‹ Marie Stuart et Catherine de Médicis: étude historique sur les relations deChapitre 90 sur 215 · SITUATION DE L'ECOSSE · texte numérisé non relu

SITUATION DE L'ECOSSE

L'Ecosse avait toujours occupé Castelnau depuis son arrivée en Angleterre ; mais tant qu'il fallut ménager Elisabeth et les espérances d'un mariage que Catherine de Médicis poursuivait avec tant d'ardeur , il ne se mêla qu'avec une prudente discrétion des affaires de ce pays , et « fit les choses, comme il le dit lui-même ', avec la moindre jalousie et défiance qu'il fut possible. » Cependant il ne cessa d'avoir l'œil ouvert sur FÉcosse pour profiter de la haine qu'excitait Morton , et de la faveur qui commençait à entourer un jeune Écossais élevé en France *. Esmé Stuart d'Aubigny s'empara

rait sous quelle influence il a écrit. Ses Mémoires fourniraient pour la solution des renseignements précis. Ainsi, au livre III", Castelnau parle accidentellement de l'ambassade envoyée en Angleterre pour le mariage du duc d'Alençon en 1581 , et il ajoute que «la Reine tient encore la chrétienté en attente de ce qu'elle veut faire. » Ce passage a dû être écrit avant la fin de 1582 , où les négociations matrimoniales furent abandonnées. Au livre V*, après avoir déploré les malheurs des guerres civiles, il termine par ces mots : oc Quand nous serons si malheureux que d'y rentrer, comme nous en suivons le chemin. » La guerre civile recommença en 1585; c'est donc ayant cette époque que les livres IV' et V« ont dû être composés. Quant au livre VII* et dernier, il est probable qu'il l'écrivit après son retour en France. Déjà , à la fin du VI% il parle incidemment du traité de Nemours qui lui enleva le gouvernement de Saint-Dizier (juillet 1585). Le mois suivant , il revint en France, trouva ce royaume en proie à la guerre , et, si je ne me trompe, le VII* livre se ressent des préoccupations de l'auteur. Le récit a moins d'intérêt ; l'historien s'efface et semble découragé. L'ouvrage s'arrête à la paix de Saint-Germain , quoique Castelnau eût annoncé plusieurs fois l'intention de donner un VHP livre et de raconter la fin du règne de- Charles IX et le règne de Henri III. Je ne puis admettre avec Le Laboureur qu'il recula devant le récit de la Saint-Barthélémy ; mais parvenu à l'âge de soixante-six ans, ruiné par la Ligue, forcé de reprendre les armes et de servir jusqu'à sa mort (1592) , il ne trouva plus de loisirs pour continuer l'ouvrage qu'il avait destiné à l'instruction de son fils. On excusera , je l'espère , cette digression nécessaire pour prouver que Castelnau composa réellement la plus grande partie de ses Mémoires au moment où il suivait avec tant d'activité et de persévérance les négociations diplomatiques.

1. Lettre de Michel de Castelnau en date du 26 juillet 1582. Voy. Pièces justificatives.

2. La correspondance de Henri IH avec l'ambassadeur prouve avec quel soin Castelnau veillait aux affaires d'Ecosse. Voy. Bibl. imp., ms., f. Béthune. n-SSlO. fol. 2 verso, lettre du roi à Castelnau (12 janvier 1680) : « Ayant veu par vostre lettre ce que m'escripviez des nouvelles d'Ëscosse... ; » fulio 29 recto : « Ayant veu par icelles (lettres) Testât des affaires d'Ëscosse où le conte de Morton est traité comme il mérite, vous me ferez service très-

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