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de désordre. Le blâme de la reine sembla les aiguillonner à faire pis. Bothwell et lord John jurèrent, dans les termes les plus insultants, qu’ils recommenceraient le lendemain, quelque ami de telle maison qui voulût s’y opposer. Ainsi défiés, les gens du duc s’assemblèrent le soir sur la place du marché, revêtus de la cotte de mailles, la lance au poing. Bothwell, s’attendant à une attaque, réunit ses amis chez lui, pendant que les volées du beffroi convoquaient les citoyens sous les armes. Heureusement personne n’avait envie de se battre, et sur la proclamation royale aux perturbateurs d’avoir à se disperser sous peine de mort, en une demi-heure il n’y eut plus une âme dans les rues; » si bien, ajoute Randolph, l’ironique témoin du peuple tumultueux que sa cour exploitait avec tant de fruit, que jamais, d’une apparence plus prochaine du mal, je ne vis sortir moins de dommage1. » Mandés devant la reine, ils s’y rendirent, le duc escorté des protestants, le comte de ce qu’il y avait de catholiques qui se groupaient autour de lui, quoique réformé, par opposition aux Hamiltons. Bothwell reçut l’ordre de vider la ville jusqu’au 8 janvier. Malgré cette satisfaction donnée au parti évangélique, Marie n’eut pas peu de peine à se défaire des exigences des ministres, qui voulaient absolument qu’elle livrât son oncle, le duc d’Elbœuf,aux tribunaux pour en faire un exemple. Enfin, le 20 février 1562, elle obligea les comtes d’Arran et de Bothwell à promettre de garder la paix, non sans avoir rencontré chez le premier la résistance la plus opiniâtre, qu’elle surmonta à force de persévérance et de douceur. Elle ne pouvait en effet se défendre de quelque indulgence pour un homme qui l’aimait passionnément sans être payé de retour, et dont les transports furieux et la déraison fréquente semblaient être les ferments d’un amour aigri par la froideur de celle qui en était l’objet. Mais le calme ne dura guère.
Ces scènes singulières furent suivies d’autres scènes plus