I.E JUGEMENT DE BOTHWEU
Marie ayant déjà fait ce qu’il souhaitait, Lennox n’en voulut plus : il demanda la chose contraire. En conséquence, il supplia Sa Majesté de prendre encore son humble avis en bonne part, c’est qu'il y aurait bien du temps jusqu’à la réunion du parlement, que ce n’était pas une de ces questions à débattre en parlement, mais une affaire de tant de poids et d’importance qu’on devait la poursuivre en toute hâte et promptitude (plus tard, il dira de nouveau le contraire). Son opinion c’est qu’il faudrait convoquer la noblesse sans délai, s’assurer de la personne de ceux qui ont été dénoncés dans les placards, inviter les auteurs des placards à se présenter ; et suivant qu’ils se présenteraient ou non , continuer ou abandonner le procès (lelt. d’Houston, 26 février 1567). Marie Stuart lui répondit de Seton, le 1" mars, qu’il se trompait sur ses intentions, et qu’elle ne se proposait nullement de retarder le jugement du crime jusqu’à la session du parlement (il était convoqué pour les fêtes de Pâques, tom- • bant le 30 mars). Mais, puisque celte convocation était faite, elle ne pouvait pas, continuait-elle, en appelant en outre les nobles immédiatement auprès d’elle, leur imposer les charges d’un double déplacement1. Quant à sa demande qu’on mît en arrestation ceux qui élaient désignés dans les affiches, il y avait tant d’affiches et si peu concordantes pour les noms, quelle ne savait d’après laquelle se guider; mais si parmi les personnages mentionnés, il y en avait que le comte soupçonnât particulièrement, elle le priait de les lui désigner, elle procéderait conlre eux selon les lois du royaume. Elle terminait en l’invitant à continuer de lui communiquer ses pensées sur ce qu’il conviendrait de faire*. D’après tout cela, il est donc entièrement faux que, son mari mort, elle soit demeurée inactive, qu’elle se soit livrée à des amu-
1. Ce motif avait sa valeur, vu la pauvreté de la noblesse. Remarquons que l’action du Conseil privé, chargé de l’instruction, n’était pas pour cela suspendue ; et que si elle demeura stérile, cela tint a ce que les membres du Conseil étaient eux- mêmes les coupables.