‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 116 sur 257 · Miss Strickland, t. V, p · texte numérisé non relu

Miss Strickland, t. V, p

3. Ddposit. de Powrie et de Dalgleith, Anderson, t. II, p. 170, 176.

L’ASSASSINAT DE DARNLEY

son appui, il allait être une force pour la royauté. Mais si Marie Stuart savait pardonner, il n’en était pas de même des nobles d’Ecosse ; pour eux, indépendamment de leurs motifs personnels de haine, le crime irrémissible de Darnley , comme de Marie Stuart, était de porter la couronne.

LE JUGEMENT DE BOTHWELL

Marie Stuarl apprit seulement le matin du 10 février (lundi) que le corps de son mari avait été retrouvé sans vie. Ainsi deux fois en moins d’un an l’assassinat avait frappé autour d’elle, avec les circonstances les plus horribles. Écrasée et anéantie, noyée de larmes, elle tomba dans une morne stupeur. Sa douleur fut silencieuse, comme après la mort de François II '. Personne alors n’en avait suspecté la sincérité : cette fois, on l’inscrit à sa charge. Coupable cependant de la mort de Darnley, elle aurait plutôt cru donner le change par des cris et des éclats. Qui ne comprendra, en se mettant un moment à la place de cette veuve infortunée de vint-cinq ans, qu’elle soit restée comme attérée sous des coups si tragiques? Elle prit le deuil; son lit fut tendu de noir; sa chambre close hermétiquement n’était éclairée que par une lumière dans la nielle du lit. C’est là que Bothwell vint prendre ses ordres et lui parla « secrètement soubz la courtine ; » pas si secrètement, puisque Paris, qui en dépose, ajoute qu’en même temps Mme de Briante donnait à déjeuner à la reine un œuf frais*. Mme de Briante était une personne très-estimée, an-

1. Miss Strickland, t. III, chap. v, p. 138 et suiv.; I. V, p. 185-6.

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