‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 137 sur 257 · Goodall , t. I, p · texte numérisé non relu

Goodall , t. I, p

3. Par exemple, Argyle et Murray, quand ils avaient cité Bothwell en justice , en mai 1565 , étaient entrés 4 Edimbourg à la tête de cinq mille hommes.

4. Anderson, t. I, p. 52-3. — Keith , p. 374-5. Du 28 mars au 12 avril, il avait cependant une marge suffisante pour rassembler ses hommes. Au fond, qu’avait-il tant à craindre à Edimbourg, puisque la ville était pleine des conjurés de Dunkeld, ses secrets associés?

5. D’après la lettre déjà citée de Drury àCécil, ils demandaient un nouveau délai de quarante jours.

6. Telle est du moins la teneur des paroles attribuées à Cunningham dans les actes du procès. Mais ces actes ont été publiés par Buchanan dans la Deleclio (Anderson, 1. 1, Pré/', tyéndr. p. x et note. — Tome H, p 97-108. — C’est là que Keith a puisé, p. 375-377). Il ne serait pas impossible que Lennox ertt répandu faussement le bruit qu’il avait reçu défense d’amener ses amis, tandis que, par la violation la plus flagrante de la loi, Bothwell aurait eu le privilège de rester entouré des siens et de ceux des lords. — Ce qui nous suggère ce doute, c’est que Lennox ne dit pas un mol de cette circonstance dans sa lettre du 11 avril. Au parlement de décembre 1567, dont nous avons parlé dans une note précédente, la faction de Murray ful-

LE JUGEMENT DE BOTHWELL

jugement qui absoudrait l’accusé. Le président répliqua par la lecture des lettres où le comte de Lennox avait demandé la plus grande promptitude dans le procès; et, faisant droit à la demande de Bothwell et de ses avocats que la cause fût vidée sans plus de délai, il passa outre. Bothwell affirma qu il n’était pas coupable ; personne n’apporta de preuves contre lui. En conséquence, le jury prononça l’acquittement à l’unanimité'. Sur-le-champ, le coryphée de l'aristocratie se redressa dans sa robe d’innocence, et défia au combat quiconque oserait prétendre qu’il avait eu part au meurtre du roi.

M. Mignet a raison de flétrir ce procès de dérisoire, et cette absolution de scandaleuse. Mais où nous persistons à différer de son sentiment, c'est quand il place les fils de cette vaste comédie dans les mains du seul couple, Marie Stuart et Bothwell. Quoi donc! Argyle, Lethington, Morton et tant d’autres grands seigneurs, qui jouent le rôle essentiel et tranchent le dénouement, ne seraient que les timides instruments d'une femme à laquelle ils s’étaient toujours montrés, et se montrèrent bientôt, si hostiles et si terribles? Et cette multitude de gentilshommes, c’est elle aussi qui d'un geste les appelle pour insulter de compagnie au mari qu’elle a tué? Mais si elle exerce suc ses nobles une telle puissance, si elle est susceptible d’un tel empire sur elle-même et sur les autres, qu’on nous explique comment, deux mois après, ils la renverseront, rien qu’en y touchant. Redisons-le : tout ceci est une machine aristocratique. Lin des assassins de Darnley, patroné par d’autres assassins, est conduit devant des juges,

minant contre la manière dont ce procès fut conduit (par elle-même), n’articule pas d’autre grief, sinon que le délai entre la citation et les débats ne fut fias tout à fait de quinze jours pleins. Quant à Lennox, aux termes de l’acte du parlement, il représenta que le temps était trop court pour réunir ses amis et se consulter avec eux ; et Cunningham l'excusa par les mêmes motifs (3rfo Parliam. t. III, p. 7). — Aucune allusion à l’interdiction d’amener avec lui plus de six de ses amis. Il nous semble qu'on n’eût pas manqué de faire sonner ce dernier grief.

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