‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 151 sur 257 · jüudall, t. I, p · texte numérisé non relu

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SON MARIAGE AVEC BOTHWELL

ment à épouser la reine, ni la reine y consentir volontairement? Et quelle extravagance à l'un et à l’autre, de jouer une comédie si savante et si compliquée, quand ils n’avaient qu’à prendre tout simplement, la main dans la main, le chemin de la chapelle d’Holyrood, chemin qu’on leur avait fait si large?

Nous disons que Marie Stuart n’aimait pas Bothwell, qu’elle rejeta ses premières ouvertures, et qu’alors Bothwell, armé des deux bonds de Craigmillar et de la taverne d’Anslie, prit la résolution d’employer la force, et de s’approprier par un rapt celle qui le repoussait. Et pourquoi, là-dessus, n’écouterions-nous pas Marie Stuart elle-mêine, puisque les documents que Buchanan élève contre elle sont convaincus de mensonge? Son mariage fait, elle chargea Chisholm, évêque de Dumblane, d’en porter la nouvelle à la cour de France. Les instructions qu’elle lui donna expliquaient les circonstances sous l’empire desquelles elle avait épousé le comte*. Comme elle était sous l’œil et la censure de son nouveau mari , et qu’elle désirait ardemment conserver pour ellemême la sympathie de la cour et de ses parents de France, et l’acquérir autant que possible à l’homme à qui elie était liée, elle dut adoucir bien des choses. Sa plume s’exprima toutefois avec liberté. Elle récapitulait d’abord les fidèles services que le comte lui avait rendus pendant sa minorité et depuis son retour en Écosse jusqu’à la mort du roi. « Nous pensions, continuait-elle *, que sa persévérance à nous servir et son empressement à remplir tous nos ordres procédaient seulement du sentiment du devoir, sans aucune arrièrepensée, puisqu’il était né notre sujet. De notre côté, nous lui faisions bon visage, bien loin de penser que ce qui n’était que notre accueil ordinaire aux nobles affectionnés à notre service, pourrait l’encourager et lui inspirer la hardiesse de viser à la faveur extraordinaire de notre main. Mais lui, comme la suite l’a bien montré, profitant de tout ce qui pou-

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