CHAPITRE Vn
Relations de Marie Stuart avec le parti espagnol et don Juan d'Autriche (1577-1578). — Son testament en faveur de Philippe IL — Puissance redoutable du roi d'Espagne (1577-1580). — Nécessité pour la France et l'Angleterre de s'opposer à ses vues ambitieuses. — Négociations. — Projet de mariage entre Elisabeth et le duc d'Alençon. — Caractère de ce prince. — Le mariage est rompu ; chagrin de Catherine de Médicis. — Politique de Castelnau à l'égard de l'Ecosse; le parti français s'y relève (1581-1582). — Marie Stuart se rapproche de la France.
Marie Stuart , abandonnée par Catherine de Médicis , reprochait à la reine mère une duplicité qu'elle combattait avec les mêmes armes. « Encore que je n'aie rien espéré de meilleur d'elle, écrivait-elle à son ambassadeur, l'archevêque de Glascow', il m'a toujours semblé très-bon de l'entretenir pour m'en aider à mon besoin de ce que j'en pourrois tirer. » Et ailleurs : « Je connois de longtemps le peu de bien que la reine mère nous veut à tous, si ce n'est pour son avantage et commodité particulière, qui est le but de tous ses desseins*. « Elle accusait Catherine de la livrer à la haine d'Elisabeth. « Cette reine (Elisabeth) est aussi envenimée qu'elle fut jamais contre moi, sans que j'en puisse savoir au vrai l'occasion, et pense que, sans le consentement et couverte assurance de l'autre (Catherine), elle n'entreprendroit si résolument de me traiter de cette façon*. » Aigrie par une longue captivité,