CHAPITRE V
Changement dans les dispositions de la France pour Marie Stuart. — La Mothe-Fénelon. — Projets de TEspagne ; refus de la France de s*y associer. — Complot tramé par Ridolfi, Chiapino Vitelli, le duc d'Aibe, Norfolk, etc.; il est découvert; supplice de Norfolk. — Traité de Blois entre la France etrAngleterre(1572); efforts de l'Espagne pour le rompre ; triste situation de Marie Stuart ; ambassade de La Châtre; confirmation du traité de Blois (avril 1575).
Œ On plaint à présent la reine d'Ecosse , dont naguère Ton tenait peu de compte , » écrit de France, en 1569 , l'ambassadeur vénitien J. Gorrero *. L'intérêt et la pitié parlaient en faveur de Marie Stuart. Les politiques calculaient les funestes résultats de la rupture de Talliance écossaise. On se rappelait que ce pays « avait souvent fait une utile diversion aux forces des Anglais qui allaient fondre sur la France , qu'il était riche en hommes et pouvait armer de vingt-cinq à trente mille soldats qui servaient à leurs frais , gens robustes, farouches et cruels, qui trempaient volontiers leurs mains dans le sang*. » D'ailleurs , beaucoup en France doutaient de la culpabilité de Marie. Les crimes qu'on lui imputait n'étaient-ils pas une invention de la haine anglaise , une calomnie des huguenots ? Vers cette époque , Danzay , ambassadeur de France en Danemark, envoya à la cour le
1. Relation de J. Gorrero (1569)» dans le tome H, p, 181, des Relations des ambcusadewrs vénitiens.