‹ Marie Stuart et Catherine de Médicis: étude historique sur les relations deChapitre 98 sur 215 · INTRIGUES D*ËLISABETH EN ECOSSE · texte numérisé non relu

INTRIGUES D*ËLISABETH EN ECOSSE

soumettre TÉcosse, si elle lui donnait les moyens d'y rentrer. « Soutenu par la voix des ministres , il mettroit toutes choses à l'extrémité des armes et de la guerre. Mais il falloit que la reine d'Angleterre lui tînt épaule et lui donnât faveur et avoir, selon qu'il en auroit besoin*. » Gastelnau avertissait Lennox et Henri III de toutes ces intrigues. D montrait les conséquences d'une révolution en Ecosse , le danger du jeune roi et de sa mère; il s'efforçait de stimuler l'apathie d'un gouvernement efféminé : « Il importe à V. M., répétait-il sans cesse h Henri IIP, de conserver cette aUiance d'Ecosse qui a toujours été la bride pour l'Angleterre. » A ces instances réitérées de l'ambassadeur, que répondait la cour de France? quelques phrases banales : « Faites toujours ce que vous pourrez pour le bien du service de ce côté-là'.... Il sera bon que vous essayiez, par le moyen d'Archibald Douglas*, de préparer et ouvrir une négociation en Ecosse et de moyenner la réconciliation des divisions qui y sont. »

Voilà toutes les ressources du gouvernement français au moment où Elisabeth enveloppait Jacques VI de ses perfides menées. Déjà les Écossais rebelles appuyés par l'Angleterre s'étaient avancés jusqu'à la frontière et apportaient la guerre civile, lorsqu'un guet-apens la rendit inutile. Le 28 août 1582, le comte de Ruthven attira dans son château le jeune roi. Aussitôt les chefs de la faction anglaise, Marr, Lindesay, Glencaim et leurs complices, occupèrent le château les armes à la main et firent Jacques VI prisonnier *. Lennox, alors à Edimbourg, n'eut que le temps de se réfu-

1. Voy. aux Pièces jwtificatives ^ la lettre de Michel de Castelnau en date du 26 juillet 1582.

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