‹ Marie Stuart et Catherine de Médicis: étude historique sur les relations deChapitre 82 sur 215 · MARIE STUART ET DON JUAN D'AUTRICHE · texte numérisé non relu

MARIE STUART ET DON JUAN D'AUTRICHE

blessée de l'abandon de la France, Marie Stuart se livra de plus en plus à la faction espagnole. Don Juan d'Autriche venait d'arriver dans les Pays-Bas, précédé d'une immense réputation. Le vainqueur de Grenade, de Lépante et de Tunis faisait trembler l'Angleterre protestante S et relevait le cœur des catholiques anglais et écossais. Marie Stuart vit en lui un vengeur, un époux peut-être*. Elle rédigea, en février 1677, un testament où elle écrivit, de sa main, qu'elle transmettait au roi d'Espagne tous ses droits sur les couronnes d'Angleterre et d'Ecosse , si son fils n'embrassait pas la religion catholique'. Mais bientôt les espérances que Marie Stuart avait fondées sur don Juan s'évanouirent. Le fils de Charles-Quint avait trouvé un rival redoutable dans <luillaume le Taciturne, « esprit fier, profond, d'une intrépidité opiniâtre, qui s'irritait par les difficultés*. » Des revers imprévus et une mort prématurée trompèrent l'attente de la faction espagnole. Les politiques du parti, les Guise , comprirent qu'il fallait attendre et ajournèrent les projets d'un zèle aveugle et téméraire'. On les accusa de tiédeur et d'indifférence. Le général des Jésuites eût voulu qu'on envahît immédiatement l'Angleterre', et le représentant de Marie Stuart à Paris, l'archevêque de Giascow stimulait cette ardeur insensée"', qui n'était redoutable que pour la reine d'Ecosse et ses partisans. Mais leurs plaintes et leurs exhortations ne furent pas écoutées. Le pape même recula. « Encore qu'en apparence il démontre, écrivait Marie à l'archevêque de 61ascow% promettre veiller sur

1 , Lettres de Marie Stuart , t. IV , p. 346.

2. Ibidem, p. 347 , et surtout 363. — Cambden, Bist. d'Élis. , p. 281. — Mignet, Antonio Ferez et Phil. IJ, p. 29, 69, 105, 106.

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