AUTOGRAPHE
Monsieur, j'ai reçu vostre lettre de Dieppe et veu ce que m'avés mandé de là. Je suis très ayze que le capitaine, qui est là , face si bien son debvoyr, et vous prie faire en sorte que il soyt adyoué ; aultrement ne se fault plus soucier de rien et abandonner les affaires. Vostre homme, que vous aviés envoyé à Courcelles, est revenu de my-chemin , n'ayant sceu passer, et m'a raporté vostre pacquet, que j'ay aussitost envoyé à M. de Walsinghan pour le faire tenir, ne ayant aultre voye.
L'on ne parle encores icy que de ceste conjuration, et hier ilz en condamnèrent sept des principaux à mourir,> entre aultres Babington ; ce jourd'huy ilz en condamnent encore unze, et les doibvent tous faire mourir demain et après demain. La royne d'Ëscosse est fort chargé par eux , et sont encores Nau et Gurl prisonniers, qui ont confessé tout, comme aussi les lettres les ont convaincus. Ilz ont fort chargé Courcelles, et l'on m'a dict que la royne a despesché en diligence enEscosse, pour prier le roy de faire arrester le dict Courcelles prisonnier, chose que je ne croy pas que il face.
Duglas ^ est icy ambassadeur, et est certain que , par ung sien nepveu, l'on a envoyé au roy d'Ëscosse tout le procès de la royne sa mère, et la desposition de ces criminels, et vous o^seure que le respect du dict roy awra icy plus de powvoyr que celv/y de nostre maistre.