Archibald Douglas
Je n'ai nul moyen de advertir Courcelles , estantz les chemins si estroictement gardés que nul ne passe jusques à dix lieues d'icy. Au reste , je vous adjouzteray que ce guarson de Courcelles est icy il y a quinze jours, qui dict que il s'en va tous les jours en France, sans que Ton le puisse faire partir, s'excusant sur un passeport que il veult avoyr de M. de Walsinghan, disant que le mien ne luy peult servir, estant Angloys ; et, sur cela, ce jourd'huy il a esté veu de fort bon matin au logis de Duglas avec deux Ângloys , et scay pour certain que il est monté en sa chambre parler à luy, dont je ay esté fort testonné , et ay pensé de vous en advertir.
Nous sommes en plus mauvais predicament que jamais, estant toute cêste court fort troublée , avec Topinion que cecy n'est pas sans que les princes estrangers Tayent scèu et que nommément je suis de la partie, encores que par toutes les despositions des tesmoings et lettres il ne s'en trouve rien.
Quant aux déprédations, il ne se parle poinct d'en faire justice, de sorte que les pauvres merchandz s'en peuvent bien retourner, et, sur ce, je vous bayseray bien humblement les mains, priant Dieu, monsieur, que il vous doinct bonne et longue vie.
Vous voyés que ces gens auront trouvé occasion pour chasser de deçà Courcelles, à quelque prix que ce soyt.
Vostre très humble amy et allié , à vous faire service. De L'Aubespine-Chasteauneuf.
De Londres , ce xxiv« jour de septembre 1586.
S8« LETTRES %m/èytktmkii.
VtntCR DE H. DE L^AUBESPlNE-CHATEAUNfitJÏ' A M. D*ÉSNEVAL.
4 octobre 1586.
ORIGINAL
MonÂeur, je despesche encore ce porteur après vers le roi pour le faict de la royne d'Ëscosse, laquelle a, je vous asseure^ plus de besoing que jamais d'estre secourue et assistée de Sa Ma* jesté, et crains bien que le peu de soing que Ton a de delà des affaires d'Angleterre ayde bien à perdre caste pauvre princesse K Je vous prie de communicquer à ce porteur la mémoire que je vous baiUay, à Vostre parlement» à celle fin de l'instruire plus amplement , et voulloir de vostre part tenir la main, estant par delà à ce que nous puissUms remeUire k service du ray et ¥hon^ neur de nostre pays en quelque dignité.
Je vous ay adverty par le capitaine Pardin, comme le dict Courcelles estoit fort «nbrouiUé en ceste conjuratioii^ et que Ton dict icy que la royne d'Angleterre a envoyé exprès pour le demander au roy d'Escosse , ne pensant pas toutefois qu'il le voulust bailler ^; mais cela pourroit servir à le faire chasser. J'ay receu de luy des lettres dû m* de septembre , par lesquelles il me mande avoir receu celles que vous luy escrivistes d'icy. Son homme est encores icy, auquel j'ay commandé ce matin de s'en retourner le trouver» et luy ay faict donner cet argent à cest effect. J'ai adverty le dict Courcelles de ce que je vous ay mandé de son dict serviteur, et me remettant au dict porteur de vous dire plus au long des nouvelles de ces quar-