Tylter, t. VI, p. 22-23, édit
L’ASSASSINAT DE DARNI.EY
pas moins explicite ; et jamais son interrogatoire ne vit la lumière’. Lorsqu’enün pour répondre à l’impatience universelle qui exigeait le cliâtiment du crime, et pour détourner l’indignation qui grondait de toutes parts contre ses lenteurs, Murray crut ne pouvoir plus se dispenser de frapper, il fit en un seul jour, le 3 janvier 1568 , citer, condamner, exécuter, Hepburn, Hay, üalgleish et Powrie.
Il n’eut garde de publier leurs déclarations; et si à la fin de l’année, il les produisit devant les seuls commissaires anglais, ce fut après les avoir purgées de manière à n’y laisser que les charges qu’elles renfermaient contre Bothwell et ses gens*. Mais s’il sut étoulfer la voix de ces malheureux dans la prison et devant les juges, il oublia de les bâillonner sur l'échafaud . Là, John Hepburn apostropha Morton, Lethington et les autres delà môme faction; il s’écria qu’ils avaient été les instigateurs du meurtre; que son maître le lui avait affirmé et lui avait montré le bond. Ses trois compagnons répétèrent la môme accusation et protestèrent qu’ils n’avaient jamais entendu dire que la reine fût du complot, ou qu'elle en eût connaissance. Cette déclaration suprême est attestée par des témoignages graves et nombreux. Sans nous arrêter à l’affirmation de Marie Stuart dans un mémoire qu’elle adressa de Carliste en Angleterre à tous les princes chrétiens, mémoire écrit en juin 1568, à une époque où rien n’était plus facile que de s’assurer en Écosse de la vérité de son assertion5, nous dirons que trente-cinq nobles du parti de la reine, assemblés à Dunharton , déclarèrent le 12 septembre 1568 que ceux des meurtriers qui souffrirent la mort, chargèrent les grands et déchargèrent leur souveraine4. L’année sui-
1. Tytler, t. VI, p. 31, édit. 1815, d'après les correspoudauoes de Bedford, Drury et Scrope avec Cecil.