‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 160 sur 257 · Inutile de dire que ce sont les coupables inférieurs · texte numérisé non relu

Inutile de dire que ce sont les coupables inférieurs

3. Acta parliamcntortim , t. III, p. 8. Admirons en passant ce nouveau démenti que reçoit l'incroyable contrat de Selon , qui au 5 avril parle de l’imminente solution du procès de divorce, déjà entamé. Voilà Murray et ses partisans déclarant, en décembre 1567, que le procès n’était pas même commencé lors de l'enlèvement. Ils n'ont pas encore pensé à mentir làdessus, et ne forgeront le contrat que plus tard.

4. Us rappellent d’abord l’assassinat du roi et le jugement dérisoire de Uothwell.

ENLÈVEMENT UE MARIE STtJART.

comme cela est évident aux yeux du monde, pour le grand déshonneur de Sa Majesté, de nous-mêmes et de toute la nation. » Après avoir dénoncé le danger que courait, à son tour, le fils de Darnley , ils demandaient si on n’avait pas tout à craindre d’un ambitieux qui, en si peu de temps, avait tué le père, * recherché un prétendu mariage avec la mère, qui avait mis la main sur elle, l’avait environnée d’une garde continuelle de deux cents arquebusiers, jour et nuit, sans compter ses nombreux serviteurs et une foule perverse d’assasslnset de pirates, lesquels achetaient l’immunité d'une vie criminelle et la liberté de mal faire, en se mettant sous son patronage. Par là, il avait réduit la noblesse à cette situation misérable, que si l’un de ses membres avait affaire au chef de l’État, il lui fallait pour être admis en sa présence, passer entre les rangs des arquebusiers, à la merci d’un insigne tyran, comme quelqu’un qui va être passé par les piques. Exemple nouveau, et bien ignoré jusqu’ici de cette nation, personne ou presque personne n’était admis à parler à la reine ; car dévoré de soupçons et de la crainte que lui inspirait le témoignage de sa mauvaise conscience, il ne voulait pas souffrir que les sujets de Sa Majesté eussent accès auprès d’elle, comme ils en avaient coutume1. » Il nous semble que c’est là le tableau bien précis d’une reine captive, — captive et outragée. Notre devoir est de poursuivre jusqu’au bout la vérité, et de la dire, quelle qu’elle soit et quoi qu’il en coûte. Qu’entendaient les nobles quand ils accusaient Bothwell d’avoir contraint sa prisonnière au mariage par des moyens encore plus illégaux que le rapt? Et le parlement, avec les mots de force et de violence, à propos du consentement de Marie, arraché, dit-il, par la crainte à laquelle peut

t. Keilli, p. 417-8. Il» ajoutent un peu plus las : « Que lui restait-il encore pour finir l’oeuvre commencée et pour accomplir dans leur plénitude lus désirs de son cœur ambitieux, si ce n’est d'envoyer le fils rejoindre le père; et, ce qu'il est permis de soupçonner, puisqu'il se réservait une autre femme en magasin (in siorc), de faire boire la reine à la même coupe, afin de s’emparer de la couruune de ce royaume? » — L’éloquence des lords dépasse les bornes du bon sens.

SON MARIAGE AVEC BOTIWELL

céder la femme la plus courageuse? Ont-ils en vue l’infâme exploit de Bothwell que Melvil a rapporté sans détour : « la reine ne put pas faire autrement que de l’épouser, après que le ravisseur fut entré dans son lit contre son gré1. » Se fût-on jamais exprimé de cette manière (et nos auteurs sont des ennemis de Marie Stuart), si l’enlèvement avait été réputé un jeu et la continuation notoire de leurs amours, nouées de vieille date? Donc l’enlèvement de vive force, la prison, le viol, voilà au vrai les scènes de Foulbriggs et de Dunbar. Marie fut vaincue par la violence de l’homme infâme à qui une noblesse, plus infâme encore, l’avait livrée en proie*.

Dès qu’il avait refermé sur sa victime les portes de Dunbar, Bothwell s'était occupé de rompre le mariage qu'il avait contracté avec lady Jane Gordon, quatorze mois auparavant. Il n’avait pas tenu à Marie Stuart que cette union ne fût entourée de toutes les garanties de durée, puisqu’elle avait sollicité instamment le comte de la célébrer devant l’Église catholique, l’Église de lady Gordon. Le refus de l’époux qui ne voulut, pas d’autre bénédiction que celle des ministres presbytériens, devint une circonstance favorable à la dissolution du mariage. Lady Gordon ne paraît pas avoir marchandé son assentiment. Elle accepta de celui qui était encore son mari , la donation viagère du bourg de Netherllales avec ses dépendances et le 29 avril, elle introduisit devant la juridiction réformée, une demande en divorce contre son mari, pour raison d’adultère commis par lui avec une suivante sous le toit domestique. Sans blâmer lady Gordon de sa facilité à se prêter au divorce, môme à en recevoir

]. Cité par Chalmers, t. lit, p. 441 : « And then, the qoeen could not but marry him, seeing he had ravished ber; and lain wilh ber against ber will. »

2. Ces mots de proie, de violence employés par Marie Stuart semblent concorder avec cette version. — Leslie dit que personne n’avertit jamais la reine de la culpabilité de Bothwell dans l'assassinat du roi. « Pour elle, n’ayant aucun soupçon, elle se plia au parti que ces chefs astucieux, conspirateurs et séditieux, et à ce qu’il lui parut la nécessité du temps, la forcèrent en quelque sorte de prendre. » Anderson, t. 1, p. 27-8.

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