‹ Marie Stuart et Catherine de Médicis: étude historique sur les relations deChapitre 56 sur 215 · MARIE STUART ÉPOUSE BOTHWELL · texte numérisé non relu

MARIE STUART ÉPOUSE BOTHWELL

à sa honte en épousant Thomme que la voix publique désignait comme l'assassin de Darnley. Il s'écoula à peine quelques mois entre le meurtre commis le 10 février 1667 et le mariage de Marie et de Bothwell, célébré le 15 mai de la môme année. Des écrivains du x?i* siècle favorables à Marie Stuart ont recours à un étrange moyen pour la justifier. Ils expliquent la passion insensée de la reine d'Ecosse par l'influence de la magie noire ^ qu'aurait employée Bothwell*.

Cette scandaleuse union fut énergiquement condamnée par la France. L'ambassadeur français en Ecosse, du Croc, parla avec force, protesta par son absence au moment du mariage, et refusa de reconnaître Bothwell pour époux de la reine". Marie ne tarda pas à expier sa faute, je devrais dire son crime. Deux jours après son mariage avec Bothwell, elle faisait éclater son désespoir et demandait « un couteau pour se tuer'. » Ses sujets marchèrent bientôt contre elle, précédés d'un étendard qui représentait son mari assassiné et son fils demandant vengeance. Prisonnière à Lochleven, elle fut contrainte de signer son abdication , pendant que Bothwell, fugitif, poursuivi et arrêté comme pirate, allait terminer son aventureuse carrière dans les cachots du Danemark. Marie ne s'échappa de Lochleven que pour changer de prison. Yaincue à Langside par des sujets

1. Corresp. diplom. de La Mothe-Fénelon, 1. 1, p. 20. «Le comte Boudouel l'y auroit induicte et contrainte par force d'enchantement et d'ensorcellement, comme il en sçaitle mestier, n'ayant faict plus grande profession, du temps qu'il estoit aux escolles , que de lire et estudier en la negromancie et magie deffendue. a> Un ms. du xvi* siècle» conservé à la bibl. de Munich, prouve que cette opinion était accréditée : « Neque hic silentio praetereun- « dum est quod plerique maxime veritati conforme referunt reginae animum « a Bothvellio magicis incantationibus delusum ad speciem illam matrimonii « pertractum fuisse, etc. » Bulletin der KœnigL Académie der Wissenchaften ; Mûnchen, 16 april 1845.

2. Lettre de du Croc au roi, 18 mai 1567» ap. liabanoff, Lettres de Marie Stuart, t. VII, p. 112.

Page 1