PUISSANCE DU COMTE DE LENNOX
de la confiance de Jacques VI, dépouilla Morton du pouvoir, et fut créé comte de Lennox. Elisabeth voulut lui opposer un autre favori, Stuart d'Ochiltree. Mais cet Écossais , après avoir pris l'argent des Anglais , s'entendit avec Lennox , et les deux favoris unirent leurs efforts pour perdre Morton. Le chef du parti anglais fut accusé du meurtre de Darnley. A cette nouvelle , Elisabeth s'inquiéta ; elle envoya en Ecosse Thomas Randolph *, et fit avancer une armée sur la frontière de ce royaume. Mais Castelnau parla avec fermeté •, rappela le traité d'Edimbourg, qui défendait toute intervention en Ecosse , et réussit à paralyser les dispositions menaçantes d'Éhsabeth. La tête de Morton tomba, et Lennox continua de régner sous le nom de Jacques VL Ainsi s'accomplit une révolution qui , pour quelque temps , rendit à la France le protectorat de l'Ecosse.
Marie Stuart n'avait eu aucune part à ce changement ; elle avait longtemps refusé d'approuver la conduite de Lennox. Ses lettres attestent qu'il agissait sans elle*, malgré elle*. Lennox calviniste , au moins en apparence , et partisan de la royauté de Jacques VI, choquait les principes religieux et politiques de Marie Stuart. Mais lorsque enfin des expériences multipliées eurent ouvert les yeux de cette reine , lorsque, trois fois compromise et abandonnée par l'Espagne, elle reconnut que Philippe II ne songeait qu'à sa grandeur, elle se rapprocha de Castelnau avec une confiance dont il se montra digne. Tous deux avaient perdu une partie de leurs illusions : l'un, l'espérance d'une alliance étroite et sincère
agréable de continuer à avoir Tœil ouvert de ce costé-là le plus soigneusement qu'il vous sera possible et n'y obmectez rien de ce que penserez que sera à propos pour le bien de mon service. » Voy. plus haut, p. 72-73.