Labanoflf, t. Vil, p
2. Miss Strickland, t. V, p. 276-7, d’après la chronique du temps, Diurnal of OccurrerUt.
3. Cette indication est de Keith, p. 283, note a. — Keit adopte sans examen Almond-Bridge; Tytler et M. Mignet de même. t. I, p. 304. — Tytler ne place cet endroit qu’à six milles d'Edimbourg.
où elle avait passé la nuit. A la rencontrer ainsi à souhait, sa dernière journée à peine commencée, la concordance serait frappante avec la lettre qu’elle lui aurait envoyée la nuit même par Paris et Ormiston, avec le désordre militaire du coucher de Bothwell et de ses officiers, avec la réponse précise qu’il ne manquera pas au rendez-vous du pont.
Si, au contraire, il faut transporter la scène sous les murailles mêmes d’Edimbourg, les choses changent de caractère. Que Marie Stuart soit consentante, elle ralentira sa marche pour donner à celui qu’elle attend le loisir d’arriver. £!le préférera la pleine campagne au voisinage immédiat de sa capitale, 6oit un reste de pudeur, soit la crainte que les bourgeois ne s’en mêlent mal à propos. Dès qu’elle voyage rapidement et qu'elle atteint la banlieue, les murs de la ville, il y a présomption ou qu’elle n’espérait aucune aventure de ce genre sur le chemin, ou qu’elle en craignait une. Et en etfet, il s’en fallut de bien peu, qu’elle ne déjouât par sa vitesse l'entreprise de Bothwell. Almond-Bridgeet l’ensemble de circonstances accusatrices qu’on a groupées autour de ce nom seront donc des inexactitudes de plus à noter chez les ennemis de Marie Stuart. Mais pour rejeter oe récit de Buchanan, quelles sont nos autorités?
Il est temps de le dire : ce sont les nobles eux-mêmes, les actes du parlement tenu par Murray en décembre 1567*. Cette assemblée, en prononçant une sentence de forfaiture contre Bothwell, la motiva d’abord par le meurtre du roi Henri, ensuite par une accusation de lèse-majesté, « pour avoir traîtreusement arrêté la très-noble personne de notre très-illustre mère* Marie, reine d’Ecosse, sur sa
t. Acta parliamentorum , t. III, p. 5-10. Ce point à été complètement élucidé par les recherches approfondies de miss Strickland, t. V, p. 271-275. Il est démontré que les ponts de Foulbriggs étaient aux portes mêmes d’Edimbourg. ,
2. Cette pièce est en forme de requête présentée au nom du jeune roi , qui est censé parler. — Ml. parliam., t. IM, p. 6 : « Ac etiam pro eorum proditoria interceptione nohilissime persone ciarissime matris nostre Marie Scotorum regine in via sua inter Linlithgow et oppidum Kdimburgi fnrapr
SON MARIAGE AVEC BOTHWELL
route de Linlithgow à Edimbourg, près les ponts appelés vulgairement Foulbriggs , en l’attaquant à la tête d’un millier d'hommes à cheval armés en guerre, pendant le mois d’avril dernier. » — « Lorsqu’elle ne soupçonnait aucun mal de la part de qui que ce fût de ses sujets, du comte Bothwell moins que de tout autre, puisqu’elle l’avait comblé d’autant de marques de libéralité et de bienveillance qu’il est possible à un prince envers un bon sujet; lui, par force et par violence, saisit traîtreusement sa très-noble personne, porta sur elle des mains violentes, en ne lui permettant pas d'entrer paisiblement dans la ville d'Édimbourg ; bien plus , il se rendit coupable de trahison par le crime de rapt sur sa trèsnoble personne, en arrêtant notre très-chère mère sur la voie publique, et en la conduisant la même nuit au château de Dunbar dont il était maître. Il l’y incarcéra et la retint captive douze jours environ'. »
Il nous prend un scrupule d’avoir abusé de la complaisance du lecteur, et de n’avoir pas tranché tout de suite, par cette déclaration si catégorique, le débat sur l’authenticité des lettres de Stirling et sur la connivence de Marie Stuart avec Bothwell.
Le parlement, qui justifie Marie sur ce point particulier avec tant d’énergie, était composé en majorité de ceux qui, six mois auparavant, l’avaient renversée et enfermée à Lochlevén. Pour nous borner à la question de lieu, Foulbriggs ou Almond-Bridge, Kuntly, Lethington, sir James Melvil, qui avaient fait partie de la suite de la reine, siégeaient dans l'assemblée. L’acte de forfaiture fut proclamé par les hérauts sur toutes les places de la ville, en présence d’une foule de gens qui avaient été témoins oculaires de l’événement et qu’on ne pouvait pas, qu’on ne songeait peut-être pas encore
pontet vulyo rocaios Foulbriggit eam adoriendo ciirn mille eqUitibusarmatis more bellico instructif rnense aprilis ultime elapsi.... » t. Act.parliam., t. III, p. S. Ces mots : en ne lui permettant pas d'entrer paisiblement dans la tille d'Édimbourg, continuent bien l’i<16e que le rapt eut lieu aux portes mêmes de la ville.
à chercher à tromper sur le fait matériel. Ainsi constatons, d’après les pouvoirs publics eux-mêmes, que le choix du nom d’Almond-Bridge est une calomnie contre Marie Stuart.
Bothwell une fois à Dunbar renvoya ses hommes avec des remercîments et des promesses, et l’invitation de se tenir prêts pour un nouvel appel très-prochain. Le capitaine Blackadder, un des siens, dit à Melvil, afin de le rassurer, que tout s’était fait du consentement de la reine : même tactique qu’au souper d’Anslie, et pas plus digne de foi. Bothwell était au comble de la joie, et Melvil l’entendit se vanter qu’il épouserait la reine, qu’on le voulût ou qu’on ne le voulût pas; oui, qu’elle-métne le voulût, ou ne le voulût pas1. — N'est-ce pas là un de ces mots qui font lire dans la situation? Est-ce le cri de l’homme aimé, ou du brutal ravisseur?
De la suite de Marie Stuart, Bothwell n’avait emmené que Lethington, lluntly et Melvil. Encore dès le lendemain, il renvoya ce dernier. Il n’avait pas permis qu’une seule des dames de la reine l’accompagnât dans la forteresse qui devenait sa prison. Il plaça près d’elle comme surveillante sa sreur, la veuve de lord Coldingham. Cet attentat inouï parait avoir produit en Écosse l’effet d’une pierre tombant dans une eau profonde. Au premier élan, comme chez les bourgeois d’Édimbourg, succéda l’immobilité. La redoutable faction qui avait livré la captive à Bothwell, par le bond d’Anslie, n’aurait souffert aucun mouvement ; personne ne s’arma contre le ravisseur. Ne venait-il pas de jouer, quoique à son insu, l’un des actes de la vaste trahison ourdie contre elle et contre lui ? Lethington , présent de sa personne dans les murs de Dunbar, tenait la main à la consommation des événements. Le reste de la faction en épiait les progrès, pendant que Kirkaldy de Grange, chargé plus spécialement de requérir contre sa souveraine auprès des Anglais, la décriait avec une fureur croissante. Six jours après sa première lettre à Bedford, et deux jours après l’enlèvement, il revint à