CONSPIRATION ESPAGNOLE
les Pays-Bas et Tltalie, arriva à Madrid le 3 juillet 1571 *. Il communiqua ses instructions au secrétaire d'État Zayas , et fut admis à développer les projets des conjurés devant une commission composée du duc de Feria, de Ferdinand de Tolède , de Martin Velasco , du prince d'Eboli et du cardinal archevêque de Tolède , inquisiteur général. Ridolfi affirma que toutes les mesures étaient prises pour l'assassinat d'Elisabeth. On devait profiter d'une visite qu'elle ferait à des seigneurs anglais ; Chiapino Vitelli , envoyé du duc d'Albe , se chargeait de lui porter les premiers coups; les principaux ministres d'Elisabeth , Cecil , Leicester , Northampton , périraient avec elle. En même temps, le duc d'Albe débarquerait à la tête d'une armée sur les côtes d'Angleterre , et placerait Marie Stuart sur le trône. Les gardiens de la reine d'Ecosse étaient déjà gagnés ; on pouvait compter sur leur dévouement à la cause catholique". Le conseil de Philippe II se partagea : les uns voulaient tenter l'entreprise; d'autres, se borner à quelques secours pécuniaires. Le roi d'Espagne renvoya la décision au duc d'Albe , qui ne fut pas d'avis de s'engager dans une expédition aussi dangereuse '. Ainsi , le gouvernement espagnol , après avoir compromis Marie Stuart et le parti cathoUque d'Angleterre, les abandonnait à la vengeance d'Elisabeth.
Elle ne se fit pas attendre, et elle fut sanglante. Au moment même où Ridolfi développait ses plans devant le conseil d'Espagne, les agents de Norfolk en Angleterre étaient arrêtés (juillet 1571); l'ambassadeur espagnol, Gueraldo deEspès, était chassé de Londres*; Norfolk enfermé à la Tour, et Marie placée sous le coup d'une accusation capitale*. Élisa-
1. Mémoires de l'Académie d^ histoire de Madrid ^ t. VII, p. 360 et suir.
2. Tous ces détails sont tirés des dépêches des ambassadeurs espagnols analysées par Thomas Gronzalës; Mémoires de V Académie d'histoire de Jfadnd, t. VII, p. 361-362.