ANCIENNES RELATIONS
se plaisent souvent à rappeler, et qu'on serait tenté de regarder comme fabuleuse, est attestée par l'histoire. En effet, dès le temps de Charlemagne, il s'établit des relations d'amitié entre la France et l'Ecosse. Charlemagne exerçait sur ce pays un véritable protectorat , et les rois d'Ecosse, gagnés par sa munificence, s'appelaient euxmêmes ses sujets et ses esclaves. « Il existe encore, dit Ëginhard , des lettres de ces princes à Charlemagne ; ils lui témoignent leurs sentiments de respect et de soumission , lui donnant le nom de maître , et prenant eux-mêmes ceux de sujets et d'esclaves*. » Les écrivains anglais et écossais, même ceux qui sont le plus hostiles à la France, n'ont point contesté l'ancienneté de cette alliance. L'Écossais Buchanan est d'accord sur ce point avec l'Anglais Cambden*.
Dès le xiii* siècle, un traité authentique, qui nous est parvenu, consacra l'union des deux nations française et écossaise'. A l'époque où Edouard I", abusant de sa puissance, menaçait l'Ecosse d'une redoutable invasion, John Baliol , roi d'Ecosse, conclut avec Philippe le Bel une alliance offensive et défensive. L'amitié des deux pays devint en-
1. <c Scotorum reges sic habuit ad suam yoluntatem per suam munifi- « centiam inclinatos , ut eum nunquam aliter nisi dominum seque subditos a ac servos ejus pronunciarent. Eztant epistolae ab eis ad illum missœ , « quibas hujusmodi affectus erga illum indicatur. » Einhardi vita Karoli Magni, ap. Bcr. gall. et fr. script., t. V, p. 95.
Le poète saxon , qui a raconté les guerres de Charlemagne , confinne le témoignage d'Eginhard :
a Scotorum reges ipsum dominum Yocitabant , « Ac se subjectos ipsius et famulos. »
Poeta saxo, ap. Rer. gall. et fr. script., t V, p. 177.
2. « Âb Achaico (ann. 787) inter Scotos et Francos inita est amicitia. » Buchanani Rer. scotic, Ub. V, p. 150; edit. Traj. ad Rhenum, 1697.— « Nationem scoticam , cujus inconcussa fides in gallico fœdere obser?ando oc jam inde a Caroli Magni temporibus universo orbi est testatissima. • Catnbdeni Hist. Elig., pars II, p. 179; éd. de 1636. Je me servirai toujours de ces éditions des ouvrages de Buchanan et de Cambden.
3. Dumont, Corps diplomatiqw, t. I, p. 294 et suiv. Ce traité fut signé en 1295.