‹ Marie Stuart et Catherine de Médicis: étude historique sur les relations deChapitre 64 sur 215 · Ibidem · texte numérisé non relu

Ibidem

daient de protéger cette reine * ; il le fit avec un dévouement qui excita parfois les soupçons et la colère d'Elisabeth. « En ce qui concerne les affaires de la reine d'Ecosse, écrivait-il à Catherine de Médicis% vous savez, madame, combien j'ai toujours estimé importer à la grandeur du roi et à la vôtre, et à la réputation de votre couronne qu'elle ne fût abandonnée de Vos Majestés en cette sienne fortune. > Il trouva un auxiliaire plus dangereux qu'utile dans l'ambassadeur d'Espagne , don Gueraldo de Espès. Ce dernier était arrivé en Angleterre vers le même temps que La Mothe- Pénelon' et s'occupait aussi de la délivrance de Marie Stuart. Mais il songeait encore plus à affaiblir l'Angleterre et à étendre la puissance de Philippe IL II proposait à la France un vaste blocus commercial qui eût paralysé l'industrie anglaise en lui fermant les ports de la France , de l'Espagne et de la Flandre *. Une pareille mesure devait , selon Gueraldo de Espès , provoquer un soulèvement contre Elisabeth, la renverser du trône, et y élever Marie Stuart. Un envoyé du pape , le Florentin Ridolfi , appuyait le plan de l'Espagne et agitait le parti catholique , encore nombreux et puissant en Angleterre. Norfolk , Northumberland , Derby , Pembroke , Lumley , Arundel , les chefs de l'aristocratie anglaise , paraissaient disposés à seconder ce mouvement. Le duc d'Albe, qui venait de comprimer la révolte des Pays-Bas et qui les avait épouvantés par de sanglantes exécutions, le duc d'Albe promettait son armée et son nom.

La France ne se soucia pas d'élever la puissance de Philippe II aux dépens de celle d'Elisabeth. Elle était enveloppée d'intrigues espagnoles; livrer l'Angleterre à Philippe II, c'était lui livrer la monarchie universelle. Gueraldo

1 Correspondance diplomatique de La Mothe-FéneUm ^ 1. 1, p. 33.

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