Chalmers, t. III, p. 340, note
des correspondances seciètes contre Marie Stuart. Joignant au zèle de remarquables qualités d’esprit, sinon de caractère, il était fort apprécié de ceux qui le payaient. Ainsi, quand l’ambassadeur anglais Randolph fut remplacé à Édim bourg par Killigrew, Bedford déplora ce changement comme une grande perte pour les nouvelles d’Écosse et dont on ne serait dédommagé que par le laird de Grange1. Il appelait sur son auxiliaire les générosités un peu lentes, h ce qu’il semble, de Cécil. « Souvenez-vous, je vous prie, du laird de Grange; car, si ce n’était lui. Sa Majesté serait bien mal servie pour les correspondances de ce pays. Il l’a bien mérité ; et j’ai la confiance que vous y auiez égard*. » D'après ses antécédents, il était naturel qu’il portât la parole auprès de Bedford, lorsque ses amis préparèrent la levée de boucliers qui devait précipiter Bothwell du faîte de sa fortune, mais surtout précipiter avec lui Marie Stuart. Le style indigné du traître pourrait tromper sur ses véritables sentiments par un vernis de sincérité. Ne nous arrêtons pas à discuter ce point, parce que nous allons trouver vers la fin de sa vie des documents qui parleront assez haut.
Après leur odieux triomphe sur Marie Stuart, les vainqueurs se divisèrent, comme il arrive toujours. Lcthington et Murray rompirent l’un avec l’autre ; et Kirkaldy épousa les intérêts du secrétaire son ami*. Tous deux alors se rangèrent parmi les défenseurs de Marie Stuart. Murray ayant fait arrêter à la fin d'août 1569 Lethington et. sir James Balfour, comme coupables de la mort du roi, Kirkaldy de Grange commandant du château d'Kdimbourg, lui écrivit sur-le-
1. Bedford à Cécil, Il juillet I56G, dans Keith . p. 344 et Append. p. 169. Voy., dans miss Strickland, t. V, p. "6, un estrail d’une lettre de Bedford à Elisabeth sur le même sujet.
2. Bedford à Cécil, 12 août 1566, dans Goodalt, t. I, p. 306.
3. Murray lui avait pourtant rendu le service de le meure à l'abri des poursuites légales, intentées contre lui devant le parlement d'aoüt 156B, par la famille du cardinal Beaton, « attendu que le meurtre du cardinal avait eu pour objet le bien public et la conservation de la foi. • Goodail. t. I, p. 394.
SON MARIAGE AVEC BOTHWEI.L
champ qu’il devait donc arrêter aussi Morton et Archibald Douglas1 2 3. L’énergie de Kirkaldy et la mort violente de Murray (23 janvier 1570) firent avorter cette affaire. Pendant l’interrègne qui suivit, Maitlandet Kirkaldy essayèrent de réconcilier les partis. Mais Élisabeth envoya Randolph, puis une armée de secours à Morton et à Lennox contre Marie ; Lennox fpt proclamé régent le 12 juillet 1570. C’est à cette époque que Randolph, irrité de voir ses instruments d’autrefois contre Marie Stuart se retourner maintenant contre lui, leur écrivit une lettre foudroyante*. D’abord il combat les scrupules de conscience qu'ils ont allégués « Elle ne mérite pas de vivre, dit-il, après le crime horrible qu’elle a commis, celle dont vous défendez la cause. Donc, il n’y a pas conscience, d’abord, à la renverser; encore moins à ne pas lui obéir; mais surtout la conscience n’oblige pas à épouser son injuste querelle. Vous le savez vous-mêmes; vous l’avez dit vous-mêmes. Vousl’avez reconnu vous-mêmes. Vous-mêmes, vous avez écrit contre elle, combattu contre elle; vous avez été les auteurs principaux de son arrestation, de son emprisonnement et de sa déchéance; vous avez fait quelque chose de plus encore, que nous pourrions dire, si ce n’était que nous ne voulons pas vous chagriner par trop*. Mais franchise est preuve d’amitié ; et j’ai la confiance que vous le prenez ainsi. Donc, vous deux, vous avez été les artisans principaux de tous les malheurs, comme elle dit, où elle est tombée ; Vous, lord de Lethington, en persuadant et en conseillant de se saisir d’elle et de l’emprisonner ; et vous, lord de Grange, par vos sollicitations, votre travail et vos efforts pour amener d’autres à y consenlir; et pour mettre à exécution les plans qui avaient été combinés par l'autre, par vous, lord de Lethington. » Il ne faut pas s’alarmer du ton de conviction de Randolph quand il parle du ofime horrible de