‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 148 sur 257 · Allusion à leur complicité dans la mort de Darnley · texte numérisé non relu

Allusion à leur complicité dans la mort de Darnley

Marie Stuart. Il débite son rôle; et l’allusion qu’il glisse ensuite sur la participation de l’un et de l’autre au meurtre de Darnley, indique assez claireinentsa véritable opinion. Sonéloquence demeura sans effet. Lethington et Kirkaldy de Grange tinrent le château d'Edimbourg jusqu’au 29 mai 1573, où il fallut capituler devant une seconde intervention anglaise qui affermit dans la régence Morton, troisième successeur de Murray. Kirkaldy, poète et soldat, avait la plume acérée comme l’épée. Ses vers flagellaient alors les ennemis de Marie Stuart, « les superbes, les venimeux pharisiens, qui travaillèrent pour le mal quand ils jetèrent leur reine si digue de pitié dans une épaisse prison, lorsqu’ils l’oatragèrent, l’accusèrent avec des mots cruels de serpents, de tonsurés et de rebelles, ces hideux chiens d’enfer. » Dans une ballade il apostrophait la forteresse d’Edimbourg : » une voix s’est élevée ici, demandant l’aide de Dieu et de la France ; — bientôt je te consolerai de tous tes chagrins ; avec l’aide de Christ tu posséderas en paix ta douce reine*. » Tombés au pouvoir de Morton, Lethington mourut subitement à Leith, le 9 juin 1573 ; Kirkaldy de Grange fut pendu à Edimbourg, le 3 août suivant. Jusqu’au dernier moment, il témoigna en faveur de Marie Stuart. Sans doute, six ans auparavant, il avait tenu un langage et une conduite bien différents, qu’on pourrait opposer à son attitude finale. Mais l’homme est plus croyable, alors qu’il affirme au prix de sa vie.

Cette digression éclaire d’une pleine lumière les événements qui vont suivre le souper d’Anslie jusqu’à la prison de Lochleven, et au delà, sous l’impulsion des deux hommes dont nous venons de retracer les variations.

Le bond, signé de toute la haute noblesse, venait donc de sanctionner les prétentions de Bothwell énivré, à la main de sa souveraine et au partage de son trône. Il fallait à présent obtenir le consentement de Marie Stuart elle-même: entreprise commode, disent les ennemis de Marie, puisque

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