‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 117 sur 257 · Ports, deuxième confets. , Teulet, p · texte numérisé non relu

Ports, deuxième confets. , Teulet, p

LE JUGEMENT DE BOTHWELL

cienne gouvernante française de Marie. Marie Stuart, dit-on pour l’accuser, « ne communiqua avec ses plus fidèles serviteurs que par l’entremise de Bothwell. Le meurtrier de Darnley fut seul admis auprès d’elle » Elle ignorait qu’il fût l’un des auteurs du crime ; elle se souvenait de son courageux dévouement lors de l’assassinat de Riccio ; d’autre part, il était haut shériff du comté d'Edimbourg, donc principal officier royal dans la ville. C’était lui évidemment qui devait être délégué pour les premières recherches, et qui communiquait de droit avec la souveraine.

Ici, on le voit, se poursuit en termes rigoureux le réquisitoire qui n’épargne aucun des moments de la vie de Marie Stuart. • Quelle fut l’attitude de Marie Stuart lorsqu’elle connut cette terrible nouvelle, qui remplit Edimbourg d’indignation et de défiance? Elle en parut accablée et tomba dans un silencieux abattement. Elle ne fit rien paraître de cette activité, de cette colère, de cette résolution, de ce courage qu’elle avait montrés après le meurtre de Riccio*. » — Elle fut indifférente et inactive*. C’est donc une présomption contre une femme qu’elle soit, à la nouvelle que son mari vient d’être assassiné, accablée et jet'ée dans un silencieux abattement? De bonne foi, si elle avait eu la douleur éclatante, si elle avait percé l’air de ses cris, et s’était roulée en s’arrachant les cheveux, ne retournerait-on pas l’accusation, pour arguer contre elle d’une comédie de désespoir? On oppose l’énergie qu’elle avait déployée lors du meurtre de Riccio. Mais combien la situation était différente! C’était un premier coup, d’une horrible atrocité il est vrai, mais porté en face; un péril précis, et non pas déguisé sous le stupéfiant mystère d’un crime anonyme, comme l’explosion de Kirk-of-

1. Mignet, t. I, p. 280, d’après James Melvill et la Deuxième confest. de Parie. Mais des deux textes il résulte uniquement que Bothwell entra seul en ce moment chez la reine, et qu’en sortant il dit à Melvill, qui attendait des nouvelles dans l’antichambre, qu’elle était affligée et calme. M. Mignet donne à ce fait un sens absolu qu’il n’a pas.

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