‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 162 sur 257 · I.eltr. I de Glasgow, Teulet, p · texte numérisé non relu

I.eltr. I de Glasgow, Teulet, p

2. Voir l’acte authentique dans Robertson, Pièces histor. , n” xx.

Le journal de Murray est inexact, selon son habitude, sur les dates, en mettant la requête de lady Gordon au 26 avril, et celle de Bothwell au 27 du même mois. C’est pour concorder avec les dates de la lhtectio (Anderson, t. Il, p. 96).

3. Le journal de Murray, Tytler et M. Mignet indiquent le 3 mai. Mais cette date est inexacte. L’acte du parlement de décembre 156* porte : l"que Bothwell retint la reine prisonnière à Dunbar une douzaine de jours; 2” qu'il la mena de Dunbar & Edimbourg le 6 mai. (Acl. parliam., t. 111, p. 8.) Nous ne voyons pas non plus comment Tytler peut dire (t. V, p. 406, édit. 1845) que le procès de divorce par-devant l’archevêque de Saint-André et le consistoire fut expédié en deux jours (hurried.... in two days), quand il dura du 27 avril au 7 mai. — En tout et toujours, parti pris d’inexactitude. Tytler répète sans y regarder, une assertion mensongère des lords dans un manifeste qu'ils lancèrent contre Bothwell, le 12 juin suivant.

SON MARIAGE AVEC BOTHWELL. 369

Ce serait vers ce temps peut-être que se placerait, si toutefois elle mérite quelque créance, la narration de Melvil sur un danger qu’il aurait couru par zèle, en remettant à Marie Stuart une lettre de Thomas Bishop.

Ce Bishop était un Ecossais que Lennox avait emmené jadis en Angleterre. Bishop s’était fait naturaliser Anglais, avait reçu de l’argent d’Henri VIII; et continuantàen recevoir de Cécil, il avait trahi bassement près d’Élisabeth, Marie et lady Lennox1. Quoi qu’il en soit, loyal cette fois au moins, il auraitaverti Marie que le cri public accusait Bothwell du meurtre du roi, et qu’à l’épouser, elle perdrait la protection de Dieu et les trois royaumes. Après avoir lu, elle aurait tendu à Lethinglon « cet étrange écrit, » et accusé Melvil de l’avoir fabriqué pour perdre le comte de Bothwell. Lethington prit Melvil à part : « A quoi pensez-vous, lui dit-il, au premier mot que Bothwell en apprendra, et je crains que cela n’arrive, il ne manquera pas de vous tuer. — 11 est cruel, répondit Melvil, de voir une bonne princesse courir à sa perte, sans qu’il y ait personne pour l’avertir. — Vous avez été plus honnête que sage, répliqua le secrétaire; mais, je vous prie, retirezvous promptement, avant que le comte de Bothwell ne revienne de son dîner. » En effet, la reine s’empresse de tout redire à Bothwell, après avoir exigé de lui la promesse de ne pas faire de mal à Melvil. Le comte ne veut entendre à rien, ■ mais, continue le narrateur, je m’étais sauvé, et l’on me chercha, et l’on ne me trouva pas, jusqu’à ce que la fureur de milord se fut apaisée. » Il faut y regarder à deux fois avant d’en croire Melvil, lorsqu’il parle défavorablement de Marie Stuart. Honoré de l’amitié et des bienfaits de cette princesse, il la paya par l’ingratitude et la trahison, non pas seulement lors de la crise dont nous approchons, et où quelques-uns pourraient dire que le dégoût l'éloigna d’une femme criminelle, mais dès l’origine, dès l’an 1559, lorsque Marie n’était

1. Miss Strickland, t. II. Fie de Marguerite, cnmtetse de l.eunox, p. 320. 323 . 325 , 329 , 332 , 350 , 300; t. III, p. 53; (. V, p. 284-5, sur le récit de Melvil.

encore que dauphine de France*. Plus tard, en composant à un âge très-avancé, ses mémoires, remplis d’inexactitudes, il les arrangea en vue de sa propre justification, et ne craignit pas d'y insérer plus d’une fois le contraire de la vérité*. S’il était si dévoué à l’honneur et à la conservation de sa souveraine, qu’avait-il besoin d’une lettre de Thomas Bishop? Ne pouvait-il pas plus facilement et avec moins de risques encore, lui parler directement et lui révéler de vive voix ce que l’on disait de Bothwell î D’ailleurs, comment accorder ce qu’il rapporte de la confiance étourdie et aveugle de Marie pour Bothwell, avec ce qu’il dit lui-même du refus qu’elle opposa au comte à Dunbar, et de la manière dont celui-ci surmonta sa résistance. Melvil enchaîne les faits de la manière suivante : le dévouement d’Herries , son propre dévouement et la lettre de Bishop, le voyage de Marie à Stirling, l’enlèvement, le retour de Bothwell et de la reine de Dunbar à Édimnourg, la convocation dans cette ville d'un certain nombre de nobles, auxquels on fait approuver par écrit le mariage; tout cela, chronologie de fantaisie. Nous avons déjà établi au commencement de ce chapitre, qu’on ne peut placer ni l’avertissement d’Iierries à la souveraine, ni sa fuite prétendue, à l’époque indiquée par Melvil. Même difficulté pour la lettre de Bishop. Gomme Marie Stuart retourna dès le 19 à Seton, aussitôt la session close, il faut que la lettre soit arrivée au moins le matin du 19, et par conséquent, que Bishop et Melvil aient eu dans le court espace de quelques jours*, l’un, le temps d’apprendre le projet de mariage,

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