I-eslie. Defence... dans Anderson, t. I, p
3. Chalmers, t. I, p. 322. — Miss Strickland, t. V, p. 203. Drury se trompe sur un point en disant qu'on l’informe que Marie doit être à I)unl>ar le 17.
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quoi éviter l’affluence de la ville et l’œil du public? Etaitce la honte de pleurer publiquement ? ou le désir de cacher sa joie? ou bien voulait elle se livrer tout entière à sa douleur » dans l’isolement? Non. Car à Seton elle jeta son masque de deuil ; chaque jour elle courait les champs avec ses bandits. Non-seulement elle revint à ses pratiques premières; bien plus, elle affectait de recheicher les jeux des hommes, parmi les hommes, ouvertement : tant elle prenait plaisir, à mépriser l’opinion et les discours de son pays » Cela va devenir plus précis. • On m’a rapporté tout à l’heure, écrit Drury à Cécil (28 février 1567), que la reine alla mercredi soir chez lord VVharton, à sept milles d'ici, et quelle dîna en route à un endroit appelé Tranent, propriété de lord Seton. Là Seton et Huntly payèrent pan le dîner une partie que la reine et Bolhwell leur avaient gagnée au tir. » Le prévôt de Berwick n’affirme pas. Tytler, et après lui H. Mignet, auraient donc pu suspendre leur jugement et leur blâme'. Cela eût été d’autant plus sage qu’on a découvert une lettre subséquente de Drury, dans laquelle il déclare qu’il a été mal informé des faits et gestes de la reine d’Ecosse et quelle n'a jamais bougé de Seton. Mais pourquoi Tytler, qui s'abreuve avec tant d’abandon aux sources de Drury, ne puise-l-il pas dans la même lettre du 28 février cette autre historiette : Le prévôt de Berwick est informé de divers côtés que lady Bothwell est extrêmement malade, et que sans doute elle n’ep reviendra pas, car elle est merveilleusement enflée, » — Autrement dit, elle est empoisonnée. — Juges rigoureux de Marie Stuart, nelui imprimez pas la flétrissure d’un crime de plus! Réfléchissez que lady Bothwell enterra encore deux maris, pendant les cinquante années qu’elle survécut
1. M- Mignet. t. I, p. 284 : « Y passe-t-elle son temps dans le deuil et l'affliction1? Non. Voici ce que raconte de son séjour à Seton M. Fraser Tytler, dont les sentiments en quelque sorte héréditaires sont très-favorables à Marie, et qui est le plus récent et en beaucoup do points le mieux instruit des historiens de l'Ecosse.... » Suit 1 anecdote du dîner de Trônent.
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au premier*. Nous avons déjà eu lieu de faire observer au sujet des correspondances anglaises que la critique historique ne saurait perdre ses droits, et que les faits ne doivent pas être considérés comme supérieurs à tout examen, parce qu'ils sont dans un papier signé de Drury ou du principal ministre d'Élisabeth. Le sage Keith est même d’avis que c’est une raison de douter. Mais il y a une autre leçon à tirer de ceci : c’est qu’il s’organisait à Edimbourg un cénacle de calomniateurs. Us expédièrent d'abord leurs inventions à leurs amis d’Angleterre qui les payaient; ils les reprirent ensuite pour leur propre compte et les insérèrent dans leurs pamphlets.
A plus forte raison calomniaient-ils à Edimbourg. Les placards se succédaient. Tantôt le serrurier qui avaient fabriqué les fausses clefs annonçait qu’il se ferait connaître, pourvu qu’il fût assuré de la récompense promise dans la proclamation. Ce serrurier était un malavisé ; parler ainsi, c’était assez pour provoquer la vengeance des assassins, pas assez pour obtenir la protection delà loi. Il est plus vraisemblable que l’on parlait sous son nom. Tantôt on réunissait les initiales de Marie et celles de Bothwell, avec une épée et un maillet, instrument supposé du meurtre. Ou bien on écrivait : « Adieu, gentil Henri 1 Mais vengeance sur Marie! » Les ministres protestants suppliaient Dieu de révéler et de punir le crime ; ils exhortaient les fidèles à la prière et à la pénitence*. Telle avait été leur tactique lorsqu’il s’était agi de préparer le peuple à l'assassinat de Kiccio, qui devait être suivi de la déposition de la reine. Les masses commençaient à s’émouvoir, associant peu à peu Marie à Bothwell dans leurs soupçons. Bothwell, comptant sur ses complices de la noblesse, paya d'audace. Un jour, à ce qu’on dit, il vint de Seton à Edimbourg avec cinquante chevaux et menaça de se laver les mains dans le sang des auteurs des affiches.
1. Sur ces faits, miss Strickland, t. V, p. 205. — t'ytler, t. V, p. 390, <d. 1845.
2. Lellre de KiUigrtve <i Ceci/, 8 mars 1567, dans Chalmers , «. 1. |>. 324-5.
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Telle était la situation troublée, confuse, hérissée de dangers dans laquelle on s’agitait sans faire un pas en avant. (Jue pouvait Marie Stuart? Son frère le comte de Murray l’avait quittée la veille du crime et, malgré les messages réitérés de sa sœur dans l’angoisse, 1 temporisait chez lui pour laisser les événements mûrir. Son absence livrait le pouvoir à Bothwell, chef de la force militaire ; à Huntly, chancelier; au comte d’Argyle, chef de la justice; enfin à Maitland de Lethington, l’artilicieux secrétaire d’État, du cerveau duquel étaient sorties toutes ces combinaisons également subtiles et atroces.
Ces personnages puissants se jouaient d’elle, sans qu’elle pût deviner, encore moins rompre, les trames dont ils l’enveloppaient lentement. Du dehors, il ne lui vint ni lumière, ni appui. Élisabeth et Cécil depuis six ans ne travaillaient qu’à la perdre; Catherine de Médicis se réjouissait intérieurement de ses malheurs.
Un autre ennemi, vieil ennemi, se montra : c’était le comte de Lennox. La correspondance qui s’engagea entre la bru et le beau-père, n’a pas été appréciée avec plus de justice que le reste. D’après M. Mignet4, le père infortuné du roi mort, voyant que Marie Stuart restait inactive, la pressa dans les termes les plus pathétiques d’ordonner des recherches ; « Je suis contraint, lui écrivit-il le 20 février, par la nature et le devoir, de supplier Votre Majesté, pour la cause de Dieu, pour votre honneur, pour celui de votre royaume, d’assembler toute la noblesse et les États d’Écosse, , alin qu’il soit donné bon ordre à la poursuite d’un pareil crime. Je ne doute pas, avec la grâce de Dieu tout-puissant, que l’Esprit Saint ne descende dans le cœur de Votre Majesté et de tous vos lidèles sujets et ne révèle les sanglants et cruels auteurs de cette mort. Je n’ai pas besoin de rappeler à Votre Majesté que la chose la touche de près, et je la prie de me pardonner si je l’en importune, étant le père de celui
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contre qui tout a été fait. » Voilà qui est entendu : le père de Darnley, justement blessé de l’oubli injurieux qui pèse déjà sur son fils, rappelle avec un accent sévère la ve.uve à son ■ devoir, et lui donne les conseils que le cœur aurait dû lui inspirer. Mais avant de flétrir Marie d'un nouveau blâme, ne conviendrait-il pas de s’enquérir de ce qui avait pu se passer de l'un à l’autre, entre le 10 et le 20 février ï Celte lettre du 20 était-elle la première qu’ils échangeaient, et le beau rôle était-il du côté de Lennox?
Le journal de Murray, contre le gré assurément de son auteur, vient en aide à Marie Stuart, il porte à la date du 1 1 février, — le lendemain même du crime, — » la reine écrivit à milord de Lennox pour lui promettre de faire justice. » On sait de plus par une lettre de Urury qu’elle le priait instamment de se rendre près d’elle, pour l’aider de ses conseils dans la recherche et le châtiment des coupables, (jue fit ce père, qui le 20 février semble parler d’un ton si élevé à une femme sans âme? Il répondit au messager qu’il avait besoin de réfléchir; le lendemain matin, il le renvoya en disant: « La lettre de Sa Majesté ne demande pas de réponse'. » Il paraît pourtant qu’il changea d’opinion, et que s'il ne risqua point sa personne dans l'arène périlleuse d'Edimbourg, il écrivit à sa belle-fille puisqu’elle lui répondit. Et nous savons par le préambule de la lettre de Lennox du 20 février quelle lui répondit avec bienveillance. Cette lettre du comte, datée de Houston, et regardée ordinairement comme la première, fut donc en réalité la quatrième de leur correspondance. En voici le commencement : « Plaise à Votre Majesté, j’ai reçu parle porteur, mon domestique, votre lettre si gracieuse et consolante, pour laquelle j’oflre à Votre Altesse mes très-humbles remercîments; et j’ai la confiance que je ne mériterai jamais de Votre Majesté d’autres sentiments que ceux qu’elle m’exprime dans ladite lettre. Puisqu’il
1. Miss Strickland, t. V, p. 208, d’après une lettre de Drury à Cècil, 19 février 1561.
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plaît à Votre 'Majesté d’accepter et de prendre en bonne part mon simple avis et conseil, cela m’enhardit d’autant plus à persister en particulier sur le point suivant : les coupables restant inconnus, à mon grand chagrin, malgré la peine et le travail que je vois que Votre Majesté se donne pour porter devant la justice cette action cruelle, je suis contraint par la nature et le devoir de m’enhardir jusqu’à donner à Votre Majesté mon pauvre et simple avis sur le moyen de porter la lumière dans cette affaire : c’est de supplier très-humblement Votre Majesté, pour la cause de Dieu, etc. 1 2 * Le reste suit comme dans l’extrait de M. Mignet, rapporté plus haut. Il n’était pas indifférent, pensons-nous, de mettre cette première partie de la lettre du comte de Lennox sous les yeux du lecteur. S’il ne voit que la seconde partie, celle que M. Mignet lui présente, il restera persuadé que Marie avait gardé le silence vis-à-vis son beau-père depuis la catastrophe, quelle ne s’était pas occupée de poursuivre les assassins , et que Lennox, perdant patience, avait pris sur lui de la réveiller de son indigne assoupissement. Au contraire, le texte pris dans son intégrité démontre que Marie Stuart agissait, que dès la première heure elle s’était mise en communication avec le père de son mari, qu’elle avait sollicité ses conseils et son aide, qu’il la remercie de la peine qu’elle se donne, que l’insensibilité et la glace se rencontrèrent chez le père et non chez la veuve. Et l’on ne peut pas dire qu’il se tint à l’écart parce qu’il partageait les soupçons universels contre Marie Stuart, attendu que sa réponse qu’il avait besoin de réfléchir et son lâche refus de venir à Edimbourg sont des premiers moments qui suivirent l'assassinat, et qu’alors nulle incrimination n’avait encore été répandue contre la reine. Dès le 21 février, elle lui répondit de Seton*. Nous prions encore le lecteur de ne pas se rebuter, si nous reproduisons certains documents au complet. N’est-ce pas le