‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 17 sur 257 · Miss Stnckland, III · texte numérisé non relu

Miss Stnckland, III

tenu par l'Angleterre , dont il était l'ennemi déclaré *. » Le comte fut en effet mené à Londres, où il garda prison pendant un an. A la fin Marie Stuart, ne résistant plus aux instances delà mère et des autres parents de Bothwell, pria Élisabeth de lui permettre d’aller à l’étranger : il se retira en France (janvier 1564). Dès qu’il avait quitté l’Ermitage, un héraut avait eu commission de sommer la forteresse au nom du service de la reine. Elle fut remise à Robert Elliot, sousgardien du Liddisdale. Nous retrouverons plus tard les Elliot.

Les ennemis de Bothwell prolongèrent sa disgrâce aussi longtemps qu’ils furent au pouvoir. Lorsque, à l’automne de 1564, il vit les portes de l’Écosse se rouvrir au comte de Lennox, coupable de longues trahisons, mais père de Henri Darnley que Marie songeait à épouser , il sollicita aussi la permission de rentrer, ou du moins une assignation sur les revenus de ses domaines pour vivre à l’étranger. Le ressentimentdela reine était alors apaisé; mais le comte de Murray avait ses raisons d’être inflexible \ Bothwell , réduit à une extrême pauvreté, prit le parti de rentrer sans autorisation (mars 1565), et de se cantonner chez ses hommes du Liddisdale. Bientôt il reçut sommation dese soumettre aux lois, s’il ne voulait être déclaré rebelle. Murray l’accusait aussi d’avoir proféré en France des propos insultants pour la reine et des menaces de mort contre Lethington et lui. De son côté , le comte de Bedford , gardien des marches anglaises du nord-est, prit ses mesures pour le saisir, s’il le trouvait à sa portée: « Je vous assure, écrivait-il à Cecil (6 avril 1565), Bothwell est aussi mauvais qu’homme qui vive, et adonné aux vices les plus détestables1 2 3. » Bothwell sedéfendit en accusant Lethington et ses amis d’avoir suborné quelques-uns de ses domestiques pour l’assassiner, et il

1. Randolph à Cecil, Êdimb. 22 janvier 1563, dans Chalmers, III, p. 18, note i.

2. Keith, p. 269-270. — Lettre de Randolph d Cecil, 4 mars 1565. — Miss Strickland, t. V, p. 88. — Chalmers, t. 111, p. 20 et note.

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