‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 105 sur 257 · Miss Strickland, t. V, p. US et suiv · texte numérisé non relu

Miss Strickland, t. V, p. US et suiv

3. LabanolT, t. VII, p. 253. On dressa, par ordre d'Elisabeth, le 29 août 158G, l’état de la maison de Marie Stuart 5 Charlley, en vue d’y opérer des réductions. Parmi les sorviteurs figuraient Uastien Paiges et Marguerite Carwood, ainsi recommandés à la reine d’Angleterre par ses agents : « Si la femme de ftaslien était congédiée, il est probable que Bastien voudrait s'en aller avec elle; en quoi il n’y aurait pas grande perte, parce que c'est une espèce de rusé, rempli de tours pour corrompre les jeunes gens. «

4. Encore un non-sens dout sont illustrées les prétendues lettres de Marie Stuart. Cependant, cette traduction ridicule, Murray apparemment la trouvait excellente, puisqu'il no jugea pas à propos d'imprimer les mystérieux originaux français. — Il fallait dire • vu que je n’y pouvais porter remède, puisque je l’ignorais. — La seconde phrase « et depuis que je m’en suis apperçue » serait d’une femme plus forte en niaiserie qu’en conspiration.

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apperçue, je ne vous pouvoye dire, pour ce que je ne sçavoye pas comme m’y gouverner.... Et quand elle sera mariée, je vous prie de m’en donner une autre, ou bien j’en prpndray quelqu’une, dont j’estime que la façon vous contentera.... » (Teulet p. 46-7.) Que l’on rapproche cette lettre de la manière affectueuse dont, presque au même instant, Marie traita Sébastien et Marguerite à leur mariage, on puisera dans la comparaison encore un motif après tant d’autres de rejeter l’authenticité des lettres. Cela répandra aussi un jour instructif sur la tactique de calomnie quand même qui s’est acharnée à la reine et à tous ceux de quelque rang qu’ils fussent, qui ne la trahirent point. Paris déposa (première confession) que le samedi soir, Marie Stuart étant retournée de Kirk-of-Field à Holyrood, Marguerite Carwood le renvoya chercher une couverture de lit dans la chambre que la reine avait occupée au-dessous de celle du roi (Teul. p. 87) : nouveau chef d'accusation. C’était, dit M. Mignet, « une riche couverture en peaux de martre, qu’elle ne voulait sans doute pas y laisser à la veille de l’explosion. » Telle est aussi l’opinion de M. Teulel. Mais n’est-ce pas forcer beaucoup les choses, que de tirer une conséquence si énorme d'un petit fait* susceptible peut-être de quelque autre interprétation moins atroce et plus naturelle? Par exemple, la reine devant assister en compagnie de ses dames au coucher de la mariée ', put vouloir décorer le lit nuptial avec sa couverture de martre; peut-être môme en faire présent à la servante qu'elle aimait, et si justement. Cette conjecture vaut bien l’autre, et prouve en tout cas que le fait en question est susceptible de s’expliquer de deux façons. Et puis, est-on bien sûr que ce fût une couverture de martre? Malcolm Laing en publiant la confession de Paris, d’après une copie conservée au musée Britannique, a lu et mis

1. Selon l’usage, elle devait rompre le gftteau (te noces au-dessus de la trie de l’épousée, lui présenter la coupe d'argent remplie de lait mêlé de vio, et lui retirer un bas (Miss Strickland , t. V, p. 152-3).

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maylres. M. Teulet regarde cette leçon comme un non-sens, la corrige et substitue martres (p. 87 not. 2). Cependant ne dit-on pas en bon français, chambre de maître, literie de maître ? Pourquoi serait-ce un non-sens d’avoir dit, couverture de maître , c’est-à-dire , couverture plus élégante ? Ce trait anecdotique, assez frappant en apparence, ne perd-il pas toute signitication !

La réconciliation des deux époux s’affermissait de plus en plus, quoi qu’on en dise. Un jour, à Kirk-of-Field , Marie surprit Darnley comme il fermait une lettre destinée à son père. Il la lui tendit; elle lut les éloges les plus chaleureux de sa tendresse, l’espoir d’un meilleur avenir. Alors, embrassant son mari à plusieurs reprises, elle lui dit combien elle était heureuse qu’il fût content d’elle, et qu’il n’eût plus dans l’esprit aucun nuage de jalousie ni de soupçon. Libre à Buchanan, le narrateur, d’empoisonner cette scène d’intérieur*. Mais n’y a-t-il pas là un mouvement naïf et spontané qui plaide éloquemment en faveur de la sincérité de Marie Stuart? La maladie, la mort entrevue un moment, paraissaient avoir mûri le jeune roi. En même temps qu’il achevait de purger sa quarantaine sanitaire, il était revenu à des pensées plus sérieuses et plus religieuses. Le dimanche 9 février, il entendit dévotement la messe selon son usage*. Sans doute quelque chose de cette ferveur catholique avait transpiré au dehors, parmi la tourbe des abbés et des prêtres sécularisés, comme les deux Balfour; et ils n’en devaient être que plus furieux à exterminer l’objet de leur crainte et de leur haine. Ce même jour, le matin, le comte de Murray annonça qu’il avait reçu des nouvelles alarmantes de la santé de sa femme, alors dans le Fife. La reine qui devait, le lendemain, recevoir en audience de congé le comte de Moretta, ambassadeur du duc de Savoie, pria Murray de

1 . Les mots de jalousie et de soupçon viennent du texte de Bucbanan . conséquent avec lui-même.

2. Labanoiï, Leur, de l’écéque de Mondori au duc de Toscane, t. VII, p. 109.

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retarder son départ d’un jour. Mais il répondit que la comtesse était menacée d'une fausse couche, qu’il pourrait la trouver morte s’il ne se hâtait. Marie n’insista plus. On a remarqué qu’aux grandes crises le comte de Murray sut être absent ou malade. Afin cependant d’être prêt à tout événement, il avait fait de sourds préparatifs militaires dans le Fife. Il s’était même adressé à Cecil pour avoir des arcs, des flèches et des carquois. On les lui expédia d’après un ordre d’Élisabeth, daté du .13 février 1567 et motivé sur sa demande '.

A Holyrood, le dernier dimanche se passa joyeusement: célébration du mariage de Sébastien Paiges et de Marguerite Carwood dans la chapelle du palais; repas de noce aux frais de la reine et honoré de sa présence; visite à Darnley pendant la journée ; banquet solennel donné à quatre heures par l’évêque d’Argyle à l’ambassade de Savoie'; enfin, seconde visite à Darnley le soir, après laquelle il était entendu que la reine reviendrait pour le bal masqué d’Holyrood et le coucher de l’épousée. La visite du soir à Kirk-of- Field fut brillante, tous les seigneurs ayant accompagné leur souveraine, sauf Bothwell. Celui-ci, au sortir de table chez l'évêque, s’était échappé, et vers quatre heures, selon Powrie et Ualgleish, il avait réuni ses complices et délibéré avec eux, deux heures durant, dans la salle basse de son appartement d’Holyrood3. C’est là qu’Hepburn de Bowton avait introduit le baril de poudre, la veille au soir *. On le vida dans un coffre et une malle de cuir, que William Powrie le portier, et Patrick Wilson le tailleur, transportèrent à Kirk-of- Field. Ce n'est pas que dans ces renseignements la certitude soit égale à la précision; car si Powrie jura, le 23 juin, que le coffre et la malle furent transportés en un voyage sur deux chevaux de Bothwell, le 3 juillet il jura qu’on s’y reprit à

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