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DE LA FRANGE ET DE L*ÉGOSSE

Mais la brillante et téméraire valeur du roi d'Ecosse lui coûta la vie dans les plaines de Plowden.

Le parti anglais prévalut alors en Ecosse : le jeune roi Jacques V était mineur, et la régence fut déférée à sa mère l'Anglaise Marguerite, sœur de Henri VIII. Mais la majorité des seigneurs écossais préférait la vieille et loyale alliance de la France à une amitié nouvelle et suspecte. D'ailleurs la main d'une femme n'était pas assez ferme pour contenir les passions violentes de la noblesse écossaise. François !•' profita des dispositions favorables d'une partie de la nation, et envoya en Ecosse un oncle de Jacques V, Jean, duc d'Albany, élevé en France, et tout dévoué aux intérêts de ce pays. Le duc d'Albany enleva la régence à l'Anglaise Marguerite, et, après avoir rétabli l'ordre en Ecosse, il revint en France, pour confirmer , par un traité solennel , l'alliance des deux royaumes. Les conférences eurent lieu à Rouen entre le régent d'Ecosse et Charles , duc d'Alençon , plénipotentiaire de François P' ; elles aboutirent au traité de Rouen, signé le 15 août 1517. Comme les négociateurs invoquent souvent ce traité dans les pièces diplomatiques et que le texte n'en a pas été publié, du moins à ma connaissance*, j'ai cru qu'il ne serait pas inutile de reproduire ici la copie que j'ai trouvée dans les archives de la famille d'Esneval :

« Nous, Charles, duc d'Alençon, pair de France, lieutenant général de monseigneur le roi et gouverneur en ses pays et duchés de Bretagne et de Normandie , comtés d'Armagnac , du Perche, Rodez, Fézenzac, etc., ayant pouvoir de Monseigneur; et Jean, duc d'Albanie, comte de la Marche, etc., tuteur naturel et légitime de très-haut et très-puissant prince le roi d'Ecosse, régent et gouverneur de son royaume,

1. J'ai vainement cherché le texte du traité de Rouen dans les recueils diplomatiques de Dumont, Kymer et Léonard. Il n'est pas même indiqué dans les histoires d'Ecosse de Buchanan, Robertson et P. F. Tytler. L'omission est surtout étrange dans l'ouvrage savant et approfondi de P. F. Tytler, et elle ne peut s'expliquer que par la lacune que présentent sur ce point toutes les collections de traités.

6 TRAITÉ DE ROUEN (iS^J.

ayant pouvoir suffisant et exprès du parlement et états du dit pays : Comme, par concorde, union, fraternelle alliance des rois et princes, leurs personnes sujettes, pays, terres et seigneuries aient été gardées et préservées de toutes oppressions, guerres et vexations indues, et leurs États, augmentés, accrus et enrichis, et aient donné crainte et empêché que le sinistre et mauvais vouloir de ceux qui les ont voulu grever, invader et offenser par guerres ou autrement induement n'ait sorti effet ;

« A cette cause, nous, à Thonneur et louange de Dieu notre créateur, de sa glorieuse mère et de toute la cour célestielle de paradis et pour le bien et utilité de la chrétienté, considérant les alliances, amitiés et confédérations, qui ont été , par cî-devant , entre feus , de bonne mémoire, les progéniteurs et ancêtres rois de France, d'une part, et feus, de bonne mémoire, les rois d'Ecosse d'autre, et le bien, profit et utilité, qui s'en est suivi à la conservation et entretenement de leurs royaumes , et aussi ayant égard à l'entière et très -cordiale amour et affection que le roi mon dit seigneur a toujours portée et porte à très-haut et très-puissant prince le roi d'Ecosse , avons par ensemble ce jourd'hui traité, conclu, arrêté, convenu et accordé pour les dits rois , leurs hoirs et successeurs , royaumes , pays, terres et seigneuries et sujets, les chapitres et articles qui s'ensuivent :

«« Et premièrement, les dits sieurs rois, étant bons, vrais et loyaux frères, amis, alliés et confédérés, sans fraude, pour la garde, tuition et défense de leurs États , royaumes , pays, terres, seigneuries et sujets, s'entr'aimeront, chériront et garderont en toute loyauté , sincère et cordiale amour, et de tout leur pouvoir, la vie, l'honneur et l'État l'un de l'autre, sans fraude ni machination quelconque, et ne favoriseront ni soutiendront quelque personne que ce soit l'un à rencontre de l'autre, et ne donneront passage, aide, faveur, assistance ou recueil dans leurs royaumes, pays et seigneu-

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