, vous avoir en sa saincte et digne garde. Escript à* Paris le pénultième jour de janvier 1586. [HENRY.
PINART
A la suite de cette lettre se trouve un billet chiffré dont voici la traduction :
[Je pensois envoler l'anneau mentionné en ceste lettre ; je ne Tay peu, pour ce que le prix n'en est encores faict. Par ainsy, n'en parlez point au millord Albrocque. Je ne veulx oublyer néangmoings de vous dire que j'ay faict bailler cinq cens escuz en or au dict milord Claude pour faire son voiage. Escript à Paris le pénultième jour de janvier 1586.]