‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 125 sur 257 · Keith, p · texte numérisé non relu

Keith, p

294 LE JUGEMENT DE BOTHWELL

meilleur moyen de contrôler les faits et la manière dont ils ont été jugés? « Très-fidèle cousin et conseiller, nous vous saluons bien. Nous avons reçu votre lettre d’Houston, du 20 courant, dans laquelle vous nous remerciez de ce que nous prenons votre bon vouloir et vos conseils en si bonne part. Kn cela, nous avons fait ce qui était juste ; et lorsque nous vous témoignons tout le plaisir et bon vouloir possibles, nous ne faisons que remplir notre devoir et suivre l’impulsion des sentiments naturels. Vous pouvez en être assuré pour le présent et l’avenir, aussi longtemps que Dieu nous prêtera vie, comme vous y pouviez compter dès les premiers liens que nous formâmes avec vous. Pour ce qui est de la convocation de l’assemblée de la noblesse et des États que vous nous conseillez, afin de parvenir à faire justice du cruel meurtre du roi notre époux, c’est un parti qui nous paraît très-convenable ; et même avant la réception de votre lettre, nous avions fait les proclamations pour la réunion d’un parlement’ ; nous ne doutons pas que le plus grand nombre de nos sujets n’y assistent. Avant toute chose, on s’y occupera de l’objet qui nous tient tant au cœur, et il n’y aura rien que nous ne fassions pour tirer au clair ce crime odieux. Nous pour notre part, comme c’est notre devoir, et notre noblesse entière, nous dirigerons, je n’en doute pas, toutes les forces de notre esprit vers ce but; et avec la grâce de Dieu, l’événement définitif en rendra témoignage devant le monde. » Ainsi Marie Stuart avait devancé les désirs de Lennox et déjà pris les mesures nécessaires pour la convocation d’un parlement. M. Mignet apprécie cette lettre en deux mots .- « Marie répondit dès le lendemain d’une manière affectueuse et évasive au comte de Lennox*. » Est-ce être évasif que de dire à un homme qu’on a fait précisément ce qu’il désirait, avant même qu’il l’eût demandé?

1. En effet, dès le 17 février la reine avait ordonné de faire les proclamations d'usage pour la convocation d’un parlement. — Labanoff, t. H, p. 5.

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