ANCIENNES RELATIONS
Les désastres des règnes de Charles VI et Charles VII furent une épreuve cruelle et décisive pour l'alliance écossaise ; elle y résista. Les Écossais eurent leur part des revers de la France aux journées de Verneuil et de Rouvray. Ce fut en vain que les Anglais, pour rompre l'union entre les deux peuples, imposèrent à Jacques I", tombé entre leurs mains , la promesse de cesser toutes relations avec la France, comme principale condition de sa liberté. Telle était la sympathie de l'Ecosse pour la France, telle la communauté d'intérêts entre les deux pays, que le roi d'Ecosse ne tarda pas à se soustraire au joug que les Anglais avaient voulu lui imposer. Dès 1428, il conclut avec Charles VII un nouveau traité *, par lequel on stipulait le mariage du dauphin Louis, encore au berceau , avec une fille du roi d'Ecosse, qui fut la spirituelle Marguerite, si connue par son enthousiasme pour le poète Alain Chartier,
La guerre des Roses qui, dans la seconde moitié du XV* siècle, déchira l'Angleterre et annula son influence extérieure, rendit l'alliance écossaise moins importante pour la France. Charles VIII et Louis XII , tout occupés des expéditions d'Italie, n'entretinrent pas avec le même soin que leurs prédécesseurs l'union entre la France et l'Ecosse. L'Angleterre en profita pour négocier un mariage entre Jacques IV, roi d'Ecosse, et une fille de Henri VII (1500). Ce mariage devait un jour donner auxStuarts le trône d'Angleterre; mais il s'écoula plus d'un siècle avant que Jacques VI remplaçât Elisabeth ; et, pendant cet intervalle, la France ne cessa de lutter, souvent avec avantage, contre l'influence anglaise en Ecosse. Ainsi, en 1513, les malheurs de Louis XII réveillèrent dans le cœur des Écossais la sympathie pour leurs anciens alliés, et Jacques IV, touché de la confiance d'Anne de Bretagne, qui lui avait envoyé son anneau, déclara la guerre à l'Angleterre et en ravagea les frontières septentrionales '.
1. Ap. Dumont, Corps diplomatique, t. II, IP partie, p. 224. 3. Buchanani Rer. scotic, , lib. XIII , p. 428-429.