‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 114 sur 257 · Lib. xx, p. 397, édit. Kreebaim · texte numérisé non relu

Lib. xx, p. 397, édit. Kreebaim

L’ASSASSINAT DE DARNLEY

révélation étonnante. Oui donc avait lancé tant de foudres, entassé les montagnes contre Marie Stuart, contre Bothwell? N’était-ce pas ce même Buchanan? Quoi! le meurtre de Darnley n'est plus qu'un complot des Hamiltons pour usurper le trône? Et d’où sort ce témoignage inopiné? Ce n’est pas d’un simple pamphlet, hasardant la calomnie au gré de la passion du moment ; c’est de l’histoire d’Écosse, de l’écrit le dernier en date, sans doute le plus sérieux et le plus médité de l’auteur, à moins qu’après avoir menti successivement à l’avantage de Murray et de Lennox, Buchanan n’ait menti encore pour le comte de Morton, régent à son tour, et comme ses prédécesseurs, ennemi des Hamiltons. Ne revendiquons pas en faveur de Bothwell le verdict qui lui tombe des nues, qu’on nous passe le mot. Nous le tenons, malgré l’Iiislorien , pour coupable au premier chef de l’assassinat de Darnley. Mais n’est-il pas piquant d’apprendre ainsi par leur propre bouche ce que valent ces hommes sur la foi desquels on condamne Marie Stuart depuis trois siècles?

Que fit cependant Bothwell à l’instant suprême du crime? Il n’est nullement certain qu’il fût de sa personne sur le lieu. Il est vrai que d’après les dépositions de F'owrie, de Dalgleish, de Hay deTalloet d'Hepburn, il aurait quitté Holyrood à minuit, et, demeuré avec eux, les aurait dirigés jusqu'à la lin '. Hay de Tallo et John llepburn disent qu'à deux heures du matin ils allumèrent la mèche ; qu’après avoir fermé les portes derrière eux, ils rejoignirent Bothwell à quelque distance; que celui-ci, dévoré d’impatience, leur demanda s’il n’y avait pas quelque endroit d’où il pourrait voir la mèche et qu’ils lui indiquèrent une fenêtre*. De plus en plus animé, il allait s'introduire dans la maison, si Hepburn ne l’eût retenu. Peu après, l'édifice volaitdansles airs. Tout cela repose

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