‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 123 sur 257 · Miiçnet, t. I, p · texte numérisé non relu

Miiçnet, t. I, p

LE JUGEMENT DE BOTHWELL

vre jeune veuve, foudroyée coup sur coup par les attentais les plus sauvages, ne peut pas faire les recherches à lui seul et ne saurait se passer d’intermédiaires. Ici les intermédiaires, les membres du Conseil, avaient trempé dans la conspiration. Leur intérêt était de ne rien découvrir et de tromper la reine. Malheureusement Marie Stuart manquait de sagacité! Son regard s’arrêtait à la surface des choses. Celle qui n’avait rien su du vaste complot ourdi en Ecosse et en Angleterre contre Riccio, complot dont apparemment elle ne lit point partie, put fort bien ignorer que les nobles de son Conseil privé fussent des traîtres, et se reposer sur eux de bonne foi du soin de trouver les assassins.

Mais l’accusation continue. * Loin d’agir, elle quitte la ville d’Edimbourg et part pour le château de lord Selon. Bothwell l'y suit et s’y établit avec elle sous la garde du capitaine Cullen, l’une de ses créatures dévouées, et dans la compagnie de Huritly, d’Argyle, de Lethington et de l’archevêque de Saint-André, ses fauteurs dans l’assassinat de Darnley. Et passa-t-elle son temps dans le deuil et l'affl.ction? Non....1. » De l’ouvrage moderne, remontons à l’écrit ancien qui l’a inspiré, le journal de Murray. « 12 février. Le corps du roi fut descendu et enseveli dans la chapelle, et elle (la reine) demeura avec Bothwell jusqu’au 21 du même mois. En ce même temps plusieurs placards furent aflichés. Henri Killigrew vint de la part de Sa Majesté la reine (d’Angleterre).

21. Us (la reine et Bothwell) allèrent ensemble à Seton et y passèrent leur temps gaiement jusqu'au 10 mars, ou du Croc, l’ambassadeur français, lui persuada (à la reine) de retourner à Edimbourg.

20 mars. Ils retournèrent à Edimbourg par le conseil de du Croc, et ils y restèrent jusqu’au 24 du même mois, tra-

I. Mignet, t. I, p. 284. Nous ne voyons pas pour quel motif l’archevêque de Saint-André est enrôlé ici dans le complot. Il est vrai que Buchanan l’accuse, et que le comte de Lennoi le fit mourir sous ce préteite. Mais ce ne sont pas là des preuves ; et il nous semble qu'il n’y en a pas d’autres.

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vaillant de leur mieux à faire disparaître les placards; mais de l’assassinat du roi, pas un mot. Pendant ce temps, mylord Régent1 sollicitait la permission de partir.

24. Ils retournèrent de nouveau à Selon et y passèrent leur temps gaiement, fort bien consolés, jusqu'au 10 avril 1567. »

Rétablissons la vérité : la douleur et la réclusion affectèrent tellement la santé toujours chancelante de Marie Stuart, que l’on craignit qu’elle retombât dans une de ses maladies dangereuses et prolongées, qui affligèrent presque toutes les années de sa vie. Le Conseil et ses naédecins déclarèrent qu’elle devait changer d’air sans délai ’. Elle se transporta le 16 février à Seton, à huit milles d’Edimbourg, chez l’un de ses lords les plus dévoués. Drury, outre qu'il donne à Cécil la date exacte de ce voyage tandis que celle du journal (le 21) est fautive comme d’habitude, dément par avance la calomnie d’elle et ha qui fait la trame de ce libelle méprisable. Car au lieu de représenter un téte-à-lêtc, il assigne pour compagnie à la reine, Argyle, Huntly, Bothwell (haut-shériff du comté, ce qu’il ne faut jamais oublier), Arbroath, l’archevêque de Saint-André, les lords Fleming et Livingstone, le secrétaire d’État, en tout une centaine d’hommes*. M. Mignet ne pousse-t-il pas bien loin la facilité envers Buchanan, lorsque par ces mots du fragment cité plus haut, « Bothwell l'y suit et s’y établit avec elle, » il donne évidemment dans le système du tète-u-Iêta? — Elle court, dit la Detcctio, à Seton avec une très-petite compagnie, mais non pas des plus maussades. — On y emploiera les heures gaiement: - Pourquoi, dit à son tour YActio, se retirer à Seton? Pour-

1. Inadvertance Je fauteur du journal qui le composant en K,G8, donne & Murray le titre sous lequel il régna en Ecosse après le renversement de sa sœur. On voulait pourtant faire croire que ce journal avait été écrit k mesure des actions quotidiennes de Marie.

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