‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 121 sur 257 · Mignet. t. I, p · texte numérisé non relu

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4. Deteclto, p. 7. — Le mardi, Marie avait voulu voir une dernière fois son mari, et longtemps l’avait contemplé avec des larmes muettes (miss Strickland, t- V, p. 189, d’après Adam Blackwood). Voici comment parle l'ignoble auteur de la Detec’io : « Mais ce fut un étrange exemple de cruauté, tel qu'on n'en avait jamais vu auparavant, <|u’après avoir satisfait son coeur par le meurtre, elle voulut repaître ses yeux du spectacle du ca davre. Elle considéra longtemps non-seulement avec calme, mais d’un nul ardent ce corps qui surpassait en lieauté tous ceux de son temps. • — Voy. aussi miss Strickland, t. IV. p. 333.

LE JUGEMENT DE BOTHWELL

simplement dans le cimetière de l’abbaye d’Holyrood. Le lord de Traquair, parent de Darnley, sir John Bellenden clerc de justice, James Stuart d’Ochiltree, capitaine des gardes, et d’autres gentilshommes y assistèrent. La plupart des lords du Conseil privé étaient protestants et avaient l’habitude d’enterrer leurs propres parents sans aucune solennité. Enfin, on -aurait pu craindre en étalant les cérémonies catholiques, de provoquer chez les réformés quelqu'une de ces bourrasques de fanatisme, qui avaient fondu plus d’une fois sur la chapelle d’Holyrood. Ainsi, la simplicité des obsèques ne fut ni inconvenante, ni insultante pour le jeune roi '.

En même temps la maison de Darnley fut dissoute ; la reine offrit à ceux des domestiques de son mari qui le voudraient, de les prendre à son service. Sandy (Alexandre) Durham accepta cette offre. Buchanan prétend qu’il avait été du complot; qu’il avait, sous prétexte de maladie, évité de coucher à Kirk-of-Field la nuit du 9 au 10 février, et que Marie Stuart payait la dette criminelle qu’elle avait contractée envers lui. En réalité, elle ne savait qu’une chose, c’est qu’il avait été chambellan de son mari. Personne encore n’avait élevé la voix contre Durham. Mais ce qui est singulier, c’est qu'après qu’il eut été accusé d'avoir trempé dans l’assassinat, Murray le nomma maître de sa maison, place beaucoup plus lucrative que la première, et que le régent Mar, oncle de Murray, le continua dans cette fonction *. Pourquoi donc accuser Marie Stuart et ne pas accuser Murray?

D’autres serviteurs d'origine anglaise préférèrent rentrer dans leur patrie. Parmi eux était un courageux page, Anthony Standen, qui lors du meurtre de Riccio, avait paré le coup de

1. Lestey, Defence..., p. 23-4 dans Anderson, 1. 1. — Keith, p. 368. note a. — Chalmers, t. II, p. 556 et note u. — Miss Strickland, t. V, p. 195-6.

Robertson, juste quelquefois, dit : « Le corps fut déposé sans beaucoup d’appareil, mais avec décence, dans la sépulture des rois d’Ecosse. » L. rv.

2. Chalmers, t. II, p. 428, note l. — Miss Strickland, t. V, p. 150 et note.

LE JUGEMENT UE BOTHWELL

poignard que Patrick Belleriden dirigeait contre la souveraine. Marie les recommanda par lettres aux autorités anglaisesde Berwick, avec prière de leur accorder libre passage. Elle écrivit pour le même objet à sir Robert Melvil, son ambassadeur près d'Élisabeth. Là encore, est-ce la conduite d'une coupable? Drury arrêta et retint quatre mois à Berwick Anthony Standen et les aulres, tâchant, mais en vain, de les faire parler contre la reine'.

Le départ de quelques-uns dos domestiques italiens, Joseph Riccio et Joseph Lutini, a fourni aussi matière à des interprétations fâcheuses pour Marie, quoique bien à tort. Joseph Riccio était venu en Écosse peu de temps après la mort de David, son frère, à la suite de l’envoyé français Castelnau. Marie, ne sachant à qui se fier pour sa correspondance étrangère, l’avait chargé de la même fonction de secrétaire que le malheureux David*. Mais c’était un personnage sans cervelle, ni probité, et fort indigne de la confiance de sa maîtresse. Au commencement de 1567, Lutini, désireux de retourner dans sa patrie, obtint de la reine son congé et une lettre de recommandation datée du 6 janvier pour les autorités de France et d'Angleterre*. A peine était-il parti, que Joseph Riccio emprunta cent couronnes à un usurier, en lui assignant comme sûreté des effets et des chevaux, appartenant, disait-il à Lutini, et laissés par lui en Écosse pour cet objet. Mais on ne tarda pas à découvrir que le garant supposé n’avait laissé derrière lui qu’une note non acquittée de son tailleur. Le prêteur irrité appela et confondit Riccio devant la reine. Alors un soupçon se fit jour tout d’un coup dans l’esprit de cette princesse, à qui l’on avait dérobé récemment de riches bracelets. Elle demanda brusquement au secrétaire: • Où sont mes bracelets? » Ne trouvant rien de mieux que de charger l’absent, il répondit : « dans la bourse de Lu-

1. Miss Strickland, t. V, p. 194-5, d’après la correspondance du Border.

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