‹ Marie Stuart et Catherine de Médicis: étude historique sur les relations deChapitre 99 sur 215 · Ihidem · texte numérisé non relu

Ihidem

3. Ms. de la Bibl. imp., f. Béthune, n° 8810; lettre du 5 septembre 1582.

4. Il y a dans le texte Archiac Donglas, altération évidente du nom d'Archibald Douglas. Cet Écossais , alors banni comme complice de l'assassinat de Darnley , a joué plus tard un rôle important.

5. Camhdeni Hist. Eliz., pars III, p. 352. — Cf. P. F. Tytler, t. VIII, p. 109, 110, et Mignet, Hist. de Marie Stmrt , t, II, p. 247.

ATTENTAT DE RUTUVEN (1582). 98

gier au château de Dumbarton ; Arran fut jeté en prison. Une assemblée de nobles écossais se tint à Stirling (12 septembre), quelques jours après l'attentat de Ruthven, et félicita le roi d'être délivré de ses favoris. Puis les ministres protestants, réunis en synode (13 (23) octobre) , proclamèrent ce guet-apens un service rendu à la patrie. Enfin, le parlement d'Ecosse, s'étant rassemblé quelques jours plus tard ( 19 (29) octobre) , reçut une requête de Ruthven , de Marr et Glencairn qui exposaient les motifs de leur conduite et demandaient l'approbation de l'assemblée. Elle leur fut accordée, ainsi qu'à tous leurs complices^ dans les termes les plus positifs et les plus honorables. « Ils n'avoient rien fait, disait le parlement S que ce que le devoir commandoit à tous les bons et loyaux sujets de S. M., et, à plus forte raison, à ceux qui étoient de son conseil. » Ainsi, la révolution était accomplie, et le triomphe de la faction anglaise assuré.

Lennox, qui se maintint pendant plusieurs mois dans Dumbarton, publia vainement une apologie de sa conduite et une attaque contre les auteurs de l'attentat». Marie, abattue par ce nouveau malheur, s'épuisait en plaintes éloquentes , mais stériles •. Henri III se réveilla à peine de son assoupissement. Il écrivit à Castelnau une lettre assez molle pour se plaindre de l'attentat de Ruthven*; il annonçait en même temps l'intention d'envoyer une ambassade

1. Cette déclaration des états d'Ecosse est tirée des archives de la famille d'Esneval. Les historiens d'Ecosse et même P. F. Tytler n'en font pas mention.

2. Cette apologie de Lennox se trouve dans le ms. de la Bibl. imp. , f. Béthune, n° 8811 , fol. 87 et 88 ; elle porte la date du 22 sept. 1582.

3. Lettres de Marie Stuart^ t. V, p. 318-338; la longue lettre du 8 nov. 1582 , adressée à Elisabeth , est une des plus belles de Marie Stuart. U faudrait la citer en entier.

4. Ms, de la BibL imp., f. Béthune, n° 8810 : « Monsieur de Mauvissière , c'est une très maulvaise chose de veoir que les subjectz d'un royauhne se saisissent de leur prince , comme il est advenu en Ecosse, etc..» Toute la lettre est de ce ton. Voy. encore dans le même manuscrit les lettres du 28 octobre et de novembre 1582. Elles annoncent le départ prochain de La Mothe-Fénelon et de Maine viUe.

en Ecosse pour y relever le parti français. Il choisit deux hommes bien différents d'âge, de position et de principes. L'un, mûri par l'expérience des affaires et par un séjour de sept ans en Angleterre , était dévoué aux intérêts de la France, comme Castelnau. Dans la suite il se ralUa comme lui au drapeau de Henri IV; c'était La Mothe-Fénelon. L'autre, François de RoncheroUes , sieur de Maineville , était jeune, d'un esprit cultivé*, mais ardent, ligueur exalté, l'homme des Guise. Il les servit plus tard au traité de Joinville', fut un des agents les plus actifs de leur parti et y persista jusqu'à la mort*.

La Mothe-Fénelon partit le premier et se rendit à Londres pour concerter sa conduite avec Michel de Castelnau. Elisabeth n'osa pas s'opposer au passage de La Mothe-Fénelon en Ecosse, mais elle le fit accompagner par un de ses secrétaires, Davison, qui, de concert avec le résident anglais, Bowes, était chargé de surveiller et de combattre l'influence française. Maineville se rendit directement en Ecosse, où il devait suivre les conseils de La Mothe-Fénelon. Les instructions des ambassadeurs français leur prescrivaient de travailler à la délivrance du roi, à la réconciliation de tous les Écossais et au rétablissement du calme et de la paix. « Enfin leur principale et entière charge étoit de rendre le royaume d'Ecosse bien dévoué à l'amitié et alliance de la France, selon qu'il l'a été de tout temps*. » Maineville avait-il d'autres instructions émanant directement des Guise? Duplessis Mornay l'affirme et dit que cet envoyé était chargé de pré-

1. « Adolescens litteris egregie cultus. » Thuan. , Histt lib. LXXXVI.

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