POLITIQUE DE CATHERINE DE HÉDIGIS
négociations matrimoniales, surtout l'intention de s'opposer à une alliance étroite entre Philippe II et les Guise , et au mariage de don Carlos et de Marie Stuart. L'habitude de Catherine de faire de ses filles les agents de sa politique, son esprit d'intrigue qui prend tous les masques, qui s'adresse à l'intérêt, à la religion, à la sensibilité même, en un mot la fécondité de ses ressources diplomatiques, se peignent dans cette lettre.
L'entrevue que sollicitait Catherine de Médicis n'eut pas lieu à cette époque ; mais le projet de mariage entre don Carlos et Marie fut abandonné ou du moins ajourné indéfiniment. Philippe II ne le trouva pas assez avantageux pour s'engager dans une lutte redoutable contre la France et l'Angleterre. En effet , Elisabeth s'était jointe à Catherine de Médicis pour rompre une négociation qui la menaçait encore plus directement ; elle fit déclarer à Marie Stuart que, si les Guise poursuivaient son mariage avec don Carlos, elle se servirait du roi de Navarre et du parti pro-^ testant en France pour s'y opposer *.
Ainsi, dès le commencement de cette histoire, nous voyons en présence les souverains qui dominent l'Europe, et, à côté de Philippe H, trois femmes, trois reines, rivales de puissance et diverses de caractère. L'une, nourrie dans les raffinements de la politique italienne, indifférente au bien et au mal, sans principes religieux , n'avait que le génie de l'intrigue. La seconde montra une volonté énergique, une prudence consommée, une ambition grande et profonde, trop souvent souillée par des actes de perfidie et de cruauté. Chez elle, les faiblesses de la femme ne nuisaient pas à là puissance de la reine, et, s'il arrivait à l'orgueilleux Leicester de faire le roi *, Elisabeth humiliait cruellement sa vanité. La troi-