Corresp. dipîom. de LaMothe-Fénelon, 1. 1, p. 10, 1i
CONSPIRATION ESPAGNOLE (i»70.!571). 59
de Espès, ne voyant pas d*espérance du côté de la France, ne songea plus qu*à stimuler Marie et ses partisans'. La reine d'Ecosse était toujours puissante par sa beauté et ses malheurs , et, du fond de sa prison , elle suscitait de dangereux ennemis à sa rivale. Presque tous ceux qui l'approchaient subissaient la séduction de son esprit et de ses charmes. Ainsi , un des plus grands seigneurs d'Angleterre, le duc de Norfolk, de la famille des Howard, chargé par Elisabeth d'entendre Marie et ses accusateurs, s'éprit pour la reine d'Ecosse d'une ardente passion, et se précipita en aveugle dans le complot tramé par la ligue espagnole*. Mais les papiers d'un des conspirateurs furent saisis, et une partie de la conjuration découverte. Les comtes de Northumberland et de Westmoreland, qui avaient pris les armes, furent accablés par les lieutenants d'Elisabeth (décembre 1669) et réduits à chercher un asile en Ecosse et en France ; Norfolk fut enfermé à la Tour, et la captivité de Marie devint plus rigoureuse.
Cependant les ministres anglais ne connaissaient qu'une partie du complot , et bientôt Norfolk fut relâché faute de preuves. Il reprit immédiatement ses négociations avec la faction espagnole. Ridolfi fut l'agent le plus actif de toutes ces intrigues. Marie Stuart et Norfolk lui remirent des instructions détaillées' : il devait se rendre près du duc d'Albe, puis en Italie, où Pie V et le duc de Savoie favorisaient la ligue contre l'Angleterre, enfin en Espagne, où était l'âme et la force du parti. On arrêta un plan d'invasion et de conquête de l'Angleterre. Quant à la France, on lui cachait avec soin des projets qui auraient éveillé ses inquiétudes *. Tout parut d'abord réussir aux conjurés. Ridolfi , après avoir parcouru
1. Toutes les négociations de Marie Stuart avec l'Espagne sont analysées dans le tome VII des Mémoires de VA endémie d'histoire de Madrid , p. 340-37 1 .
2. Voy. dans les Lettres de Marie Stuart, sa correspondance avec Norfolk, t. II, p. 344, 368 -, t. III, p. 4, 11, 18, 31 , 35, 36 , 47, 61, et le Mémoire de Norfolk, t. III, p. 234.
3. Lettres de Marie Stuart, t. III, p. 221 et 234. k. Ibidem, p. 227,229,246.