‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 164 sur 257 · Mignet, t. I, p · texte numérisé non relu

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SON MARIAGE AVEC BOTHWELI.. 3 V

la part de ceux-ci, les manifestations favorables de ceux-là, ont une signification : c’est qu’on savait que tout était l’œuvre de l’aristocratie. Les nobles et leurs clients y poussaient; le resle immobile laissait faire, comme peu déjouas auparavant, on avait laissé consommer les violences de Dunbar. S’il en eût été autrement, que d’anathèmes l’éloquence presbytérienne n’aurait-elle pas lancés sur Marie Stuart, après avoir fait éclater ses fureurs contre elle pour les causes les plus frivo'es, et s’être enflammée si docilement chaque fois que les grands lui en avaient donné le signal ? Marie n’en était pas ici à braver tout pour contenter la passion de son cœur et èlevei' jusqu’ à elle son favori '. Elle en était à subir la loi du tyran qui l’avait forcée et outragée. Le bond d’Anslie l’écrasait , comme il étouffait l'Ecosse. Que pouvait l’infortunée contre le cercle de fer qui l’enserrait de plus en plus ?

Le lendemain, lundi 12 rnai (car il ne ; erdait pas de temps, ce Bothwell inerte des lettres de Stirling), le comte entouré de ses amis conduisit sa triste fiancée au Tolbooth devant la Cour de session, cour suprême du royaume, grossie ce jourlà d’un grand nombre de membres de la noblesse et du clergé. Le but de cette démarche était : 1° de rétablir le cours de la justice que les lords avaient suspendue pendant la captivité de la souveraine ; 2° de publier un plein pardon accordé à Bothwell, en raison de sa bonne conduite depuis l’enlèvement, des services que la reconnaissance l’avait porté à rendre dans le passé, et que l’avenir verrait plus grands encore. La reine se déclarait satisfaite de lui. Elle mettait de même en oubli toute colère contre les complices qui avaient contribué à son arrestation et à son emprisonnement. Maintenant, ajoutait-elle, libre et maîtresse de sa personne, elle se proposait d’élever le comte à des dignités plus hautes, toujours pour prix de ses services*. Ce langage est trop chaleu-

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