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Additions aux Mémoires de Caslelnau, t. I, p

62 MARIE STUART DÉLAISSÉE (i572).

captivité de Marie Stuart, ces démarches ne servirent qu'à la confirmer et à la rendre plus triste pour la prisonnière.

A cette époque, la politique anglaise, tratnant la France à sa suite , se vengeait de TËspagne. Elle soulevait la Zélande et la Hollande contre Philippe II \ et fournissait à la maison de Nassau des secours pour envahir le Hainaut (avril et mai 1672); Norfolk payait de sa tête sa participation aux complots de la faction espagnole (12 juin) , et le parlement d'Angleterre demandait la mort de Marie Stuart. Les armées françaises se réunissaient sur la frontière de Belgique; Goligny se préparait à les conduire dans les Pays-Bas, et semblait le conseiller intime de Charles IX. En présence de ce danger , la politique de Philippe II eut pour auxiliaire le fanatisme. Le massacre de la Saint-Barthélémy rompit momentanément la ligue de la France et de l'Angleterre. G*est ce que disent formellement les dépêches espagnoles (septembre 1572) : « Le massacre de Paris et la défaite du prince d'Orange par le duc d'Albe ont déconcerté les plans d'Elisabeth et arrêté les résultats de sa fameuse ligue avec la France*. » Le cardinal Granvelle parle dan^ le même sens dans une lettre qu'il adresse à un de ses confidents en recevant la nouvelle de la Saint^Barthélemy : « Adieu maintenant la ligue avec l'Angleterre. »

Ce fut surtout en cette circonstance que l'on vit la versatilité de la politique de Catherine de Médicis. Entraînée au crime de la Saint-Barthélémy par un parti dont elle connaissait et redoutait l'ambition, elle parut d'abord s'en réjouir, comme s'il l'eût délivrée d'un danger. Elle voulut même se faire un mérite du massacre auprès de Philippe II. Elle lui écrivait, le 25 août 1672' : « Monsieur

1 . Dépêches analysées par Thomas Gonzalës , Mémoires de V Académie de Madrid, t. VII, p. 372.

2. < La posterior mortandad en Paris y la derrota del principe del Orange ce por el duque de Âlba deconcertaron todos los planes del gabinete de Isabel « é impedieron que se realizase su famosa liga con Francia.» Ibid. , p. 374.

3* Archives de l'empire, Papiers de Simancas , cot. B 34, n<* 144.

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