‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 119 sur 257 · Keith, Préf., p. vui-u · texte numérisé non relu

Keith, Préf., p. vui-u

LE JUGEMENT DE BOTHWELL

* rigoureuse de ce forfait, si horrible et si étrange qu’elle ne croit pas qu’on ait jamais vu le pareil dans aucun autre pays; de la maison, il n’est pas resté pierre sur pierre, et tout est en poussière; la poudre a été employée; l’on ne connaît pas encore les auteurs de ce crime; avec la diligence du Conseil, Dieu ne permettra pas qu’ils restent cachés; elle les punira de manière qu’ils servent d'exemple aux âges à venir ; cette entreprise était dirigée contre elle-même aussi bien que contre le roi, car elle avait couché une partie de la semaine dans la maison, et la plupart des nobles l’avaient accompagnée ce soir-là jusqu’au milieu de la nuit; c'était un grand hasard qu’elle n’y eût pas passé la nuit entière, à cause du bal qui la rappelait à l’Abbaye, « non pas hasard, reprendelle; mais inspiration de Dieu1. »

Nous ne comprenons pas pourquoi M. Mignet place cette réponse au surlendemain delà mort du roi’, puisque la mort eut lieu le 10, vers trois heures du matin, et que la lettre de Marie est du 1 1 février. N'est-ce pas s’exposer à provoquer . injustement contre la veuve le soupçon de froideur? Pourquoi aussi aflirmer qu’en écrivant, Marie cherchait * à se concilier la favorable opinion de la cour de France? » Quoi donc ! pour le seul fait de répondre à son lidèle ambassadeur, elle sera taxée de manœuvre suspecte? Et si elle n’avait pas répondu, ne serait-elle pas suspecte encore? L’illustre écrivain a donné de cette pièce une analyse ironique et sévère. Il a mis en rcdief certaines formes un peu roides et apprêtées, où le cœur ne vibre pas. Mais l’identité manifeste de la teneur des deux lettres du Conseil et de la reine, donne lieu de penser avec miss Slrickiand, que l'une et l’autre étaient de la plume de Lethington , et que la pauvre souveraine, incapable encore d’écrire, y apposa seulement sa signature *.

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