ALLIANCE DE LA FRANCE ET DE L'ANGLETERRE
beth se hâta d'envoyer en France Thomas Smith pour porter à Catherine de Médicis et à Charles IX les preuves authentiques du complot et surtout les dépêches où Marie Stuart témoignait une défiance injurieuse pour la France*. Ces témoignages étaient irrécusables, et Catherine de Médicis s'en arma pom* abandonner la cause de la reine d'Ecosse, se rapprocher de l'Angleterre et opposer une alliance étroite avec ce pays à la politique envahissante de Philippe IL On ne peut nier que les succès du duc d'Albe dans les Pays-Bas, l'asservissement ou l'expulsion des Maures de Grenade , la victoire de Lépante, les conquêtes sur les côtes d'Afrique ne donnassent une attitude chaque jour plus menaçante à la monarchie espagnole. L'union de la France et de l'Angleterre semblait seule pouvoir en arrêter les progrès. Ces deux Puissances se rapprochèrent, et on négocia un projet de mariage entre Elisabeth et le duc d'Anjou*; une ambassade solennelle , où figuraient Montmorency et Paul de Foix , se rendit à Londres*. Le mariage n'eut pas lieu , mais un traité d'alliance fut signé à Blois, entre la France et l'Angleterre (29 avril 1572). On n'y faisait aucune mention de Marie Stuart. La reine délaissée se plaignit avec amertume *; elle prétendit, non sans vraisemblance, que l'unique but d'Elisabeth était de tromper la France et d'endormir sa vigilance pendant qu'elle s'emparerait de l'Ecosse"; enfin elle demanda avec instance à être comprise dans le traité'. Les ambassadeurs français firent en sa faveur de timides réclamations. Cecil les repoussa durement', et, au lieu d'alléger la
1. H. Fréd. de Raumer {Beytrœge %ur neueren GeschtcMe^ erster theil, p. 280) a analysé, d'après les manuscrits du British Muséum, les accusations portées à la cour de France contre Marie Stuart.
2. Correspondance diplomatique de La Mothe-Fénelon^i. IV, p. 355 et suiv.
3. Additions aux Mémoires de Castelnau^ par Le Laboureur, t. I, p. 677 et suiv. ; édit. de 1660.
, 4. Lettres de Ma/rie Stuart, t. UI, p. 182, 204, 207, 234, etc.