Lettre à Ctcil, 24 octobre 1561, dans Keith, p
3. Randolph d Cecil, Ëdunb. , 11 novembre 1561. Keith, p. 201.
COMMENCEMENTS DE BOTHWELL
coup, le 16 novembre 1561, à neuf heures du soir, le bruit se répand à Edimbourg qu’il arrive d’au delà du Forth pour enlever la reine avec l’aide des amis et des serviteurs qu’il a cachés dans la ville. Un tumulte inexprimable bouleverse la cour et la cité. * Dans un pays où les hommes sont si braves, où l’on compte de vieux et vaillants soldats, dit en ricanant Randolph le narrateur*, je vous laisse à penser combien de pauvres damoiselles furent laissées seules, pendant que tels autres cherchaient des recoins pour abriter leur tête. » On passa la nuit sous les armes, et cette alerte bizarre, qui n'avait aucun fondement et n’a pas eu d’explication, ne prit lin qu’au retour du jour. Knox et d'autres ont avancé que c’était une ruse de Marie afin d’avoir un prétexte de se donner des gardes-du-corps; mais ils ont tort assurément, puisqu’elle n’en fit rien et qu’elle n’adopta jamais de mesures préventives de défense, au cas où un danger réel viendrait à surgir.
Le duc de Chàtelleraut et le comte d’Arran firent entendre des plaintes bruyantes. Le duc n’en fut que plus hautain à rejeter une oirre de paix que Bothwell lui faisait par ordre de la reine; il n’appartenait pas, dit-il, à celui-ci d’envoyer un écrit de cette sorte à plus grand seigneur que lui. L’autre en tira une vengeance qui peint cette noblesse désordonnée. Le comte d’Arran, tout sévère qu’il fût en religion, jusqu’à dire qu’il voudrait voir pendre tous les papistes d’Ecosse *, et malgré les censures qu’il fulminait contre la perversité de la cour, avait noué une intrigue avec la fille d'un bourgeois d'Edimbourg, et l’on disait que de temps en temps il se glissait seul dans la ville. Là-dessus, Bothwell, le duc d’Elbœuf, oncle de Marie Stuart, et lord John de Coldingham, un des frères naturels de la reine, pénétrèrent masqués dans la maison de cette femme. Bien reçus le premier jour, exclus le jour suivant, ils enfoncèrent les portes et commirent beaucoup
1. Lettre à Cecil, Édimb. , 7 décembre 1561. Keith, 203 et suir.