Mignet, t. I , p
2. Miss Strickland, t. V, p. 247, d’apres la chronique ou Diumal of occurrents. Déjà, lors de l’ouverture du parlement de 1566, le 7 mars, deux jours avant l'assassinat de Riccio, Bothwell avait porté le sceptre (Miss Strickland, t. IV, p. 271). C’était le droit de son rang, et à une époque de sa vie que Buchanan, lui-même , n’a pas entrepris de rendre suspecte.
3. The acts of the parliamenls of Scotland, t. Il , p. 548-9.
LE JUGEMENT DE BOTHWELL
Buchanan aflirme néanmoins que l'on ne put rien obtenir de la reine en faveur de la religion réformée. Robertson rend hommage à la vérité matérielle, mais il regarde cette concession de Marie Stuart comme un effet de l’ascendant de Bothwell, qui voulait se concilier la bienveillance des protestants. Selon l’historien, cet empire, que le comte exerçait sur elle, est d’autant plus frappant, qu’elle n’avait, dit-il, jamais renoncé au projet de rétablir sa religion dans ses États, qu’elle avait pris récemment de nouveaux engagements, tenté de nouvelles démarches qui manifestaient plus évidemment encore son intention à cet égard *. Cela est de pure invention. Qu’il nous suffise de renvoyer le lecteur aux plaintes du légat du pape sur ce que Marie Stuart a refusé d’entrer dans la grande ligue pour le rétablissement du catholicisme’. Marie, dès l’année 1561, avait déclaré qu’elle ne voulait rien entreprendre contre la religion de ses sujets , et qu’elle demandait à jouir pour sa propre conscience de la liberté qu’elle leur laissait. Robertson reconnaît, non sans peine, qu’elle pourvut plusieurs fois à l'entretien du clergé réformé. Tandis que, dans son récit proprement dit, il l’accuse d’une mesquine parcimonie; dans ses notes, il convient qu’elle assigna une somme considérable.
M. Migriet reproduit, en l’accentuant, le bldme de Robertson : « La catholique Marie, qu’aveuglait sa passion pour le protestant Bothwell, abolit, ce qu’elle n’avait jamais voulu faire jusque-la, les lois portées contre le parti réformé et assura des appointements aux ministres pauvres’. » L’acte auquel s’applique cet amer langage, accordait aux Écossais la liberté de religion et leur enjoignait de vivre tous en paix. Au fond il proclamait le grand principe, qui triompha en France par l'édit de Nantes en 1598. Pourquoi donc attacher l’idée d’aveuglement à la politique de to-